A quelques jours de la Saint-Nicolas


Le conflit entre l’Ukraine et les séparatistes de la région du Donbass persiste depuis plus de 4 ans maintenant et les populations souffrent quotidiennement d’attaques répétées. Le village de Novoluhanske a été récemment touché par des tirs. Récit.

Liubov reçoit la visite de Première Urgence Internationale qui oeuvre dans les hôpitaux pour venir en aide aux victimes du conflit en Ukraine

Le conflit en Ukraine, un quotidien de guerre

Ce lundi 18 décembre 2017, la vie suit son cours dans le petit village de Novoluhanske du district de Bakhmut dans l’est de l’Ukraine. On peut entendre les rires des enfants depuis la maison de la culture, où ils célèbrent avec enthousiasme la fête de la Saint-Nicolas qui approche. Un peu plus loin, les grands-mères du village échangent quelques ragots de quartier, assises sur leur porche d’entrée.

Mais à 17h, des bruits d’artilleries viennent subitement troubler le calme installé. Dans un premier temps, personne n’y prête attention, ce genre de sons fait maintenant partie du quotidien local. Quand soudain, un éclair et des flammes.

« Je ne comprenais même pas avec certitude ce qu’il se passait » confie Liubov, une des grands-mères, encore sous le choc.

Novoluhanske est située sur la ligne de front entre la région contrôlée par l’Ukraine et celle sous contrôle des séparatistes. Des salves de lance-roquettes multiples viennent de toucher le village. Plus de 40 maisons sont détruites en quelques instants. Huit personnes sont blessées dont une petite fille de 6 ans. L’école et le jardin d’enfants ont aussi été touchés par les tirs mais heureusement ils étaient alors déserts, grâce à la préparation de la Saint-Nicolas.

Ils s’appellent Valentina, Serhii, Liubov…

Ce jour-là, Valentina, 78 ans, prenait soin de son mari Serhii, handicapé moteur, dans leur maison de village. Lorsque l’attaque survient, ils sont d’abord étourdis par le bruit et les éclats de lumières. Puis, les murs de leur maison commencent à s’effondrer sur eux, révélant au passage les maisons voisines en feu. Valentina nous raconte : « Nous avons alors commencé à ramper l’un vers l’autre, essayant de s’enfuir de la maison. La jambe de mon mari était clouée au sol par un morceau de toit qui s’est effondré. Et puis, quelque chose m’est tombé sur la tête ». Quelques minutes plus tard, leur fils arrive sur les lieux et réussit finalement à les faire sortir tous les deux par une fenêtre de la maison.

Liubov, elle, se souvient avoir couru dans une allée voisine pour se réfugier des missiles. Une fois l’offensive terminée, elle revoit ses voisins accourant pour aider une femme blessée aux yeux. Elle explique : « On m’a alors dit que moi aussi j’étais blessée. J’ai regardé mon bras, j’ai vu qu’il était mutilé et je me suis alors évanouie ».

Une intervention humaine

Dès le jour de l’assaut et le lendemain, les blessés ont pu être pris en charge immédiatement grâce au soutien de Première Urgence Internationale dans les hôpitaux le long de la ligne de front.

Valentina, dans son lit d'hôpital, reçoit la visite des équipes de Première Urgence Internationale

Le fils de Valentina et Serhii les a conduits à l’hôpital de Svitlodarsk où, appuyés par Première Urgence Internationale, les personnels de santé ont pu les prendre en charge en urgence et leur apporter les traitements nécessaires à leur guérison.

Liubov est elle-aussi allée dans cet hôpital. Les médecins ont trouvé un fragment de missile qui a cassé l’os de son coude et qui a nécessité une intervention immédiate. Elle a alors reçu un kit de chirurgie d’urgence de Première Urgence Internationale au service chirurgical et a été traitée.

Première Urgence Internationale en Ukraine

Le conflit en l’Ukraine a commencé début 2014 et a engendré de nombreux dégâts ainsi qu’un lourd bilan humain (1). Les personnes résidant au niveau de la ligne de front restent privées d’accès aux soins, sources de revenus, nourriture, eau, électricité et autres services sociaux de base et ne voient aucune amélioration de leurs conditions de vie et de sécurité.

Depuis 2015, les équipes de Première Urgence Internationale apportent des réponses aux besoins primaires des populations les plus vulnérables. Dans un pays où l’accès à la santé est cher et difficile (2), les programmes actuels donnent accès à des médicaments gratuits aux enfants de moins de cinq ans et aux femmes enceintes et allaitantes. Ils permettent de fournir également des kits médicaux d’urgence à plus de 12 000 bénéficiaires sur toute la ligne de front via un système de bons d’échange, dans les zones les plus impactées par le conflit comme Avdiivka, Toretsk, Svitlodarsk et Krasnohorivka.

(1) Selon l’ONU, du côté ukrainien, plus de 10 000 personnes sont mortes depuis 2014 et près de 24 000 ont été blessées.
En savoir plus :
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=39653#.WmdEoK7ibcs

(2) Selon un rapport de l’OMS de 2016, 25% du budget familiale en Ukraine est dédié au paiement des médecins et des médicaments.
En savoir plus : http://uacrisis.org/fr/60293-reforme-medicale-en-ukraine

Projet financé avec le soutien d’UNICEF

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