Comment mieux proteger les habitants des bidonvilles ?


A 15 minutes en bus de la station de métro, le bidonville des Acacias abrite depuis juin 2014, environ 350 personnes, dont une cinquantaine d’enfants. Première Urgence Internationale y a organisé, avec ses partenaires un dépistage contre la tuberculose et une campagne de vaccination.

« L’Ile-de-France est la région la plus touchée par la tuberculose », explique Dominique, infirmière au Centre départementale de prévention et de santé de Montreuil. Le taux de maladie est, deux fois supérieur à la moyenne nationale, avec une forte concentration dans le département de Seine-Saint-Denis.   L’insalubrité des bidonvilles, la promiscuité et la difficulté d’accès à l’hygiène et aux soins sont autant de facteurs favorisant le développement de maladies infectieuses comme la tuberculose.

Consciente de cette réalité, Première Urgence Internationale intervient depuis 2012 dans les bidonvilles de Seine-Saint-Denis  et du Val-de-Marne en proposant des actions de médiation en santé et des séances de sensibilisation et d’éducation à la santé. Associée aux séances de sensibilisation collective, une action de dépistage systématique de la tuberculose est réalisée chaque année.

Vendredi, une quarantaine de radiographies pulmonaires ont été réalisées dans un camion spécialement équipé. Les personnes ont eu la possibilité de se faire vacciner contre la diphtérie, le tétanos, la polio, la coqueluche, les oreillons, la rubéole ainsi que la rougeole, qui sévit de manière épidémique depuis fin 2016 en France. Le vaccin contre l’hépatite A a également été proposé. L’hépatite A est une  maladie qui se propage lorsque les personnes ont des difficultés d’accès à l’eau et à des sanitaires dignes. Ces infections sont très présentes dans les bidonvilles qui ne disposent que très rarement de points d’eau et de sanitaires propres.

Le rôle indispensable de la sensibilisation

Tout l’enjeu de la médiation en santé lors d’actions de santé publique est de faciliter l’accès, l’accueil et l’information pour permettre aux personnes d’être dépistées et vaccinées dans un climat de confiance et de libre adhésion. « C’est pourquoi, en amont de l’action, j’interviens auprès des habitants du bidonville pour dispenser des messages de sensibilisation, expliquer ce qu’est la tuberculose, les symptômes, comment se protéger et se faire dépister. Je participe également à la déconstruction des idées reçues et des craintes liées à la vaccination, qui peuvent être un frein et propre à chacun (peur de la piqure, crainte d’effets secondaires graves, « le vaccin j’en ai pas besoin, je suis fort ». Pour des personnes en situation d’extrême précarité, voire de survie, la notion de prévention est bien souvent très abstraite » explique Véronique ; médiatrice en santé pour Première Urgence Internationale.

Les professionnels doivent être eux-mêmes sensibilisés aux conditions de vie et sur les difficultés d’accès aux soins rencontrées par les personnes vivant en bidonville. «Expliquer les inquiétudes, les peurs et parfois la méfiance, qui entourent ce type d’action pour un public déjà très discriminé est la première étape d’un dépistage réussi », ajoute Véronique.

 

© Première Urgence Internationale

 

Cette action a été soutenue par le Conseil Départemental de la Seine Saint-Denis, les services de santé de la ville de Montreuil, les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI).

Une équipe de 5 volontaires civiques de l’association des Enfants du Canal, intervenant sur le bidonville quotidiennement sont venus appuyer Première Urgence Internationale pour mobiliser les habitants, relayer les messages de sensibilisation et accompagner les familles.

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