Vaincre l’isolation et la souffrance, le combat des populations déplacées en Irak


Le conflit de grande envergure qui perdure en Irak a forcé les populations civiles à se déplacer dans tout le pays pour fuir les combats. Ces déplacements ont un impact fort et de long terme sur la santé mentale de ces personnes. Première Urgence Internationale œuvre dans le pays en santé mentale et psychosociale pour aider ces familles à surmonter leurs difficultés. Voici un récit de vie autour d’Abu et sa famille et comment ils ont vaincu leur isolation.

Session de groupe en santé mentale en Irak

Abu Sedra et sa famille

Abu Sedra a 51 ans. Il a fui al-Qa’im dans l’ouest de l’Irak, district où il vivait avec sa femme Ahlam, 39 ans, et leur fille Sedra, 4 ans. Maintenant, ils sont déplacés dans le camp de Habbaniyah Tourist City dans le centre du pays.

Un jour, Ahlam a approché les équipes en santé mentale et psychosociales de Première Urgence Internationale présentes dans le camp et leur a fait part de ses souffrances.

Quand les équipes de l’association ont rencontré pour la première fois cette famille, les 3 membres semblaient déprimés, tristes, fatigués et angoissés. La mère ne dormait ni ne mangeait plus, le père ne sortait plus de la tente. Aucun n’avait d’interactions sociales avec d’autres personnes du camp.

Etablir un dialogue

Pour essayer de les aider, des psychologues et travailleurs psychosociaux de Première Urgence Internationale ont commencé par aller à la rencontre d’Abu, le père, mais il se refusait à leur parler. Après quelques sessions, il a malgré tout fini par montrer un dessin qu’il avait fait. Il leur a alors expliqué à quel point il détestait vivre dans ce camp et pourquoi il rêvait de partir et n’avait aucun ami.

Dessin d'Abu qui participe aux sessions en santé mentale en Irak de Première Urgence Internationale

Alham, de son côté, a également vu une psychologue de l’association. Elle avait un grand besoin de parler, de s’exprimer et d’être écoutée, ce que les équipes ont fait au travers de plusieurs sessions.

La petite Sedra aussi souffrait d’isolation et mouillait régulièrement son lit la nuit. Après avoir vérifié qu’elle n’avait pas de problèmes médicaux particuliers, les équipes ont engagé une thérapie par le jeu avec elle. Elles ont joué ensemble, lui ont lu des histoires et montré de petits films sur l’hygiène. Elles ont également donné des instructions à la mère ainsi qu’un tableau pour suivre la fréquence à laquelle la jeune fille mouillait son lit. Et en peu de temps, des progrès ont pu être observés.

Tableau de la fréquence à laquelle Sedra mouille le lit dans le cadre de session en santé mentale en Irak

Un plan de soins pour toute la famille

Alham a été encouragée à prendre soin de sa famille et à agrandir son réseau d’amis auprès de ses voisins. Sedra a intégré des sessions en collectif avec d’autres enfants et a retrouvé le sourire et des amis. Abu a été encouragé dans ses passions, la peinture et le football. Il a créé une équipe de football avec dix autres voisins. Il a recommencé à sortir de sa tente et se promener dans le camp avec sa fille, chose qu’il n’avait jamais faite avant.

Enfin, afin de s’assurer que la famille ait complètement récupéré, les équipes ont également organisé des sessions avec la famille au complet. Ils y ont parlé de leur expérience librement et ont décidé de surmonter les défis ensemble.

Projet financé avec le soutien de l’USAID.

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