« L’aide que vous nous avez apportée nous aidera à nous relever »


Première Urgence Internationale au Liban mène différentes activités dans les districts de Saida, Jezzine et Nabatieh, dans le sud du pays. L’association met en œuvre depuis 2015 un programme d’aide financière d’urgence. Grâce à ce programme, des ménages menacés d’expulsion suite à un événement imprévu ou un choc comme une perte d’emploi ou une hospitalisation reçoivent un montant maximal de 400$ (environ 340€). L’objectif est d’empêcher l’expulsion de familles très vulnérables de leurs logements, tout en leur offrant la possibilité de faire face eux-mêmes aux défis rencontrés. Voici l’histoire d’une de ces familles.

Mohammad, ici avec sa femme et trois de ses enfants, a reçu une aide financière au Liban

Des défis à surmonter

Mohammad* et sa famille sont réfugiés syriens. Ils se sont installés dans le village de Kafer Jarra, à Jezzine dans le Sud Liban à la fin de l’année 2011, première année du conflit en Syrie. Mohammad a 51 ans et sa femme Hanan 44 ans. Ils ont sept enfants : trois garçons et quatre filles. La plus jeune a 5 ans et est née ici, au Liban.

Depuis six années qu’ils sont au Liban, la famille de Mohammad vit dans un bâtiment abandonné. C’est une stratégie courante employée par les réfugiés syriens au Liban, qui n’ont d’autres choix que de vivre dans des logements insalubres pour payer des loyers plus faibles. Leur style de vie est complètement différent de celui qu’ils avaient en Syrie, où ils avaient leur propre ferme et maison, et vivaient des produits de leurs terres.

« La vie est très chère au Liban. Notre priorité est toujours le paiement de notre logement pour ne pas être expulsés », explique Mohammad. « La plupart du temps, nous ne prenons qu’un ou deux repas par jour pour réduire nos dépenses, parfois, juste du pain et du thé ».

La lueur d’espoir ?

Depuis son arrivée au Liban, Mohammad travaille pour des agriculteurs libanais, mais en raison de son âge et de son état de santé, la plupart préfèrent employer des hommes plus jeunes et en bonne condition physique. Hasan, le fils aîné de 23 ans, donnait ses revenus à sa famille, mais depuis qu’il s’est marié et a fondé sa propre famille, il ne peut plus les soutenir autant qu’avant. Le ménage de neuf personnes vit désormais avec environ 400$ par mois de revenus.

En septembre dernier, en raison de son mauvais état de santé, Mohammad a dû cesser de travailler. Leur fils de 15 ans n’a alors eu d’autre choix que de prendre à sa charge la responsabilité des revenus de sa famille. Il  a commencé à travailler comme livreur pour la boulangerie du village, payé 6 euros par jour. Alors qu’il livrait des clients en scooter, l’enfant a eu un accident et s’est cassé la jambe : impossible de reprendre le travail avant deux mois. Cette perte de revenu supplémentaire a mis la famille dans une situation dramatique. Incapables de régler les frais de transport, deux enfants ont dû arrêter l’école, et la famille a accumulé deux mois de loyer impayé.

Par le bouche à oreille, alors qu’il expliquait sa situation à ses voisins, Mohammad a appris que Première Urgence Internationale aidait des ménages comme le sien. Il a contacté l’association pour expliquer sa situation et demander de l’aide. Deux semaines après, Madleen, chargée de protection, a rendu visite à la famille pour évaluer leur situation.

Madleen, chargé de protection, discute avec la père, la mère and leur fille dans le cadre du projet d'aide financière au Liban

Madleen, chargé de protection, discute avec la père, la mère and leur fille

Le temps de la reconstruction

La famille a été sélectionnée pour recevoir l’aide financière d’urgence. Quand ils ont reçu l’argent, Mohammad et Hanan ont décidé de donner le montant total au propriétaire de leur logement. « Nous considérons notre loyer comme notre première priorité. Et nous voulions nous libérer de notre peur d’être expulsés ».

« Vous nous avez vraiment sauvé du naufrage » a confié Hanan aux équipes de Première Urgence Internationale, « vous nous avez fait sentir qu’il y a de l’espoir et de l’attention pour nous. L’aide que vous nous avez apportée nous aidera à nous relever ».

Hanan et son petit-fils dans leur cuisine, ils ont participé au programme d'aide financière au Liban de Première Urgence Internationale

Hanan et ses petits-fils dans leur cuisine

L’aide offerte par Première Urgence Internationale a stabilisé la situation de la famille de Mohammad, Hanan, leurs six enfants et petit-fils. Ils peuvent désormais rester vivre dans leur logement. Mohammad travaille de nouveau par intermittence, et son fils qui est entièrement guéri est retourné à la boulangerie, cette fois-ci au magasin pour éviter les accidents de scooter. Les deux enfants qui avaient été déscolarisés ont aussi pu retourner à l’école. Parce que leur budget est toujours très serré, pour améliorer les repas de la famille, Hanan et Mohammad ont récemment planté des légumes devant leur immeuble. Ils espèrent les manger pendant l’été.

*Les noms des membres de la famille ont été modifiés pour protéger leur identité

Cette activité est financée par le Bureau de la population, des réfugiés et de la migration (BPRM)

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