Vivre au Liban : des destins et une histoire de vie


Candice Talleux est coordinatrice terrain à Saida au Liban. De retour de mission, elle nous raconte l’histoire de Salma, une jeune femme syrienne face à une extrême précarité.

Du défi de vivre au Liban

Du défi de vivre au Liban

Au Liban, la crise persistante et prolongée ainsi que l’inaccessibilité des services de base pour les plus vulnérables affaiblissent les populations syriennes, palestiniennes et libanaises. Ainsi, certaines vivent dans des situations de très grande vulnérabilité.

« Je me souviens plus particulièrement du cas d’une femme syrienne, Salma, dont le mari et la fille aînée étaient restés en Syrie. », nous raconte Candice. « En Syrie, eux-mêmes, étaient dans une situation précaire et ne pouvaient pas envoyer de l’argent pour l’aider. Elle était donc seule avec ses 7 autres enfants, dont certains en bas âge, et était à nouveau enceinte. Salma ne pouvait pas les laisser pour aller travailler, alors c’est son fils de 15 ans qui subvenait aux besoins de la famille. Mais cela n’était pas suffisant, et comme la famille n’avait pas les moyens de payer le loyer du logement où ils vivaient, ils risquaient l’expulsion. »

Première Urgence Internationale a relocalisé la famille dans un logement vide que l’organisme avait réhabilité en échange d’une diminution du loyer par le propriétaire. Les équipes pensaient que la situation de la famille allait alors s’améliorer.

Le destin brisé d’une famille

« Quelque temps après sa naissance, l’enfant de Salma a eu de graves problèmes respiratoires et est resté hospitalisé » continue Candice. Le système de santé au Liban est complexe du fait qu’il est en grande partie décentralisé et privatisé. Cela se traduit par des difficultés d’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables n’ayant pas de moyens. « Salma s’est grandement endettée pour pouvoir payer les frais d’hôpitaux de son bébé, notamment auprès du propriétaire libanais de son appartement qui l’a personnellement aidée. Malheureusement, l’enfant n’a pas survécu. Mais l’hôpital a refusé de restituer le corps tant qu’elle n’avait pas payé ses dettes. »

Salma a alors bénéficié du programme d’aide d’urgence en espèces de Première Urgence Internationale. L’organisme l’a mis en place au Liban depuis plusieurs années et il lui permet de verser un montant total de 400 dollars (320 €) par famille bénéficiaire. Salma a pu donner la moitié de cet argent au propriétaire de son appartement qui l’avait patiemment aidée. L’autre partie a servi à rembourser les frais médicaux auprès de l’hôpital.

« Cette femme n’est malheureusement pas un cas isolé. » termine Candice.

Une histoire parmi tant d’autres

Ce genre de cas a incité Première Urgence Internationale à accroître son soutien aux femmes, syriennes et libanaises, qui assument seules la charge de leur famille. D’autant plus que les réfugiés syriens sont uniquement autorisés à avoir des activités professionnelles depuis leur domicile ou dans des secteurs spécifiques tels que l’agriculture, la construction et l’environnement. Pour toutes ces femmes, il est parfois difficile d’arriver à conjuguer travail et tâches domestiques, surtout lorsqu’elles ont des enfants en bas âge.

Depuis janvier 2018, Première Urgence Internationale leur propose des formations afin qu’elles apprennent les bonnes pratiques d’hygiène, d’alimentation et de cuisine. Le but à terme est qu’elles génèrent des revenus pour leur famille depuis leur domicile, en vendant leurs produits à leurs voisins ou en travaillant dans de petites structures de restauration.

Au Liban, Première Urgence Internationale coordonne son aide dans le pays autour de trois axes. Tout d’abord, elle assure la protection des populations les plus vulnérables. Ensuite, elle leur permet un accès aux biens et services de base. Enfin, elle contribue à la sécurisation de revenus stables et à couvrir les besoins vitaux de ces populations.

Cliquez ici pour en savoir plus sur l’action de Première Urgence Internationale dans le pays.

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