Une intervention coordonnée du Mali jusqu’au Burkina Faso et au Niger


Yaya Diabaté est adjoint coordinateur médical au Mali pour Première Urgence Internationale. Il explique l’évolution de la situation dans le pays ainsi que l’intervention globale et coordonnée que les équipes mettent en place au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Première Urgence Internationale intervient au Mali depuis 2013. Comment le contexte a-t-il évolué ?

Nous intervenons dans deux zones : à Gao, dans le district sanitaire d’Ansongo, et dans les quatre districts sanitaires de la région de Kidal. Depuis quelques temps à Ansongo, nous observions plus de stabilité dans cette zone. Les personnes retournaient même dans leur ville d’origine. Mais il y a un an, un conflit intercommunautaire dans les communes de Talataye et de Tin Hamma a entrainé une détérioration de la situation sécuritaire. Les activités socio-économiques sont fortement ralenties. L’impact sur l’accès aux soins de santé et à l’éducation n’est pas sans conséquence pour les populations. Les personnes n’ont bien souvent plus les moyens de se soigner. De plus, les centres de santé peinent à trouver du personnel qualifié. Les équipes médicales ne sont pas complètes et les infrastructures sont inadéquates, voire dégradées.

Dans la région de Kidal, plus de 80% de la population se trouve à plus de 15 km des centres de santé et n’a donc pas accès aux soins.  De plus, la plupart de ces personnes sont nomades, ce qui rend difficile leur suivi dans des centres fixes.

En réponse à cela, comment est-ce que notre intervention évolue ?

Nous intervenons en appui aux centres de santé. Nous déployons des équipes d’encadrement afin de renforcer la formation continue des agents dans le but d’obtenir des soins de qualité. En complément, des cliniques mobiles, composées de personnel médical, se rendent dans les zones à plus de 15 km des centres pour atteindre les populations nomades et isolées.

Nous nous appuyons sur des agents communautaires qui peuvent effectuer un suivi des patients. Notre objectif global est d’aider le système de santé à se redresser, tout en maintenant des capacités de réponse d’urgence, capable de se déployer rapidement dans ce contexte instable.

De nouvelles zones sont confrontées à l’extension de la crise. Comment se positionner ?

La région du centre du Mali est celle qui s’est le plus détériorée sur la dernière période. Autour de Mopti, les conflits intercommunautaires et la circulation des groupes armés ont entraîné de forts regains de violences et des déplacements de populations. Nous avons organisé, en décembre 2018, une évaluation rapide en santé primaire dans le cercle de Bankass, région de Mopti. L’idée est de développer un programme d’appui dans la zone en 2019.

Depuis 2016, l’intensification des conflits communautaires et des attaques terroristes au nord du Mali ont aussi eu pour effet d’étendre la crise aux territoires frontaliers du Niger et du Burkina Faso. Les populations du Mali, du Burkina et du Niger sont confrontées à la même situation et aux mêmes problèmes, comme les difficultés d’accès aux infrastructures de base.  Première Urgence Internationale développe des opérations dans ces trois pays et mène des évaluations des besoins pour intensifier sa réponse en 2019.

La stratégie d’intervention Première Urgence Internationale est donc basée sur sa capacité à s’adapter à un contexte fortement instable et à diversifier ses activités sur ses zones d’intervention.

Une réponse globale qui couvre trois pays

 

Première Urgence Internationale est présente au Niger et au Mali depuis les années 1990. Suite à la crise de 2012, les équipes sont intervenues dans les régions de Gao et de Kidal, via un soutien aux centres de santé et le déploiement de cliniques mobiles. Cela a permis de couvrir les besoins des populations les plus reculées. En 2018, Première Urgence Internationale a repris ses activités médicales au Niger. Plus particulièrement avec un soutien aux centres de santé de la région du Tillabéri.
En décembre de cette année, Première Urgence Internationale a mené une exploration dans les régions du nord et de l’est du Burkina Faso. L’objectif est d’élaborer une intervention adéquate dans les zones touchés par la crise humanitaire.

La stratégie « Trois Frontières » de Première Urgence Internationale naît d’une volonté de l’organisation d’adresser les besoins d’un même bassin de crise avec une approche commune. Plutôt que de les aborder via des perspectives nationales. C’est un changement d’approche qui permet d’améliorer la communication entre les bases des différents pays. Cela permet aussi de mieux comprendre le contexte, de mieux se préparer à des interventions d’urgence, et de prendre en compte de manière globale les enjeux structurels de ces pays. La stratégie a aussi des atouts organisationnels. Ainsi elle permet de mutualiser des moyens, d’optimiser les dépenses et de développer un plaidoyer global sur la crise du Sahel. 

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