Travailleurs humanitaires en Afghanistan : entre insécurité et esprit d’équipe


Avec l’ONG Première Urgence Internationale, Marko a passé un an en Afghanistan, en tant que Coordinateur terrain dans la région de l’Est du pays. Tout juste revenu de Jalalabad, il partage son expérience sur cette mission, pleine de défis mais aussi d’incertitudes et de découvertes.

Travailleurs humanitaires en Afghanistan

Marko (en bleu, au centre de la photo) avait déjà de précédentes expériences sur le terrain en tant que travailleur humanitaire. Il avait travaillé sur la crise des réfugiés en Méditerranée, en Grèce puis à Malte. Il avait également déjà effectué une mission au Soudan du sud avec Première Urgence Internationale. Des contextes humanitaires très différents, qui lui ont permis d’évoluer personnellement et professionnellement. Mais cette mission en Afghanistan ne ressemblait à rien de ce qu’il avait déjà connu.

« La principale difficulté réside dans le contexte sécuritaire. L’accès à certains sites est très encadré, voire restreint. De simples déplacements entre Kaboul et Jalalabad – ou même à l’intérieur des villes – requièrent une organisation sans failles », souligne Marko. Cela signifie qu’une grande partie du travail est faite en étroite collaboration avec les collègues afghans. “Heureusement, nous pouvons compter sur des équipes nationales solides et compétentes, qui supervisent nos programmes là où nous, les expatriés, ne pouvons pas. Par ailleurs, une grande partie de la coordination technique dans la région est menée par nos collègues afghans. Ils sont diplômés, ont plusieurs années d’expérience sur le terrain, et sont en mesure d’encadrer cela. Ainsi, leur présence contribue également à renforcer l’ancrage de notre mission et sa mémoire institutionnelle. »

“Le conflit demeure imprévisible”

« La région de l’Est de l’Afghanistan évolue dans un contexte particulier, marqué par un grand nombre d’acteurs et de parties prenantes. Il y a par exemple une douzaine de groupes d’opposition armés, en plus de ceux que nous connaissons tous. Cette multitude de forces est ce qui rend le conflit si imprévisible. Les différents acteurs de la région, des porteurs d’armes aux contrebandiers, font tous preuve d’un certain degré d’opportunisme et peuvent jouer des rôles multiples. C’est ce qui rend le fait de travailler ici si complexe et intéressant. »

Sur la mission, le Coordinateur terrain a une fonction généraliste et garde une vision globale des activités. « Je faisais le lien entre les équipes sur le terrain, les équipes des deux bases de l’Est, la coordination à Kaboul, et parfois avec les équipes du siège. Ce travail est un mélange d’analyses de données, gestion de sécurité, projets, logistique, administration et finance. Il faut cartographier comment, où et quand les différents éléments interagissent ensemble. Il faut donc connaître un peu de tout », résume Marko. « Cela peut être difficile, mais pour moi c’est la fonction la plus stimulante et diversifiée sur une mission humanitaire. »

“Le tissu social afghan est toujours très fort”

Marko porte un regard très positif sur les relations avec les équipes locales. Ainsi, « la connexion qu’on peut avoir des collègues afghans est très précieuse. Les équipes nationales qui travaillent sur la mission font preuve d’une grande loyauté et d’un travail dévoué », salue Marko. « La distinction entre expatriés et locaux n’a que très peu de pertinence. »

À propos de la société afghane, Marko analyse : « Même après 40 ans de conflit, le tissu social afghan est encore très fort. Les valeurs locales d’hospitalité et de générosité demeurent intactes. Cela illustre bien la résilience et la force des populations afghanes, ainsi que la richesse de leur culture. Les Afghans sont vraiment des gens accueillants et chaleureux. Dans un contexte sécuritaire si incertain, on est parfois amené à mettre sa vie entre les mains de ses collègues. Avec cette équipe, j’étais à l’aise et rassuré de le faire. »

En 2020, Première Urgence Internationale marquera son 40e anniversaire de présence dans le pays. Aussi, de nombreux Afghans font partie de l’équipe depuis plus d’une décennie. « Cette année, nous avons malheureusement connu la perte du docteur Shah Mahmoud, qui nous avait aidé à avoir accès à certaines zones et à renforcer l’acceptation de notre ONG dans la région. Il travaillait avec nous depuis près de 25 ans », salue Marko. « Plus que dans n’importe quelle autre mission, on sent que l’ONG est profondément ancrée sur le terrain, grâce aux équipes nationales qui représentent une part vitale de son identité. Les efforts des collègues qui nous ont précédés ne seront pas oubliés. »

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