Soigner les déplacés de Salamiyah, une course contre la montre


L’ouverture du camp de Salamiyah était prévue le 28 juin. Finalement, elle a été avancée au 7 juin pour répondre à l’arrivée massive d’habitants fuyant Mossoul Ouest. Le centre de santé, en cours de construction, n’était pas encore terminé mais les équipes de Première Urgence Internationale étaient sur place dès les premières heures pour répondre à l’urgence.

Il fait plus de 40 degrés et la foule grossit au fil de la journée à l’entrée du camp de Salamiyah. Enfants et adultes patientent en attendant leur enregistrement. La plupart tiennent à la main ou portent sur leur dos un sac, une valise ou quelques sacs plastiques. Rien de plus. Les visages sont marqués par la fatigue. Ce  jour-là, plus de 2 000 irakiens sont accueillis dans le camp de Salamiyah qui se situe à 20 km au sud de Mossoul.  « Le camp devait ouvrir le 28 juin, finalement les autorités  n’ont pas attendu. Il a ouvert le 7 juin », explique Alex Theran, coordinatrice du projet de Salamiyah à Première Urgence Internationale. Les autorités irakiennes et l’UNHCR ont décidé d’ouvrir le camp de Salamiyah plus tôt pour répondre à l’urgence.

En effet, à l’ouest de Mossoul, les combats se poursuivent et les populations prises en étau entre les tirs et les bombardements s’enfuient dès qu’elles en ont l’opportunité. Une partie s’est rendue massivement dans le camp de Salamiyah. Les nouveaux arrivants viennent également du district de Al-Baaj, à l’est de Salamiyah, qui a été repris à l’Etat Islamique début juin.

Soigner en urgence les déplacés

Les infrastructures des villes ont été détruites et les habitants, au-delà des combats, fuient le manque d’eau, d’accès aux soins de santé ou de nourriture. « Ceux qui viennent de Mossoul ont fui le plus rapidement possible sans rien apporter avec eux. D’autres viennent de sites de transit qui possèdent peu d’infrastructures fonctionnelles. Ces camps sont saturés», précise Alex.

En 4 jours, le camp d’une capacité de 27 000 individus a accueilli 10 000 personnes.

Arrivés au camp, certains enfants et des adultes vulnérables ont besoin de toute urgence de soins de santé. « Certains ont le ventre vide. D’autres n’ont pas pris leur traitement contre le diabète depuis des jours et certaines femmes enceintes ont besoin de consultations en urgence », explique la coordinatrice.

Une situation « extrême »

Sollicitée en mai pour construire et gérer un centre de santé dans le camp, l’équipe de Première Urgence Internationale a mis en place des consultations médicales dès les premières heures. « Notre centre de santé n’était pas tout à fait prêt mais nous avons tout fait pour intervenir. Nous avons mobilisé des infirmières et des médecins. Nous avons dressé une tente et nous avons débuté les consultations très rapidement », raconte Alex. Chaque jour, l’équipe effectue 500 consultations. Il y a une semaine, 1 300 patients ont été examinés le même jour. « J’ai trouvé que la situation de ces dernières semaines dans ce camp était extrême. Il y avait beaucoup de personnes qui arrivaient chaque jour avec énormément de souffrance », explique Alex.

Le centre de santé ouvre ses portes le 28 juin et sera en mesure d’accueillir entre 1 000 et 2 000 patients par jour.

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