A quoi sert un réseau d’eau potable ? L’exemple de Borj El Arab


Première Urgence Internationale mène des projets en eau, hygiène et assainissement dans près de 11 pays dans le monde. Gros plan sur le projet de construction d’un réseau d’eau potable à Borj el Arab au Liban et les enjeux derrière cette mission.

Construction d'un réseau d’eau potable au Liban

Un réseau d’eau potable au Liban, l’exemple de Borj el Arab :

Bassem vit avec sa femme et ses enfants à Borj el Arab, petite ville de 8 000 habitants située dans la région du Akkar dans le nord du Liban. Bassem a un puits dans la cour de son jardin. Ce n’est pas légal mais depuis 1970 les services publics de sa ville et de la région ne proposent pas d’accès à un réseau d’eau public. Alors il a dû trouver d’autres solutions pour apporter de l’eau pour lui et toute sa famille.

Les puits sont souvent partagés entre plusieurs foyers. Comme il n’y a pas de réseaux d’eaux usées, les familles utilisent des puits perdus. Cependant, elles infiltrent parfois les eaux souterraines, ce qui crée un risque de contamination. C’est le cas de Bassem. Son puits est construit près d’une fosse septique. L’eau potable a été contaminée et il est obligé d’aller acheter de l’eau auprès d’un camion-citerne privé, une solution loin d’être idéale. Arnaud Fratani, coordinateur abris et infrastructure pour Première Urgence Internationale nous explique : « Même l’eau du camion-citerne n’est pas toujours de bonne qualité. Et elle coûte très cher ». A Borj el Arab, 76% des gens sont obligés d’acheter de l’eau en raison de la mauvaise qualité de celle de leur propre puits.

Pourquoi construire ce réseau ?

Le Liban connait depuis le début de la crise en 2011 un afflux important de réfugiés syriens qui représente un véritable défi pour les institutions locales. Il y aurait en 2018 entre 1 et 1.5 million de réfugiés syriens au Liban (1). La petite ville de Borj el Arab compte 2 000 réfugiés syriens, soit l’équivalent d’un quart de sa population. Cela représente un défi supplémentaire évident pour son approvisionnement en eau.

« L’accès à l’eau est essentiel. Les infrastructures d’eau et d’assainissement sont actuellement inexistantes. Et les solutions de secours que trouvent les habitants ne permettent pas un usage sur le long terme. Il vaut mieux mettre en place un réseau commun, ce qui est bien plus durable, rentable et moins onéreux qu’une multitude de réseaux privés » continue Arnaud.

Ainsi Première Urgence Internationale a débuté la construction d’un réseau d’eau à Borj el Arab, incluant un forage, un réservoir d’eau de 1000m3 et 16 kilomètres de canalisations. Pour Arnaud : « L’objectif est de fournir de l’eau à l’ensemble des habitants, mais aussi aux écoles et magasins. Environ 90% de la ville en bénéficiera à la fin du projet. »

Un projet avant tout communautaire et de cohésion

Construction d'un réseau d’eau potable au LibanConstruction d'un réseau d’eau potable au Liban

L’idée est ainsi de fournir un accès à une eau saine et potable via des infrastructures gérées par le gouvernement. La gestion et la maintenance des installations seront par la suite sous la tutelle de l’Etablissement des Eaux, le comité national de l’eau libanais.

«C’est véritablement un projet qui appartient à toute la communauté. Il représente un accès à l’eau dans chaque maison », explique Arnaud. « Cela touche d’ailleurs aussi bien la population libanaise que la population syrienne qui loue des abris et bénéficiera elle aussi des nouvelles infrastructures ». Grâce à ce projet, Bassem pourra ainsi avoir de l’eau chez lui, à un prix annuel fixe.

L’autre objectif est aussi de réduire les tensions entre les communautés. Ce réseau d’eau permettra d’améliorer l’accès à des services de base en eau pour les réfugiés les plus vulnérables.

Une méthodologie propre à Première Urgence Internationale

Le projet est encore en cours. Première Urgence Internationale a formé des villageois aux différentes activités de construction et de bâtiment. Elle les a ensuite engagés dans la réalisation des ouvrages pour mener à bien les travaux. C’est une stratégie que Première Urgence Internationale utilise également dans d’autres projets au Liban.

Bassem a suivi cette formation. « Il y a des gens qui n’avaient jamais travaillé dans ce domaine et qui ont désormais les capacités de participer à des projets similaires dans le futur» explique Arnaud. Ainsi, Bassem a acquis une qualification supplémentaire et peut maintenant chercher un travail dans le bâtiment et travaux publics.

A Borj el Arab, les équipes de Première Urgence Internationale ont travaillé pour construire un réseau d’accès à l’eau qui n’existait pas. L’organisation met également en place des sessions de promotion et de sensibilisation à l’hygiène pour les habitants.

(1) Article ONU (2018) pour en savoir plus : https://news.un.org/fr/story/2018/03/1008862

Lieux d’intervention en eau, hygiène et assainissement de Première Urgence Internationale

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