Au Liban, un chantier brise les préjugés


La ville de Tal Meayyan située dans le gouvernorat du Akkar au Liban qui compte plus de 7 000 habitants accueille environ 2 500 réfugiés syriens, selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Une présence qui augmente la pression économique sur une ville qui doit faire face à des problèmes structurels.

Tal Meayyan dans le Akkar au Liban

Chaque hiver, les routes autour de la petite ville de Tal Meayyan dans le Akkar au Liban sont inondées. Les fortes précipitations entraînent des accidents de voitures et empêchent les mouvements de personnes et de véhicules. Alors que la majorité des habitants de la ville travaillent dans le secteur agricole, les systèmes d’irrigation ne fonctionnent pas correctement.

Des enfants marchent sur un trottoir près d'une rue inondée

Un canal d’irrigation de 510 m de long construit par les habitants

Pour faire face à cette situation, Première Urgence Internationale a débuté des travaux en 2017 : un canal d’irrigation de 510 m de long construit par des résidents de Tal Meayyan. Au total, 88 personnes ont été recrutées par les équipes pour travailler 5 à 6 jours par mois pendant des périodes de 1 à 6 mois. Les équipes sont constituées de Syriens et de Libanais.

Kalo, Syrien, peut enfin « acheter des vêtements chauds pour ses enfants »

Kalo a 41 ans. Il est Syrien et a fui vers le Liban en 2012 avec sa femme et ses sept enfants. Toute la famille vit sous une tente dans un campement de fortune à Tal Hayat, un village situé à proximité de Tal Meayyan dans le Akkar au Liban. Kalo a rejoint le projet mis en place par Première Urgence Internationale depuis décembre dernier. Il travaille sur le chantier du canal d’irrigation et en échange, il reçoit une aide financière. « Grâce à l’assistance de Première Urgence Internationale et des autres organisations sur place, je peux acheter des vêtements chauds pour mes enfants. Je peux aussi payer le loyer de la tente ».

« Je suis le seul à pouvoir travailler dans ma famille »

Vêtu d’un gilet et d’un casque, Kalo observe l’avancée du chantier. Il ajoute : « Je suis le seul à pouvoir travailler dans ma famille et nous sommes 9 ! J’accepte donc tous les petits boulots que je peux trouver, dans l’agriculture ou la construction en fonction des saisons. Il n’y a pas beaucoup d’opportunités. Quand je travaille, je gagne environ 10 à 12 euros (13 à 15 dollars US) ». Kalo a été recruté depuis six mois sur le projet, une semaine par mois.

Avant la guerre, Kalo travaillait en Syrie sur les chantiers de construction comme travailleur journalier. « Les nouvelles compétences que j’ai acquises vont me permettre de trouver de nouvelles opportunités au Liban à la fin du projet. Elles me seront également utiles lorsque je retournerai vivre en Syrie ».

Kalo travailleur sur un chantier

Pour Tarek, Libanais, le projet a brisé les préjugés

Le projet soutient les réfugiés syriens et vise également les Libanais, ceux qui vivent dans les villages ciblés par le projet et qui sont dans le besoin. Tarek, 37 ans est l’un d’entre eux. Il vit à Tal Meayyan dans le Akkar au Liban et a rejoint le chantier depuis le début. Actuellement, il a deux objectifs : terminer la construction de son appartement situé au-dessus de la maison familiale et se marier avec sa fiancée. Sans aucune source de revenu, il ne pourra pas les réaliser. Les opportunités dans le Akkar sont peu nombreuses. Tarek a l’habitude de travailler durant la saison des récoltes des oranges et des pommes de terre. Il ne reçoit aucune aide.

« Nous réalisons que nous avons beaucoup de choses en commun »

Quand il a été approché par les équipes, il a immédiatement accepté de participer au projet. «  Il permet d’améliorer les infrastructures de notre village ». Avec l’argent qu’il a reçu du projet, Tarek a acheté des matériaux pour construire sa maison. Tarek ajoute : « J’ai appris beaucoup en travaillant avec des Syriens. Nous avons beaucoup de préjugés sur les uns et les autres. Mais finalement, en s’écoutant les uns les autres, nous réalisons que nous avons beaucoup de choses en commun ».

Le projet a également pour objectif d’apaiser des potentielles tensions entre les réfugiés syriens et la population hôte libanaise dans un pays qui subit de fortes tensions économiques.

Un projet financé avec le soutien du Programme alimentaire mondial

Photos de Mohammed Younes

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