Sud Oubangui : « la zone connait un sous-développement chronique »


La République Démocratique du Congo (RDC) fait face à un afflux de réfugiés centrafricains depuis 2013. Au Sud Oubangui, les réfugiés ont traversé la rivière Oubangui il y a longtemps pour venir s’installer au milieu des populations congolaises. Première Urgence Internationale intervient dans le pays depuis 2001. Benoït Ralu y est responsable de projet « approche multisectorielle ». Il nous explique ce que cette approche apporte au projet.

Nos équipes travaillent dur pour permettre le relèvement économique en RDC

Qui sont les populations touchées par la crise des réfugiés en RDC ?

« En 2013, la nouvelle flambée de violence en République Centrafricaine (RCA) entre différentes milices et groupes armés a mené à des fuites massives de populations. L’instabilité politique s’est installée dans le pays et les violences reviennent par intermittence. Depuis cette date, il y a des mouvements réguliers de Centrafricains qui traversent la rivière Oubangui -la rivière qui sert de frontière entre la RCA et la RDC- pour venir chercher refuge chez leurs voisins congolais. On compte actuellement plus de 100 000 Centrafricains réfugiés en RDC, principalement dans les régions du Nord et Sud Oubangui et dans le Bas-Uele. (1)

Ces réfugiés s’organisent en camps répartis le long de la frontière ou bien s’intègrent au sein des communautés même. En effet, il existe une proximité géographique mais aussi ethnique entre les populations réfugiées et les populations locales. Mais dans une région qui souffre de nombreux problèmes, cela ne fait qu’augmenter le nombre de personnes vulnérables. Les populations réfugiées, même bien intégrées dans les communautés, présentent les mêmes niveaux de vulnérabilité que les populations hôtes.

Cette proximité a d’autres conséquences inattendues aussi. On observe de plus en plus de traversées de populations depuis la RDC qui, par manque d’assistance et manque de nourriture, retraversent de l’autre côté pour aller récupérer de quoi manger dans les champs abandonnés de la RCA. Beaucoup font des allers-retours réguliers entre RDC et RCA.

Quels types de besoin y a-t-il au Sud Oubangui ?

Le constat général est un sous-développement chronique. La production agricole est beaucoup trop faible, ce qui a un impact négatif sur la nutrition et la sécurité alimentaire des populations. On constate également un problème d’accès aux services de base, en plus d’un enclavement économique et d’un manque d’infrastructures à disposition. Pour autant, c’est une zone qui connait peu de problèmes sécuritaires, ce qui « facilite » notre intervention.

C’est ce constat-là et la possibilité de mettre en place une stratégie de résilience sur le long terme qui nous a  amené à développer un projet multisectoriel dans la zone.

Un projet multisectoriel, qu’est-ce que c’est ?

Un projet multisectoriel est, comme son nom l’indique, un projet transversal qui couvre plusieurs secteurs. Il y a par exemple : la santé, la nutrition, la sécurité alimentaire, la gestion de camp, l’eau, l’hygiène et l’assainissement etc. Grâce à un projet multisectoriel, nos réponses dans chacun de ces secteurs vont être coordonnées entre elles. Ainsi, une intervention dans un secteur va renforcer les autres actions sur d’autres secteurs, permettant un cercle vertueux.

Distribution de kits agricoles dans le cadre d'un projet multisectoriel qui vise le relèvement économique en RDC

Comment cela va-t-il aider les populations ?

Nous sommes sur une crise au Sud Oubangui qui n’est plus une crise d’urgence mais une crise d’aide au relèvement. Pour les aider au mieux, il faut donc une approche qui permette de prendre en compte l’ensemble des besoins des populations. Chaque amélioration dans un secteur a un impact positif dans d’autres et permet de répondre de façon plus complète aux besoins. Cela nous permet de faire baisser la vulnérabilité et de créer des dynamiques de relèvement et d’autonomisation de « long-termes ».

Concrètement, dans cette zone, nous essayons à la fois de renforcer les structures en place –agricoles, routières etc.- et aussi de reconstruire les moyens d’existence des populations locales et réfugiées. Nous travaillons principalement hors camp avec comme objectif d’apporter une réponse basée sur une approche communautaire. Nous considérons les populations en termes de vulnérabilité et non en termes de statut. En d’autres termes, nous ne nous concentrons pas uniquement sur une aide aux populations du fait de leur statut de réfugiés par exemple. Nous allons apporter une aide à toutes les populations qui présentent des caractéristiques de vulnérabilité importantes. Nos actions viennent donc en aide aux populations locales et les populations réfugiées de la même façon en fonction de leurs besoins et pour créer des dynamiques de relèvement régional. »

(1) Environ 103 000 réfugiés centrafricains installés dans les provinces du Nord et Sud-Ubangi ainsi que dans le Bas-Uele ont été enregistrés par le HCR.
Source : https://www.radiookapi.net/2017/03/20/actualite/societe/environ-461-000-refugies-enregistres-par-le-hcr-en-rdc

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