«Réfugiée au Bangladesh, j’attends de rentrer dans mon pays»


Fatema vit avec ses deux filles dans le camp de Kutupalong depuis septembre 2018. Elle s’y est habituée mais rêve toujours de retourner dans son pays : le Myanmar.

Fatema, réfugiée au Bangladesh avec sa famille

« Le Myanmar est notre maison »

Comme les 725 000 réfugiés que sont arrivés depuis août 2017, Fatema et sa famille ont été forcés de quitter le Myanmar et de fuir vers le pays le plus proche, le Bangladesh.

Le Bangladesh accueille actuellement l’une des plus complexes crises de réfugiés au monde : « la crise des Rohingyas ». Ce groupe ethnolinguistique de religion musulmane, établi dans l’Etat du Rakhine, a fait face à des décennies de répression et de discrimination au Myanmar. Les Rohingyas se voient en effet dénier leur droit fondamental à bénéficier d’une nationalité et d’une citoyenneté en raison d’une loi de 1982. Beaucoup de ses membres cherchent refuge au Bangladesh voisin.

« Avant d’arriver au Bangladesh, nous vivions pacifiquement dans notre pays avec ma famille et tous nos proches. J’y travaillais comme volontaire pour une ONG. Les militaires du Myanmar nous ont forcés à quitter notre pays. Nous sommes venus au Bangladesh pour sauver nos vies. Mon mari est mort au Myanmar pendant les hostilités, tué par l’armée. Notre vie était parfaite et nous étions très heureux mais, après l’afflux, tout a changé de manière très radicale. »

Fatema, réfugiée au Bangladesh avec ses filles dans le camp

La vie dans un camp au Bangladesh

Fatema et ses deux filles sont arrivées au Bangladesh en septembre 2018 avec d’autres membres de leur communauté. Ils ont marché pendant plus de 10 jours pour atteindre le pays.

Au Bangladesh, elles vivent dans le camp de Kutupalong situé dans le district de Cox’s Bazar. Ce lieu est devenu le plus grand camp de réfugiés du monde. Comme une grande ville, le camp de Kutupalong est divisé en zones, en quartiers numérotés. Les communautés locales, déjà très pauvres, ont vu leur mode de vie impacté par cette afflux de réfugiés.

Quand Fatema est arrivée, elle a obtenu un abri au camp 12, à Moynaghuna : « Dans le camp, l’environnement était convenable mais tout le monde était sous le choc et agité. Les gens étaient inquiets car la plupart d’entre eux ont perdu des membres de leur famille et des proches. Ils étaient tous désemparés et, moi aussi, je ne savais pas ce qui allait nous arriver. Les autorités nous ont donné des logements mais nous nous sentions tous sans abri. J’étais très inquiète pour ma famille : comment vais-je pouvoir survivre avec mes deux filles sans mon mari ? »

Après quelques jours, Fatema a eu l’occasion de travailler avec une organisation en tant que bénévole. Elle est devenue capable de prendre soin de ses filles et d’elle-même. Pendant près de cinq mois, de septembre à janvier, elles ont vécu au camp 12 avec leur famille et leurs proches.

Un retour à l’autonomie

En janvier 2019, à la demande du gouvernement, l’armée bangladaise a commencé à construire une route sur le camp. Les personnes vivant dans le bloc où habitaient Fatema et ses filles ont dû être relogées. La réinstallation de toutes les familles du bloc a été réorganisée, du camp 12 au camp 20 de Balukhali 2 :

« Au camp 20, c’était nouveau pour moi et ma famille également. Quelques jours plus tard, j’ai commencé à travailler avec Première Urgence Internationale comme soutien à la gestion du camp 20 et je suis devenue la représentante des femmes de mon bloc. En tant que bénévole journalier sur le site, j’ai été nommée nettoyeur de bureau pour Première Urgence Internationale. »

« Maintenant, j’ai un travail stable. Je vis avec ma famille et ce travail nous offre sécurité et dignité. Le Bangladesh n’est pas mon pays, même si je suis très reconnaissante du fait que, dans notre misérable condition, nous avons trouvé refuge et pu sauver nos vies. Je veux marier mes filles dans des familles respectueuses. »

« Mon ultime espoir est de retourner dans mon pays et d’y retrouver sécurité, dignité et une nationalité. »

Si vous souhaitez en savoir plus, découvrez notre long format, Rohingya, immersion dans le camp de Kutupalong

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