« Processus de Quito »: aucun pays ne peut gérer seul cette crise


Les 14 et 15 novembre, 14 délégations de pays d’Amérique latine, d’organisations internationales et d’États invités se sont réunis pour le cinquième rendez-vous technique du « Processus de Quito » sur la vague migratoire vénézuélienne dans la région. Première Urgence Internationale, en alerte sur les enjeux de cette crise, a suivi de près ce rendez-vous.

Des Vénézuéliens traversent le pont Simon Bolivar pour aller à Cucuta.

La réunion, qui s’est tenue au palais de San Carlos, siège du ministère colombien des Affaires étrangères à Bogota, a bénéficié du soutien de l’Organisation pour les migrations (OIM) et de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). « Son objectif était de poursuivre le travail technique conjoint des pays de la région, qui avance depuis septembre 2018 dans le processus dit de Quito, face à la crise provoquée par le flux croissant de migrants et de réfugiés vénézuéliens », explique Tinou-Paï Blanc, chargée des Urgences au sein de Première Urgence Internationale.

Aucun pays n’a la capacité de répondre seul à cette crise

Au cours de la réunion, les représentants des gouvernements ont reconnu, entre autres, les efforts déployés pour attirer l’attention, accueillir et intégrer les réfugiés et les migrants vénézuéliens. Et particulièrement, ceux qui se trouvent dans une situation de vulnérabilité.

Ils ont également réaffirmé leur volonté d’harmoniser et de coordonner au niveau régional les mesures mises en œuvre pour assurer une mobilité sûre, ordonnée et régulière des Vénézuéliens.

À cet égard, Eduardo Stein, Représentant spécial du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’ Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour les réfugiés et migrants vénézuéliens de la région, a souligné que la coordination régionale est essentielle pour avoir un progrès substantiel. « Aucun pays n’a la capacité de faire face aux défis existants. Et majeur est l’effort collectif, plus grande est la possibilité d’obtenir des réponses ayant un impact positif », a déclaré M. Stein. « Marcher seuls nous affaiblit, l’intégration nous renforce. »

Lancement d’un plan régional 2020 d’aide aux réfugiés et aux migrants

Durant ce rendez-vous, le HCR, les agences des Nations Unies et l’OIM ont lancé une nouvelle initiative. Ainsi, la création du Plan régional 2020 d’aide aux réfugiés et aux migrants (RMRP) est un outil de coordination et de collecte de fonds mis en place et mis en œuvre par 137 organisations. Ces organisations travaillent dans toute la région et visent à toucher près de quatre millions de personnes. L’objectif est donc d’aider des réfugiés et des migrants vénézuéliens y compris les communautés d’accueil – dans 17 pays.

Le plan comprend des actions dans neuf secteurs clés. Ainsi, le plan compte couvrir les secteurs suivants : santé, éducation, sécurité alimentaire, intégration, protection, nutrition, abri, articles de secours et transport humanitaire, et eau, assainissement et hygiène. En plus de la réponse d’urgence, le plan 2020 met fortement aussi l’accent sur l’inclusion sociale et économique des réfugiés et des migrants. Enfin, il accorde un rôle central à la protection.

Les Vénézuéliens traversent la frontière pour se rendre en Colombie Les Vénézuéliens traversent la frontière pour se rendre en Colombie en empruntant une « trocha ». Ce sont des sentiers boueux qui traversent la garrigue qui couvre les rives de la rivière Tachira, frontière entre le Venezuela et la Colombie.

Mettre l’accent sur la protection

D’ici décembre 2020, on estime qu’il y aura environ 5,5 millions de réfugiés et de migrants du Venezuela dans les différents pays hôtes. Dont, 3,82 millions de personnes dans les pays de hôtes, 500 000 en situation pendulaire et 350 000 rapatriés auront besoin d’une assistance en 2020.

En effet, « les conditions précaires auxquelles sont confrontés les réfugiés et les migrants du Venezuela lors de leurs déplacements dans la région ou après avoir atteint leur pays hôte, les rendent particulièrement vulnérables aux risques de protection. Ils sont notamment soumis à la violence sexiste, à la traite des êtres humains, au trafic illicite et à d’autres formes d’exploitation et/ou d’abus », explique le plan. Aussi, le manque d’accès à la documentation les rend également vulnérables aux incidents de détention et au déni de services de base tels que les soins médicaux.

Colombie: le pays le plus touché

En effet, en 2019, la Colombie est restée le pays le plus touché par l’arrivée de réfugiés et de migrants en provenance du Venezuela. Le pays a accueilli la plus grande partie de la population. Ainsi, fin de 2015, la Colombie accueillait moins de 40 000 Vénézuéliens. Cela représente une croissance de plus de 3 500%.

Des milliers de Vénézuéliens traversent le pont international Simon Bolivar Des milliers de Vénézuéliens traversent le pont international Simon Bolivar tous les jours pour atteindre Cucuta.

Pour évaluer la situation et préparer la possibilité d’une intervention, Première Urgence Internationale et l’ONG Solidarité International ont lancé, depuis janvier 2019, une mission exploratoire commune en Colombie.

Prochaines étapes

Au cours des sessions, il a été décidé de créer un secrétariat technique. Dont l’objectif est d’aider la présidence intérimaire à surveiller le processus de Quito.

À la fin de la réunion, les pays ont publié une déclaration commune.

La prochaine réunion du processus de Quito se tiendra à Santiago du Chili dans les premiers mois de 2020.

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