Arrivée à Mokha dans le sud du Yémen : «Bienvenue dans votre deuxième pays !»


Marlène et Mirko ont passé huit mois dans le sud du Yémen pour Première Urgence Internationale avec pour objectif de développer des activités de santé nécessaires à la population. Arrivés avec une valise à la main, dans une zone avec une forte présence militaire, les deux humanitaires sont partis de « presque » zéro et ont monté un « beau projet » dans deux centres de santé du district de Mokha. Ils partagent une expérience professionnelle et personnelle forte.

Mokha dans le sud du Yémen

Comment vous êtes-vous retrouvés dans le sud du Yémen, embarqués pour un tel projet ?

Mirko : J’étais en train de faire du yoga dans une forêt au Brésil et un membre des ressources humaines de Première Urgence Internationale m’a contacté pour me proposer le projet. J’avais travaillé pour l’ONG pendant neuf mois en Afghanistan. L’expérience m’avait plu et j’avais confiance dans les équipes, je suis donc parti.

Marlène : J’avais déjà travaillé pendant trois ans pour Première Urgence Internationale en République centrafricaine et au Bangladesh sur différents postes logistiques et administratifs. Première Urgence Internationale m’a contactée pour me proposer de partir en binôme pour une ouverture de projet dans le sud du Yémen. Je ne savais pas avec qui ce serait mais j’avais confiance dans les équipes RH et le contexte m’intéressait, alors j’ai accepté.

Ce projet ne ressemblait pas à vos expériences antérieures dans l’humanitaire ?

Marlène : Effectivement, car il s’agissait de partir à deux. Un coordinateur support (logistique, finance et RH) et un coordinateur terrain, pour développer des activités dans une zone où il n’y avait pas encore d’équipe, de bureau ou de projet existant. Il fallait donc tout mettre en place de A à Z. C’était complètement différent de mes expériences précédentes qui s’étaient déroulées au sein de grandes ou moyennes équipes, en partageant une collocation dans une « guest house » avec quatre-cinq expatriés, voir bien plus. En arrivant au Yémen à Aden, une voiture nous attendait à l’aéroport et il a fallu nous lancer.

Mirko : En descendant de l’avion, notre point de contact sur place, un Yéménite, nous a dit : « Bienvenue dans votre deuxième pays ! » et c’était parti. C’était un véritable défi mais petit à petit, avec l’aide de nos contacts, des équipes en coordination qui se trouvaient à Sana’a et celles du siège de Première Urgence Internationale, nous avons pu mettre en place des projets qui valent vraiment le coup.

Comment a débuté votre mission à Mokha dans le sud du Yémen ?

Mirko : Nous avons visité quatre centres de santé dans des zones rurales du district de Mokha. Il n’y avait pratiquement aucune ressource, aucun équipement. Dans un des centres, il n’y avait plus d’équipes médicales et dans un autre, il ne restait qu’une sage-femme et elle n’avait ni eau ni électricité. Elle gérait des cas de malnutrition tous les jours. Elle nous a beaucoup parlé de la situation, de ses patients. Nous l’avons sentie désespérée.

Mokha dans le sud du Yémen

Marlène : Dès que nous avons eu les autorisations d’intervenir, nous avons recruté du personnel pour établir une base opérationnelle. Nous avons travaillé à la réhabilitation des centres de santé comme la restauration du système d’eau ou l’amélioration du stockage de médicaments.

Huit mois sur place en binôme, avec peu de déplacements, dans une zone à risque, est-ce que ce n’était pas trop difficile ?

Mirko : Grâce aux résidents du village et des équipes, je me suis toujours senti accueilli et en sécurité. Tout le monde était bienveillant avec nous. Après, c’est vrai que c’est mieux de bien s’entendre avec son binôme mais je dois dire que ça aussi c’est une expérience humaine très riche. Nous avons partagé énormément de choses, Marlène et moi, en vivant et en travaillant ensemble 24h/24 pendant huit mois. C’est assez beau. C’est une relation qu’on a très rarement dans la vie.

Marlène : Pour moi, c’est une relation unique que l’on conserve pour toute une vie. Nous avons aussi partagé beaucoup de moments avec les équipes locales. De mon côté, j’avais la chance de partager du temps avec les hommes ainsi qu’avec les femmes yéménites avec qui j’ai pu vivre des moments de complicité durant lequels elles m’ont appris les danses yéménites. C’est vrai que nous étions loin de la grande ville du sud, Aden, à 5h de route et que le couvre-feu de 21h était contraignant, mais nous étions très occupés avec le travail et très engagés dans notre mission. Le temps passait vite finalement.

Est-ce qu’il y a des moments qui vous ont marqués ?

Mirko : De voir le projet avancer et tous les moments passés avec les communautés et nos collègues yéménites. Quand les centres de santé commencent à fonctionner et que les personnes, les enfants, ont des mots touchants et expriment leur gratitude, c’est sûr que c’est très agréable. On sent qu’il y a du sens dans notre travail.

Marlène : Les deux dernières semaines avant notre départ, nous avons assisté aux premiers accouchements dans les centres de santé réhabilités. C’était très émouvant et très beau.

Quelle est la prochaine étape pour chacun d’entre vous ?

Marlène : Des vacances pendant un mois et après, on verra.

Mirko : Des vacances puis un perfectionnement en yoga !

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