Première Urgence Internationale améliore les conditions de vie des familles vulnérables au Liban


En réponse à la crise syrienne, Première Urgence Internationale intervient dans le Akkar, l’un des gouvernorats les plus défavorisés du Liban, et principale région d’accueil des familles syriennes réfugiées. L’ONG vient en aide à la fois aux populations hôtes et réfugiées en proposant une assistance au logement, pour réduire les risques d’éviction et améliorer les conditions de vie de ces familles. Découvrez les témoignages de 3 familles bénéficiaires.

Améliorer les conditions de vie des familles vulnérables au Liban

Mohamad : “Je suis handicapé mais je ne supporte pas de me sentir bloqué”

Début 2013, Mohamad, sa femme et leurs 3 enfants ont traversé les frontières, quittant la Syrie pour arriver au Liban. Ils se sont d’abord installés dans la vallée de la Bekaa, où Mohamad a trouvé un emploi stable en tant que chef de chantier. Mais un jour, suite à un malheureux accident du travail, Mohamad est tombé d’un échafaudage d’un bâtiment en construction. Ses blessures ont dû être soignées en urgence, mais ses faibles revenus et le coût élevé des frais d’hospitalisation au Liban ne lui ont pas laissé d’autre choix que de se rendre dans une clinique privée. Malheureusement, à cause d’une erreur médicale, Mohamad a perdu la capacité de marcher normalement, et ne peut désormais plus se déplacer sans devoir s’appuyer sur quelqu’un.

« Avant l’accident, je ne gagnais pas assez d’argent pour économiser. Tout mon salaire passait dans la nourriture, les soins, les vêtements et le transport scolaire de mes enfants. Puis est arrivé le jour où mon salaire n’était plus suffisant pour subvenir aux besoins de ma famille et financer mes soins. »

Les difficultés se sont enchaînées, les unes après les autres. Mohamad a perdu son emploi, étant dans l’incapacité de reprendre son poste. Puis il a perdu sa femme, qui l’a quitté pour se remarier. Seul avec ses 3 enfants, Mohamad a décidé de déménager dans le Akkar, s’installant dans un immeuble inachevé, et contactant des organisations humanitaires en demandant de l’aide. Les équipes de Première Urgence Internationale ont visité son habitation et considéré le cas de Mohamad comme prioritaire, en besoin urgent de soutien.

Mohamad étant invalide et à mobilité réduite, il a bénéficié, dans son logement, de travaux d’aménagement spécifiques à sa condition. Carrelage spécial sur les murs de la salle de bains, adaptation du siège WC, installation d’un siège de bain dans la douche, murs du salon plâtrés et enduits, ajout d’une rampe d’escalier… Divers aménagements qui lui ont permis de pouvoir à nouveau retrouver une autonomie. « Cela peut sembler ridicule, mais j’étais heureux comme un gamin lorsqu’on m’a installé une rampe d’escalier ! Je suis handicapé, mais je ne supporte pas de me sentir bloqué. Cela me brisait le cœur chaque fois que je devais m’appuyer sur l’un de mes enfants pour descendre les escaliers. »

Baker : “En tant qu’aveugle, c’est compliqué de vivre dans une maison à étages”

Les équipes de Première Urgence Internationale ont également rencontré Baker (photo), un Libanais de 33 ans vivant dans une petite maison avec toute sa famille : sa femme, sa mère, et son frère et sa sœur cadets. Baker et son frère sont tous les deux nés aveugles, et n’ont jamais eu la capacité de voir. Rendant donc difficile leur vie dans une maison à deux étages. Les équipes de Première Urgence Internationale ont rendu visite à la famille et ont évalué leur cas comme prioritaire pour une assistance au logement.

Les conditions du logement ont été évaluées en-dessous des normes de sécurité. Il manquait plusieurs éléments, les infrastructures sanitaires étaient inadaptées, et l’escalier a été jugé très dangereux au regard de la situation de deux des membres de la famille. « Jusqu’à maintenant, notre escalier était très étroit et n’était pas équipé de rampe », confirme la mère de Baker.

Première Urgence Internationale a fourni à la famille une assistance financière directe, afin de leur donner la possibilité de mener des travaux d’aménagement dans leur logement et d’améliorer leurs conditions de vie. Avec l’aide de quelques voisins, Baker a trouvé des fournisseurs et ouvriers, et ils ont achevé les travaux nécessaires. La famille a même pu économiser de l’argent pour réaliser des travaux complémentaires sur le porche extérieur, toujours pour la sécurité de Baker et de son frère cadet.

Fasl : “Notre plus grand rêve ? Un toit au-dessus de nos têtes”

Fasl est arrivée au Liban avec sa famille début 2014, après avoir traversé la frontière avec son mari et leurs 6 enfants. À leur arrivée dans le pays, la famille a construit et vécu dans plusieurs abris de fortune, n’ayant pas les moyens de vivre dans des logements plus décents. Ils se sont finalement installés au rez-de-chaussée d’un immeuble inachevé, au milieu de terres agricoles, avec un toit en zinc et aucun élément étanche. Le logement était très en-deçà des standards et était considéré impropre à l’habitation.

Au sein de la famille, le père était le seul homme du foyer en mesure de trouver un travail. Avec des revenus si faibles, le couple arrivait à peine à subvenir aux besoins basiques de leur famille et à garantir des soins de santé à leurs enfants.  Les équipes de Première Urgence Internationale ont rendu visite à la famille dans leur habitation, afin de jauger leurs besoins. Fasl et sa famille ont été retenus pour être bénéficiaires du programme de réhabilitation. Les travaux ont été conçus pour répondre à tous les besoins du logement : isolation extérieure et protection contre les intempéries, portes intérieures pour l’intimité, amélioration des infrastructures sanitaires, renforcement du plafond par l’installation d’un toit supplémentaire en zinc,  afin de limiter les éventuelles infiltrations d’eau.

« Honnêtement, les travaux qui ont été faits sont tout ce que j’espérais. Notre plus grand rêve était d’avoir un toit au-dessus de nos têtes, une fenêtre, et une porte, pour mettre nos enfants à l’abri et en sécurité. Cela brise le cœur d’une mère d’être démunie et de voir ses enfants avoir froid et peur pendant les nuits d’hiver », raconte Fasl. « Je peux l’assurer : si nous n’avions pas reçu cette assistance au logement, nous n’aurions jamais pu entreprendre tous ces travaux par nous-mêmes. Même s’il avait travaillé pendant 100 ans, mon mari n’aurait pas pu gagner la somme d’argent nécessaire. »

Toutes ces activités ont été mises en place dans le Akkar grâce au soutien financier du Bureau des Populations, des Refugiés et des Migrations (BPRM) des États-Unis.  Au total, depuis le début de ce projet, l’assistance au logement de Première Urgence Internationale a bénéficié à 1 937 personnes, dans 495 unités de logement.
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