Ouragans et catastrophes naturelles, comment se préparer à une réponse humanitaire


Irma a désormais terminé sa course. Le passage de l’ouragan, le plus puissant jamais observé dans l’Atlantique Nord, a mobilisé les équipes de Première Urgence Internationale la semaine dernière. Olivier Routeau, Responsable des Urgences et du Développement Opérationnel à Première Urgence Internationale, revient sur la situation et explique les mécanismes de réponses d’urgence que l’ONG peut activer face à une catastrophe naturelle.

ouragans et catastrophes naturelles

Quelle a été la réponse d’urgence des équipes suite au passage d’Irma ?

Mercredi dernier, à l’approche de l’ouragan Irma, nous avons activé une cellule de crise au siège en France. Nos équipes sur le terrain, en Haïti où nous sommes présents depuis octobre 2016 suite au passage de l’ouragan Matthew, étaient prêtes à intervenir sur le terrain. Nous avons mobilisé des moyens humains ainsi que matériels, en préparant des kits d’hygiène, des couvertures et plus de 600 kg de médicaments étaient destinés à être envoyés sur place. Nous étions en capacité de répondre rapidement. Finalement, l’impact a été mineur en Haïti où les infrastructures sont restées en place et les cultures sont intactes. La cellule d’urgence a donc été désactivée. Nous restons malgré tout en veille permanente sur les ouragans et les catastrophes naturelles car, malheureusement, la saison des ouragans ne fait que commencer. Elle va durer jusqu’en décembre.

Quel est le premier réflexe des équipes de Première Urgence Internationale suite à des catastrophes naturelles ?

Tout dépend du contexte et de la situation, mais la priorité reste la préparation et l’anticipation. Il est possible de prévoir quelques jours à l’avance le passage d’un ouragan sur une zone géographique, même si la trajectoire reste souvent incertaine, mais il est impossible de prévoir un tremblement de terre. Dans ce dernier cas forcément, le temps de préparation sera plus limité.

Lorsque nous avons eu connaissance de l’arrivée d’Irma dans les Antilles, nous avons décidé de nous concentrer sur Haïti, un pays à risque, vulnérable compte tenu de la densité de sa population, de la fragilité des infrastructures, et des difficultés de gestion des autorités publiques pour faire face à ce type de désastre. Il est essentiel d’analyser le contexte, la situation, de considérer l’ensemble des acteurs humanitaires déjà sur place et de se tenir prêt à mobiliser les ressources humaines et matérielles nécessaires.

Pour répondre à la question initiale, je dirais que l’un de nos premiers réflexes est de mettre nos équipes en sécurité. Il ne peut y avoir de réponse d’urgence efficace sans moyens humains et leur protection est la priorité. Une fois l’ouragan passé, l’objectif immédiat est de mener une évaluation, un bilan complet des dégâts et des besoins. Lorsque nous sommes déjà présents dans le pays, notre réponse à l’urgence est beaucoup plus rapide et efficace. Notre capacité de déploiement et la connaissance du terrain sont, dans ce cas, beaucoup plus importantes.

Quels sont les besoins prioritaires après une catastrophe naturelle ?

Généralement, après une catastrophe naturelle, il n’y a plus rien. Les infrastructures peuvent entièrement être démolies. Les priorités pour répondre aux besoins des populations sont : l’accès à l’eau potable, à la nourriture et abriter les populations démunies. Il faut prendre également en charge les blessés et mettre en place des soins de premiers secours, incluant la prise en charge du traumatisme psychologique. A Première Urgence Internationale, nous avons la capacité de répondre à l’ensemble de ces besoins et d’apporter une réponse multisectorielle, cependant il est primordial de se coordonner avec les autres acteurs et de faire des choix stratégiques et raisonnés, afin d’apporter une réponse de qualité aux victimes de cette crise humanitaire.

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