Comment Makiya a survécu à la malnutrition sévère au Soudan du Sud


Environ 250 000 enfants souffrent de malnutrition sévère au Soudan du Sud *. Parmi eux, Makiya, une petite fille d’un an prise en charge par Première Urgence Internationale.

Le dépistage de la malnutrition sévère au Soudan du Sud

Trois fois par semaine, Abraham, volontaire communautaire* en charge du suivi de la malnutrition sévère au Soudan du Sud pour Première Urgence Internationale, rend visite aux foyers de Kangabar, un petit village à trois heures et demie à pied de Malek Miir. Il arrive dans le hameau de maisons temporaires construites en « pati », des herbes tressées, appelées des « shargania ». Ce hameau se situe juste à côté de la rivière Kiir qui marque la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Dans une des habitations, une petite fille pleure. Elle a un an et s’appelle Makiya.

De grands yeux tristes

Abraham s’approche du nourrisson. Ses bras et ses jambes sont extrêmement maigres, à tel point que sa peau semble trop grande pour elle. Son visage est squelettique avec de grands yeux tristes et cernés, elle est très pâle. « Makiya ? » La petite fille ne réagit pas quand le volontaire communautaire lui parle. « Cela fait déjà deux semaines qu’elle est malade », explique sa mère, « son état s’aggrave de jour en jour ». Makiya est atteinte de vomissements et de fortes diarrhées. Abraham saisit un bracelet gradué pour mesurer le tour de bras de la petite fille, un indicateur pour savoir si elle souffre de malnutrition. Un enfant en bonne santé aurait une circonférence de plus de 135 mm, le bras de Makiya n’est large que de 130 mm.

Départ immédiat au centre de traitement

Il ne faut plus perdre de temps, l’état de santé de la petite fille est très préoccupant. Abraham parvient à convaincre sa mère de partir pour le centre de nutrition de Première Urgence Internationale, basé à Malek Miir. La mère de la petite fille commence alors à reprendre confiance. « Le centre de soins le plus proche est à trois jours de marche, au Soudan. On aurait dû passer par la frontière, la forêt et des champs où nous n’aurions pas été en sécurité, et nous n’avons pas de documents officiels, ce qui aurait compliqué notre voyage ».

Des complications à cause de la malnutrition

A son arrivée au centre, Makiya tousse beaucoup et a de la fièvre. Elle est aussitôt prise en charge par un médecin : elle ne pèse que 7 kilos 300 grammes. Le diagnostic est rapidement établi : Makiya est atteinte de malnutrition sévère et souffre de complications médicales. Elle a besoin d’un traitement urgent. Une heure et demie plus tard, la petite fille est transférée au centre de stabilisation Majak Kaar mieux équipé. Sur la piste poussiéreuse, l’état du nourrisson s’est encore aggravé. Sa peau est très pâle et les tests sanguins confirment qu’il faut réaliser une transfusion. Malheureusement, le centre n’est pas équipé pour ce type de traitement. C’est à Aweil Town, à deux heures de route de Majak Kaar où Makiya est finalement emmenée que la petite fille reçoit sa transfusion et son traitement.  Elle devra rester hospitalisée plusieurs jours.

Le rétablissement de Makiya

Quinze jours sont passés depuis le début du traitement. Dans la voiture qui la ramène chez elle avec sa mère, une femme triste est assise à côté de Makiya. Son enfant n’a pas survécu à la malnutrition malgré les soins.

Quelques semaines plus tard, Makiya mange en quantités suffisantes et a retrouvé l’appétit. Elle continuera à prendre des rations supplémentaires jusqu’à son complet rétablissement.

Quant à son père, il a décidé de s’investir dans la communauté et de promouvoir le programme de nutrition de Première Urgence Internationale. « Je suis tellement content qu’on ait pu sauver notre fille », explique-t-il en souriant.

* source ECHO

* personne chargée de faire le lien avec les populations et de détecter les cas de malnutrition

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