« Ma ville » : une expo pour découvrir Ivry-sur-Seine avec les yeux de personnes en exil


Le 18 juin prochain, Première Urgence Internationale organise une exposition à Ivry-sur-Seine qui regroupe des photographies prises par les apprenants des ateliers sociolinguistiques, organisés au Centre d’Accueil.

« J’ai pris cette photo car j’aime beaucoup les fleurs et les arbres. Les arbres me rappellent la Gambie. Ma maison en Gambie était entourée d’arbres. Cela fait 2 ans que je ne suis pas retournée dans mon pays. Le 115 m’autorise à partir un mois cet été, et c’est mon fils qui m’a pris un billet pour que je le rejoigne en Gambie.»

Ya Jai est arrivée en France il y a 24 ans suite au coup d’Etat de Yahya Jammeh, en Gambie. Toute sa famille est partie en direction de divers pays. Elle vit seule dans un foyer à Ivry-sur-Seine.

Aujourd’hui elle vient au Centre d’Accueil de Première Urgence Internationale pour apprendre le français car elle ne sait ni lire ni écrire. « Je dois toujours demander à quelqu’un de m’expliquer », affirme-t-elle.

100 412 demandes d’asile en 2017

En 2017, plus de 350 000 personnes, comme Ya Jai, ont traversé la Méditerranée pour tenter de débuter une nouvelle vie en Europe. La même année, selon l’Ofpra, la France a enregistré 100 412 demandes d’asile. Des informations chiffrées, qui nous font trop souvent oublier que, derrière ces nombres, on évoque le destin de personnes réelles, de visages que nous croisons chaque jour que ce soit dans notre quartier, chez le boulanger ou dans le bus. Nous ne sommes pas toujours conscients de ce que ces personnes ont dû endurer pour arriver jusqu’en Europe, et ce qu’elles continuent d’endurer au quotidien pour essayer de s’intégrer à une culture qui leur est inconnue.

Raconter avec leurs yeux « leur ville »

Pour cette raison, Première Urgence Internationale a décidé de donner des appareils photos à ces personnes. Elle leur a demandé de raconter avec leurs yeux « leur ville », ce qu’elles aiment ou n’aiment pas, ce qu’elles font la journée, les souvenirs de leur pays ou de leur passé, tout ce qu’elles ont encore du mal à exprimer avec des mots.

Sensibiliser l’opinion

Par le biais de cette exposition photo, Première Urgence Internationale souhaite sensibiliser l’opinion publique au destin de ces millions de migrants déracinés.

Ainsi, les photographies, réalisées et sélectionnées par les apprenants, deviennent un moyen pour eux de témoigner de leur nouvelle ville d’accueil. Cet exercice stimule leur créativité et leur permet d’exprimer la manière dont ils sont parvenus à s’approprier une ville qui leur était complètement étrangère.

Les ateliers sociolinguistiques en vidéo

L’exposition « Ma ville » représente la continuité de l’action quotidienne de Première Urgence Internationale et de ses ateliers sociolinguistiques qui ont pour but d’accompagner au maximum les personnes dans chaque étape de leur intégration.

« Voir avec les yeux »

« Cette exposition photo sera l’occasion de « voir avec les yeux » des personnes exilées, afin de mieux les connaitre, comprendre leurs difficultés au quotidien et leurs espoirs, et ainsi de mieux les aider à s’intégrer. » explique Mélina ZAJD, chargée du projet insertion sociale de Première Urgence Internationale.

« L’idée a germé l’année passée lorsque que je me suis rendue compte que mon entourage s’interrogeait sur les réelles conditions de vie des migrants en France. Néanmoins, c’était impossible d’apporter une réponse homogène car le parcours et le quotidien diffèrent en fonction de chaque personne. Le plus juste et pertinent était de laisser les migrants s’exprimer eux-mêmes car cela est propre à chaque vie et à chacun. Par ailleurs, la plupart des personnes reçues au centre ont eu un parcours migratoire très difficile. Je voulais donc les faire participer  à un projet créatif permettant de favoriser la verbalisation de leur parcours et de leur quotidien. Et ainsi avoir un support pour témoigner de la réalité vécue par les migrants au quotidien ».

  • Pour s’inscrire à l’événement cliquez ici 

 

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