Comment aider les femmes à accéder aux soins de santé en Afghanistan ?


L’Afghanistan est l’un des pays où les taux de mortalité infantile et maternelle sont les plus élevés au monde. Première Urgence Internationale intervient depuis 1979 dans le pays pour améliorer les soins de la population, notamment la santé des femmes en Afghanistan. Pour y parvenir, les projets menés doivent prendre en compte la culture locale.

La santé des femmes en Afghanistan, éviter l’exclusion

On l’appelle le mahram. C’est un homme de confiance. Il est le père, le frère ou le beau-père. Et il accompagne une ou plusieurs femmes de la famille dans l’ensemble de leurs déplacements. Sans le mahram, il est impossible pour elles de sortir du village, et même de se rendre dans un centre de santé. L’emploi du temps de ces femmes est donc intimement lié à celui de l’accompagnant. « Dans les zones dans lesquelles nous intervenons, dans le Nangarhar et le Kunar, les femmes ne sont pas les seules à décider si elles veulent sortir », explique Catherine Goudouneix, députée adjointe de la cheffe de mission en Afghanistan.  « Il y a en effet de nombreux défis liés à l’accès aux soins de santé pour les femmes dans le pays. Nous développons des projets spécifiques pour qu’elles puissent se faire soigner par des spécialistes, et non à domicile avec des soins inadaptés ».

Dans ces provinces d’Afghanistan, si une femme se présente à l’hôpital, elle sera traitée uniquement par du personnel féminin. « Les hommes médecins prennent parfois la pression des patientes mais rien de plus ».

Paravents et tentes opaques pour une intimité sans faille

Ce lundi, une clinique mobile gérée par Première Urgence Internationale, composée de médecins, d’un infirmier et d’une sage-femme, s’installe pour la journée dans un village dans le district de Kama, province de Nangarhar. Les soignants déplient la tente, les paravents et veillent, avant de débuter les consultations, qu’il n’y a aucun visibilité de l’extérieur, tout en assurant un minimum de lumière nécessaire au bon déroulé des consultations. Peu de temps après l’installation, un petit groupe de femmes se dirige vers la tente. « Nos cliniques mobiles se rendent dans les villages. En général, les femmes peuvent se déplacer dans les rues de leur village en groupe ». Un procédé qui permet de contourner le mahram. En effet, il est parfois délicat de confier certains soucis de santé à son frère ou son beau-père.

Le compteur du taxi continue de tourner

Les cliniques mobiles permettent également de contourner les obstacles financiers. Ainsi, les patients se rendent parfois jusqu’aux centres de santé en taxi. Le tarif du trajet grimpe rapidement. Lorsque le chauffeur patiente devant l’hôpital, le compteur continue de tourner. Première Urgence Internationale met actuellement en place un système de dédommagement. Il couvre les frais des transport des femmes se rendant à l’hôpital pour accoucher.

Trouver une sage-femme disponible 24h/24, mission (presque) impossible

Dans la province du Kunar, à côté de certains centres de santé, des logements sont réservés à des femmes soignantes. « Nous proposons un hébergement aux sages-femmes afin de garantir des soins 24h/24 aux patientes». En effet, le centre de santé est ouvert seulement 8h par jour. En cas d’urgence, il faut faire appel à du personnel soignant le plus vite possible. Trouver une femme soignante à toute heure de la journée et de la nuit est presque mission impossible. « Avec ce système, on peut frapper à la porte de la sage-femme à 23h en cas d’urgence ».

Un mahram pour le personnel médical féminin

Et la sage-femme doit elle-même être accompagnée d’un mahram, ce qui complique encore la situation. « Nous gonflons un peu le salaire des femmes soignantes pour dédommager le mahram qui l’accompagne toute la journée ». Le recrutement de femmes n’est pas facile. Comme le conclut Catherine en parlant de l’accès à la santé pour les femmes en Afghanistan, « il faut être créatif ».

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