[Lettre ouverte] 680 personnalités et organisations appellent Joe Biden à honorer ses engagements et à protéger les droits des Palestiniens


Le 14 juin 2021 – Dans une lettre ouverte à Joe Biden rendue publique aujourd’hui, 680 personnalités et organisations de 75 pays – dont des parlementaires, diplomates, universitaires, dignitaires religieux ou représentants de la société civile – mettent au défi le président américain d’honorer son engagement de placer « les droits humains au centre de la politique étrangère des États-Unis », en prenant des mesures pour protéger les droits des Palestiniens.

Monsieur le Président,

Nous soussignés, membres d’une coalition mondiale de la société civile, de chefs d’entreprise, d’artistes, de responsables religieux et politiques, de lauréats du prix Nobel, appelons les dirigeants américains à agir pour aider à mettre fin à la domination et à l’oppression institutionnalisées par Israël du peuple palestinien et à protéger ses droits humains fondamentaux. Une paix durable et juste – pour tous les peuples – restera insaisissable si la politique américaine s’en tient à un statu quo politique sans justice ni responsabilité.

Votre administration s’est engagée dans une politique étrangère « centrée sur la défense de la démocratie et la protection des droits humains ». Vous avez déclaré récemment : « Je crois que les Palestiniens et les Israéliens ont le même droit à vivre en sécurité et à bénéficier de mesures égales de liberté, de prospérité et de justice. » Pour les Palestiniens, le fossé entre ces déclarations et la vie au quotidien ne saurait être plus béant.

Même après un cessez-le-feu formel, la violence exercée contre les Palestiniens par la police israélienne et les colons se poursuit. La dépossession forcée de Palestiniens à travers la Cisjordanie occupée, notamment pour les familles vivant dans les quartiers Sheikh Jarrah et Silwan à Jérusalem-Est, ainsi que les actions violentes des forces israéliennes contre des manifestants pacifiques et des fidèles à la mosquée Al-Aqsa, ne sont que les dernières illustrations d’un système de gouvernance séparé et inégal. Ces politiques défont le tissu social de communautés et sapent toute avancée vers un avenir démocratique, juste et pacifique. La logique qui les anime a conduit au déplacement récent de 72 000 Palestiniens à Gaza, déjà affecté par une crise humanitaire causée par 14 ans de blocus.

À l’avenir, les États-Unis devront s’attaquer aux causes sous-jacentes de la violence que les administrations successives ont négligées. Votre administration doit exercer une pression diplomatique concertée pour aider à mettre fin aux discriminations et à l’oppression systématiques, sans cesse croissantes, et pour s’assurer que les autorités israéliennes qui violent les droits des Palestiniens rendent des comptes.

Seule la mise en œuvre déterminée d’une politique étrangère centrée sur les droits pourrait signaler aux dirigeants israéliens que les violations du droit international ne resteront plus sans réponse. Monsieur le Président, le moment est venu d’établir une nouvelle norme pour la politique étrangère américaine, qui garantisse la justice et ouvre la voie à une paix durable.

Retrouvez la liste des 680 signataires disponible ici.

Téléchargez la lettre ouverte en format PDF.

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Les signataires appellent Joe Biden à « s’attaquer aux causes sous-jacentes de la violence que les administrations successives ont négligées », notamment en :

  • aidant à « mettre fin à la domination et à l’oppression institutionnalisées par Israël du peuple palestinien » ;
  • veillant à « s’assurer que les autorités israéliennes qui violent les droits des Palestiniens rendent des comptes » ;
  • exerçant « une pression diplomatique concertée pour aider à mettre fin aux discriminations croissantes et à l’oppression systématique » du peuple palestinien ;
  • mettant fin à la politique américaine de « statu quo politique sans justice ni responsabilité ».

Les 680 signataires représentent l’une des coalitions les plus vastes et les plus diverses jamais réunies sur la question de la paix au Proche-Orient. On y trouve notamment :

  • Des organisations palestiniennes telles que Al-Haq et le Réseau des organisations non gouvernementales palestiniennes (un réseau de 120 organisations palestiniennes).
  • Des dirigeants israéliens tels que le professeur Michael Ben-Yair, ancien procureur général d’Israël et juge par intérim à la Cour suprême, Alon Liel, ancien directeur général du ministère des Affaires étrangères et Avraham Burg, ancien président de la Knesset.
  • Des dirigeants mondiaux tels que Mary Robinson, ancienne présidente de l’Irlande et ancienne haut-commissaire aux droits de l’Homme des Nations unies, les anciens secrétaires généraux adjoints de l’ONU jan Egeland et Jean-Marie Guéhenno ;
  • Des militants de renommée internationale tels que les Sud-Africains Kumi Naïdoo, Ela Gandhi et Zwelivelile Mandela, la Soudanaise Alaa Salah Ali Taha, l’universitaire américain Noam Chomsky ou le chanteur et producteur biritannique Peter Gabriel.
  • Des organisations de la société civile, notamment les organisations juives américaines IfNotNow et Jewish Voice for Peace Action, ainsi que les ONG internationales Amnesty International USA, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), Christian Aid, Médecins du Monde, la Plateforme Palestine.
  • En France, 76 personnalités ont signé l’appel, dont 13 parlementaires de droite, de gauche et du centre, l’universitaire Bertrand Badie et les journalistes Alain Gresh et Dominique Vidal.

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