Irak : Aider les populations à retrouver un accès aux services de base


Avec la fin officielle des opérations militaires en Irak, les besoins humanitaires se concentrent aujourd’hui sur des enjeux de reconstruction et de réhabilitation. Au sud-ouest du pays, le gouvernorat de l’Anbar, région rurale au milieu du désert, a vu ses villages affectés, voire même détruits durant les années de conflit. Première Urgence Internationale mène des activités multisectorielles pour soutenir les populations les plus vulnérables.

pharmacien clinique mobile dans le gouvernorat de l’Anbar

1,2 million de personnes de retour dans leurs villages

L’apaisement de la situation militaire en Irak et l’amélioration relative de la situation sécuritaire se traduisent par une possibilité de retours volontaires. Et particulièrement, dans le gouvernorat de l’Anbar. Cette région rurale du sud de l’Irak, organisée autour du fleuve Euphrate, a vu le retour de certains habitants. Depuis l’été 2015, plus de 204 000 familles, soit environ 1,2 million de personnes, ont regagné leurs villages d’origine.

Pendant les années de conflit, une grande majorité des villes et villages de l’Anbar ont subi des bombardements ou attaques armées. Nombre de maisons, écoles, centres de santé, magasins et autres infrastructures ont été détruits ou endommagés. Certains de ces bâtiments souffraient déjà, avant le conflit, d’un manque de maintenance ; d’autres ont été laissés à l’abandon pendant les périodes d’occupation de l’État Islamique.

Aujourd’hui, les besoins humanitaires dans la région de l’Anbar sont liés aux défis de la reconstruction. Reconstruire les villages, mais aussi les liens communautaires et le vivre-ensemble. Depuis l’été 2018, l’ONG mène un programme multisectoriel dans le gouvernorat de l’Anbar, avec le soutien d’USAID/OFDA(1).

Réhabiliter les maisons détruites

Près de la frontière syrienne, sur les bords de l’Euphrate, le village de Rayhana a subi une des dernières offensives de l’État Islamique en Irak en octobre 2017. Les raids aériens et attaques au sol avaient partiellement détruit le village. Aujourd’hui, la zone est relativement sécurisée. Première Urgence Internationale mène des travaux pour réhabiliter 173 maisons. Au programme : électricité, pose de matériaux isolants, mise à niveau des sols, renforcement des portes et fenêtres,…

« Réhabiliter ces maisons permet de renforcer la sécurité des populations et d’assurer leur protection, souligne Quentin Assaf, chargé de programme Irak-Syrie pour Première Urgence Internationale. Mais cela aide aussi les habitants à retrouver leur dignité, à se sentir chez eux de nouveau. Cela joue un rôle très important dans l’amélioration de leurs conditions de vie. »

Rétablir un accès à l’eau potable

Première Urgence Internationale mène également des activités dans le secteur de l’eau et l’assainissement. Notamment dans le village d’Obaidi, à une dizaine de kilomètres de la frontière syrienne (district d’Al-Ka’im). « À Obaidi, il existe deux stations principales de traitement d’eau, qui avaient été construites par le gouvernement. Elles fournissaient de l’eau potable aux habitants du village ainsi qu’à l’hôpital d’Obaidi », explique Quentin Assaf. Mais pendant les années de conflit, les installations n’ont pas été entretenues et les équipements ont été volés. Avant l’intervention de Première Urgence Internationale, l’eau était donc puisée directement dans l’Euphrate, distribuée sans traitement, et de façon très limitée.  « En résumé, l’eau distribuée n’était plus potable et les stations ont périclité. »

Il a donc fallu remettre en état les stations, pour qu’elles retrouvent leurs capacités initiales. Début 2019, Première Urgence Internationale a mené des travaux pour remplacer les conduits endommagés ; remplacer les pompes ; nettoyer et remplacer les filtres à sable ; rafraîchir l’aspect extérieur par une peinture époxy… L’ONG fournit également durant les premiers mois certains éléments (chlore, carburant, etc.) permettant le bon fonctionnement de la station afin d’alléger le poids financier supporté par la population.

Veiller au bien-être mental

Première Urgence Internationale fournit également un soutien psychosocial à la population. Cinq équipes, spécialement dédiées à la santé mentale et au soutien psychosocial, parcourent le gouvernorat de l’Anbar pour aller à la rencontre des habitants des villages.

Entre octobre 2018 et mars 2019, les équipes ont consulté 1 079 personnes dans l’ensemble de la région. Les équipes se rendent directement dans les villages pour faciliter l’accès aux services. Elles travaillent dans des lieux identifiés, en concertation avec la population locale. De manière que les patients se sentent à l’aise : écoles, mosquées, maisons individuelles, centres de santé.

Première Urgence Internationale propose des consultations psychologiques et psychosociales, individuelles ou familiales. Ainsi que des sessions de groupe, notamment pour les femmes, les enfants et les adolescents. Les équipes ont également mis en place un système permettant de rediriger les patients nécessitant des soins spécialisés vers les hôpitaux régionaux, afin d’y recevoir des soins adaptés.

 

(1) Toutes ces activités sont mises en œuvre avec le soutien de l’OFDA (Office des États-Unis pour l’aide humanitaire d’urgence).

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