Haïti : 3 mois après le passage du cyclone Matthew, les besoins restent considérables


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Communiqué de presse

Paris, le 4 janvier 2017 – Depuis le passage du cyclone Matthew le 4 octobre dernier, la population Haïtienne reste soumise à des conditions de vies difficiles avec plus de 2,5 millions de personnes dans le besoin. La Grande Anse et le Sud du pays restent les zones les plus touchées. Les organisations humanitaires présentes sur place estiment à 139 millions de dollars le coût des mesures à prendre pour répondre aux besoins urgents de la population. Aujourd’hui, seuls 57% de cette somme ont été collectés et ce manque de financement est le principal frein à une amélioration de la situation.

 Des besoins qui restent considérables

Trois mois après la catastrophe, la population éprouve toujours de grandes difficultés. Les besoins qu’elle exprime (1) concernent en priorité les moyens de subsistance, l’accès à l’eau et l’assainissement, la construction d’abris ou encore la sécurité alimentaire.

Quelques données chiffrées (2) :

  • 1,6 millions de personnes ont besoin d’une assistance en abris et produits de première nécessité
  • 806 000 personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence
  • 750 000 personnes ont besoin d’eau potable pour boire, cuisiner et assurer l’hygiène personnelle

Par ailleurs, dans certaines zones on constate une résurgence de cas de choléra accentuée par une difficulté d’accès aux soins (infrastructures détériorées, difficultés d’accès, manque de personnel soignant…). Enfin, l’éducation des enfants des communautés affectées est largement entravée à la fois par le manque de moyens financiers des familles, la perte du matériel scolaire mais aussi la difficulté d’accès (absence de transport et réquisition de nombreuses écoles pour loger la population).

« La satisfaction des besoins de base et la réponse d’urgence alimentaire sont les besoins prioritaires du terrain : les gens ont faim, soif et n’ont pas d’abris. Quasiment toutes les récoltes et les abris ont été détruits, les gens vivent entassés depuis plusieurs semaines dans des écoles ou églises qui font office d’abris collectifs avec des conditions sanitaires dramatiques accentuant la propagation de maladies, d’infections et d’épidémies. », souligne Adeline Benita, cheffe de mission en Haïti pour Première Urgence Internationale.

Un cruel manque de fonds paralysant l’aide humanitaire

Selon la Banque mondiale, les dommages causés par l’ouragan Matthew sont évalués à près de 2 milliards de dollars (3). Les organisations humanitaires quant à elles estiment à 139 millions de dollars le besoin de financement pour pouvoir apporter l’aide d’urgence dont la population a besoin, or seuls 79 millions étaient débloqués mi-décembre, plus de deux mois après la catastrophe. Très peu de bailleurs de fonds se sont positionnés sur la réponse d’urgence aux besoins de base et la réponse d’urgence alimentaire, or les besoins sont considérables.

Adeline Benita conclue « Nous avons urgemment besoin de fonds pour subvenir aux besoins immédiats des populations affectées par le passage de l’ouragan Matthew, à savoir de la reconstruction ou réhabilitation d’abris, de la nourriture, de l’assistance aux infrastructures d’eau et d’assainissement. Mais il faut également envisager la suite, accompagner les retours de la population et veiller à préserver leur santé, sécurité et dignité à travers le relèvement agricole, la réhabilitation de structures de santé et d’eau et assainissement ; puis travailler au renforcement de la résilience de la population face aux chocs. »

 Les équipes de Première Urgence Internationale mobilisées

Dès le lendemain du passage du cyclone Matthew en Haïti, les équipes de Première Urgence Internationale se sont mobilisées pour venir en aide à la population. Tout d’abord via deux cliniques mobiles qui interviennent dans les communes de Jérémie et Corail afin d’apporter un accès aux soins, puis la distribution de kits de nettoyage dans 200 abris collectifs et écoles et l’organisation de séances de sensibilisation à l’hygiène. En plus de ces actions, les équipes s’attèlent actuellement à réhabiliter un centre de santé avec une unité de traitement de choléra détruit par l’ouragan et un dépôt de chlore de la Dinepa. Elles travaillent par ailleurs à la mise en place prochaine de points de réhydratation orale (PRO) ; à la réhabilitation de 10 impluviums communaux avec points de chloration ; à la distribution de 1000 kits hygiènes avec séances de sensibilisation  et à la réhabilitation de 3 centres de traitement du choléra. Ainsi, malgré un important manque de fonds, nos équipes continuent à s’investir pour répondre aux besoins considérables de cette population qui peinait déjà à se relever du séisme de 2010.

A propos de Première Urgence Internationale

Première Urgence Internationale est une organisation non gouvernementale de solidarité internationale, à but non lucratif, apolitique et laïque, dont la vocation est de défendre les droits fondamentaux de la personne, tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Notre objectif : permettre aux populations de recouvrer durablement autonomie et dignité.

Nos équipes se mobilisent au quotidien pour couvrir les besoins fondamentaux des victimes civiles mises en péril, marginalisées ou exclues par les effets de catastrophes naturelles, de guerres et de situations d’effondrement économique. Ainsi, nous intervenons dans des domaines complémentaires tels que la santé, la sécurité alimentaire, la nutrition, la réhabilitation et la construction d’infrastructures, l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la relance économique, l’éducation et la protection. Première Urgence Internationale porte assistance à plus de 6 millions de personnes  à travers 21 pays situés en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Europe.

Plus d’informations sur : www.premiere-urgence.org

Contact presse

Sophie Odeh – sodeh@premiere-urgence.org – 01 55 66 99 66

(1) Source Internews’ Humanitarian Feedback Bulletin

(2) Selon le rapport de situation d’OCHA en date du 19 décembre 2016

(3) http://www.banquemondiale.org/fr/news/video/2016/11/10/haiti-after-hurricane-matthew-what-now

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