Dans le camp de Bardarash, Première Urgence Internationale a amélioré la qualité des services de santé mentale


Depuis décembre 2019, Première Urgence Internationale a géré, pendant neuf mois, les services de soins de santé primaires dans le camp nouvellement rouvert de Bardarash, dans la région du Kurdistan irakien. Les équipes ont assuré un suivi individuel des patients en matière de santé mentale, ainsi que la formation de médecins irakiens pour améliorer les services gratuits fournis à l’intérieur du camp.

Première Urgence Internationale intervient en santé mentale dans le camp de Bardarash

© Première Urgence Internationale | Juillet 2020

En octobre 2019, l’opération militaire turque dans le nord-est de la Syrie a entraîné des déplacements massifs de populations vers le sud et l’ouest de la Syrie, ainsi que vers l’Irak. Le gouvernement régional du Kurdistan a réactivé son plan d’urgence pour l’afflux de réfugiés syriens et la communauté humanitaire a créé des centres d’accueil aux points frontaliers susmentionnés. Après avoir hébergé les premières familles dans le camp de Domiz (gouvernorat de Dohuk) à titre de mesure temporaire, les autorités ont annoncé la réouverture du camp de Bardarash pour faire face à l’afflux élevé de réfugiés.

Première Urgence Internationale a été le premier acteur à être présent dans le camp de Bardarash en 2014, assurant une santé dite intégrée : eau, assainissement, hygiène, et accompagnement psychosocial ; jusqu’à sa fermeture en 2017. Après un transfert avec l’ONG Médecins sans Frontières, Première Urgence Internationale a repris le centre de soins de santé primaire du camp de Bardarash à partir du 1er décembre 2019.

À fin avril 2020, 21 540 personnes étaient enregistrées comme nouvellement arrivées dans la région du Kurdistan irakien. La pandémie de COVID-19, encore en cours, fait peser encore davantage de pression sur les autorités sanitaires, qui ne peuvent garantir les services de base aux populations et demandent aux ONG de continuer à soutenir les populations vulnérables des camps.

Recrutement et formation de médecins spécialistes

Pour répondre aux besoins de santé mentale des populations du camp de Bardarash, et malgré certains défis liés à la disponibilité des psychiatres, Première Urgence Internationale a pu recruter un psychiatre à temps partiel, travaillant en étroite collaboration avec les équipes santé mentale de l’ONG et notamment le coordinateur adjoint de l’équipe. Tout au long du projet, Première Urgence Internationale a également  formé un médecin généraliste, le Dr Sara, aux bases de l’assistance psychologique, pour pallier le manque de réponse aux besoins élémentaires en santé mentale, en attendant d’avoir suffisamment de spécialistes.

Le coordinateur adjoint de Première Urgence Internationale a assuré une supervision étroite du médecin : supervision clinique et formation professionnelle. Depuis, le Dr Sara est désormais en mesure d’évaluer, identifier et gérer les patients ayant des problèmes de santé mentale, ainsi que de prescrire des médicaments psychotropes, en plus d’être capable de traiter les patients malades physiquement. Les patients plus sévères restent suivis par le psychiatre externe et / ou par les équipes de l’ONG.

« Après trois mois de supervision régulière et intensive par le coordinateur adjoint de Première Urgence Internationale, le Dr Naseem, je suis désormais en mesure de traiter la plupart des cas de santé mentale. Actuellement, nous avons plus de 40 cas en suivi, gérés par moi, et six cas complexes nécessitant une consultation psychiatrique, gérés par le Dr Naseem. Chaque cas est discuté individuellement et suivi lors d’une réunion hebdomadaire. »

Dr Sara, médecin généraliste formée à la santé mentale.

Renvoi vers des structures spécialisées en cas de besoin

Pour les patients ayant besoin de conseils plus intensifs, d’investigations poussées en laboratoire ou d’hospitalisation, Première Urgence Internationale a développé un parcours de référencement fiable pour permettre à ces patients d’être référés du centre de santé primaire du camp au centre régional de santé mentale. Par conséquent, deux psychiatres, identifiés comme points focaux reçoivent des patients des établissements de Première Urgence Internationale sur une base hebdomadaire, via un service de transport mis en place gratuitement.

Première Urgence étant le principal acteur de la santé mentale dans le camp de Bardarash, d’autres partenaires orientent des patients nécessitant un bilan de santé mentale et / ou un traitement psychotrope vers les équipes de Première Urgence Internationale. L’ONG s’occupe aussi de référer ces patients dans le besoin. En termes de soutien psychosocial et de services de conseil, les patients sont principalement référés à la Fondation SEED pour des séances de soutien individuel et familial, un soutien entre pairs et des interventions de groupe. Première Urgence Internationale et la Fondation SEED entretiennent une étroite collaboration avec des réunions techniques régulières et s’informent mutuellement des dernières mises à jour sur le sujet.

« La plupart de nos patients montrent une amélioration »

Selon le Dr Lava, qui dirige le centre de soins de santé primaires du camp, « la plupart de nos patients en santé mentale réagissent bien et montrent une amélioration de leur santé mentale. J’observe également une amélioration de la qualité du service fourni et la façon dont le service est devenu plus accessible et moins stigmatisé pour les communautés qui vivent dans le camp. »

Depuis juillet 2020, Première Urgence Internationale gère désormais plus de 50 patients de manière globale, offrant une psychoéducation, des conseils psychiatriques et des médicaments psychotropes en cas de besoin.

En raison de l’impact psychologique de la pandémie de COVID-19 et compte tenu de la vulnérabilité particulière des populations du camp, davantage d’incidents liés à des idées suicidaires, y compris des tentatives de suicide, ont été observés de manière générale. Toutefois, grâce à l’approche thérapeutique globale et au suivi attentif du personnel de santé mentale de Première Urgence Internationale, aucun décès n’a été signalé parmi les patients de l’ONG.

Malgré les difficultés d’accès dues au confinement et aux restrictions d’accès imposées pour contenir le virus, le personnel de santé mentale de Première Urgence Internationale a toujours maintenu le contact avec les bénéficiaires, assurant même pendant quelque temps un suivi individuel par téléphone.

 

Ces activités ont été mises en œuvre par Première Urgence Internationale grâce au soutien financier du gouvernement français, à travers le CDCS (Centre de crise et de soutien – Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères). A partir de fin août 2020, Première Urgence Internationale remettra la gestion du camp à un autre partenaire local.

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