Ukraine : Après le Format de Normandie, l’espoir d’une réponse politique


Les chefs d’États de l’Ukraine, la France, l’Allemagne et la Russie se sont réunis à Paris lundi 9 décembre, pour essayer d’établir le chemin vers la paix dans l’est de l’Ukraine. Première Urgence Internationale et d’autres ONG réaffirment leur engagement sur les considérations humanitaires et exhortent les dirigeants à les prendre en compte.

Format de Normandie décembre 2019

Après trois ans de blocage, les dirigeants des quatre États se sont à nouveau réunis au « format de Normandie », en début de semaine à Paris. Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont rediscuté les accords de Minsk (1), dont les États membres s’étaient engagés à respecter la mise en œuvre complète.

Une situation humanitaire encore préoccupante

Même si aucun progrès n’a été fait depuis sur les questions les plus cruciales et au niveau politique, les dirigeants ont partagé des sentiments positifs au sujet de la réunion elle-même et de leur engagement à progresser. Certains des points soulevés par Première Urgence Internationale et sept autres ONG, dans leur appel aux membres du groupe à respecter le droit humanitaire, ont été évoqués lors du sommet. En revanche, selon ces dernières, les sujets ne sont pas suffisamment pris en compte, tant la situation humanitaire reste préoccupante dans le Donbass.

« Plus de six années de conflit ont déjà coûté la vie à plus de 3 300 civils », rappellent les organisations humanitaires dans leur communiqué. La situation socio-économique, qui se dégrade des deux côtés de la ligne de contact. Elle met à l’épreuve la capacité de la population à s’en sortir. On estime aujourd’hui que 5,2 millions de personnes sont touchées de diverses manières par les combats en cours, par la séparation, et par les difficultés administratives qui en découlent.

« De la part des acteurs humanitaires, il y a un accord sur ces messages. On espère que la répétition de ce message fera écho et sensibilisera les leaders, afin qu’ils prennent en considération ces problématiques importantes », affirme Brieuc Le Merle, chef de la mission Ukraine pour Première Urgence Internationale.

Quatre problématiques humanitaires prioritaires

  • Points de passage :

Depuis le début du conflit, les habitants de la région du Donbass sont séparés par une ligne de front de près de 500 km. Plus d’un million de passages sont enregistrés chaque mois sur la ligne de contact. Le Groupe de contact trilatéral sur l’Ukraine se mettra d’accord pour ouvrir de nouveaux points de passage sur la base de critères humanitaires dans les 30 jours.

  • Accès humanitaire amélioré :

Lors de la conférence de presse, le président Poutine a évoqué des discussions sur les grands projets humanitaires pour les personnes qui vivent dans les zones non contrôlées par le gouvernement. Ainsi que des dispositions nécessaires pour améliorer leur vie.

  • Protection des civiles et des infrastructures :

Enfin, un accord a été validé pour poursuivre les efforts de déminage. Cela se traduit par l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de déminage mis à jour sur la base de sur la décision du Groupe de contact trilatéral relative aux activités de déminage, en date du 3 mars 2016.

  • La fin des hostilités :

Les chefs d’État ont affirmé leur réengagement à appliquer pleinement et intégralement le régime de cessez-le-feu. Avec la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires pour maintenir le régime d’ici la fin 2019. Un accord a été validé pour travailler sur trois nouveaux points de retrait des troupes, visant à des retraits complets d’ici fin mars 2020.

Les conclusions du sommet, vues par les ONG

« Ce sommet est une étape importante pour relancer les négociations politiques autour de la résolution du conflit en Ukraine », félicite Amal Huart, Responsable géographique Asie et Europe chez Première Urgence Internationale.

« Les ONG avaient plusieurs attentes, notamment un engagement plus ferme sur le cessez-le feu et sur l’accès humanitaire aux zones les plus vulnérables situées le long de la ligne de contact. L’annonce de l’augmentation du nombre de points de passage est en soi positive. En effet, cela permettra aux populations qui traversent la zone de conflit de réduire le temps passé aux check-points. Cependant, cette mesure doit être accompagnée de moyens permettant l’accès à des services de premiers secours et d’hygiène, ainsi qu’une protection des civils de manière effective. Rappelons qu’une majeure partie des civils sont des personnes âgées nécessitant de traverser le territoire pour toucher leur pension de retraite de façon régulière.

Les quatre chefs d’État doivent se réunir de nouveau dans quatre mois. L’objectif est de mesurer l’avancement des décisions prises lors de ce sommet. Ainsi, en tant qu’ONG, nous demandons à ce que les questions humanitaires fassent partie des priorités de ces négociations. »

 

(1) Protocole de Minsk du 5 septembre 2014. Mémorandum de Minsk du 19 septembre 2014 et Ensemble de mesures de Minsk du 12 février 2015.

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