République démocratique du Congo (RDC) : Prévenir et limiter les impacts des violences sexuelles


Dans un pays marqué par des décennies de conflits entre armée régulière et groupes rebelles, les violences sexuelles commises en toute impunité restent très répandues. Brigitte Tonon, référente santé de Première Urgence Internationale pour l’Afrique, revient sur cette problématique à laquelle nos équipes sont souvent confrontées.

Comment expliquer ce phénomène en RDC ? Quelle est son ampleur ?

À l’origine utilisées comme armes de guerre pour affaiblir les populations, les violences sexuelles sont particulièrement fréquentes dans les provinces de l’est de la RDC. Elles se sont aujourd’hui banalisées et constituent une véritable menace sanitaire et sociale. Nous avons récemment été confrontés à un incident de grande ampleur, survenu dans la province du Katanga au début de l’été. Une dizaine de femmes ont été enlevées et détenues pendant plusieurs semaines, au cours desquelles elles ont subi des viols à répétition. Lorsque nous les avons retrouvées, elles étaient extrêmement fragilisées, aussi bien physiquement que psychologiquement.

Comment Première Urgence Internationale leur est-elle venue en aide ?

Nos équipes médicales sur place leur ont prodigué des soins, puis ont assuré le dépistage et le traitement des maladies infectieuses et sexuellement transmissibles détectées. Nous leur avons également apporté un soutien psychologique et social. En effet, les victimes de violences sexuelles souffrent fréquemment de séquelles psychologiques et peuvent éprouver des difficultés à se réinsérer dans leur communauté. Notre personnel a donc rendu visite aux victimes et à leurs familles, et leur a apporté une aide financière afin de les soutenir dans cette rude épreuve.

Quelles sont les actions envisagées pour améliorer la réponse de Première Urgence Internationale face à ce type d’événement ?

L’identification et la prise en charge de ces femmes a été possible grâce à un dispositif plus large mis en place par Première Urgence Internationale au Katanga. Dans cette province, nous renforçons le système de santé local et dispensons des soins de santé gratuits. Nous avons également mis en place des cliniques mobiles capables de suivre les personnes obligées de se déplacer en raison des affrontements. Par ailleurs, la Direction générale de l’aide humanitaire européenne (ECHO), qui finance ce programme de santé, a laissé à Première Urgence Internationale la liberté de l’adapter. Ensemble, nous allons donc développer un volet de sensibilisation communautaire et créer des comités de secours afin de prévenir les violences sexuelles et de limiter leurs impacts.

Comment sont utilisés vos dons ?

StatsChaque année, Première Urgence Internationale affecte l’essentiel de ses ressources aux programmes qu’elle déploie sur ses différents terrains d’intervention et seulement 0,5% à la recherche de fonds. Vos dons sont essentiels.

Reprendre en main son destin !

Vos dons sont les garants de notre liberté d’action. Ils nous permettent de venir en aide aux populations affectées par des crises oubliées qui ne retiennent l’attention ni des médias, ni des bailleurs de fonds institutionnels. Les sommes collectées constituent ainsi les fonds propres de l’association, lui donnant une autonomie d’action et une réactivité accrue.
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