République Centrafricaine : Réponse aux besoins urgents des enfants malnutris


La République Centrafricaine a subi de multiples crises politiques et sécuritaires depuis 2013, ce qui impacte défavorablement l’accès des populations aux services de base, notamment en ce qui concerne les services de santé, déjà fragiles et dysfonctionnels avant la crise. En 2021, plus de la moitié des habitants du pays, soit 2,8 millions de personnes, étaient dans le besoin d’assistance humanitaire en santé, soit 8% de plus qu’en 2020.

Un infirmier mesure le périmètre brachial d’un enfant, qui permet de détecter la malnutrition. |  © Gwenn Dubourthoumieu

La situation nutritionnelle est très préoccupante en République centrafricaine.

205 642 enfants y sont en besoin de traitement urgent contre la malnutrition aiguë globale. 62 327 enfants de 6 à 59 mois souffrent de malnutrition aiguë sévère (MAS) et risquent de mourir sans traitement immédiat[1].

En réponse, Première Urgence Internationale, en partenariat avec la Croix Rouge Française (CRF) et Action Contre la Faim (ACF), mène un projet d’appui au système de santé et d’assistance médico-nutritionnelle dans la ville de Bangui, la capitale du pays, depuis le mois de juillet 2018. Ces acteurs se sont coordonnés pour intervenir dans 14 centres de santé de la capitale, où les enfants malnutris peuvent être pris en charge.

DES SOINS GRATUITS POUR LES ENFANTS MALNUTRIS

Mais la lutte contre la malnutrition passe aussi par l’information en amont des populations. Les relais communautaires, des personnes identifiées par Première Urgence Internationale , ACF et la CRF, au sein de leurs quartiers, assurent sur place le dépistage et la sensibilisation à l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, notamment auprès des jeunes mères.

Lorsque des cas de malnutrition sont détectés, les enfants concernés sont amenés au centre de santé le plus proche, où des examens plus complets sont effectués. Le personnel de santé prend en charge directement les enfants en situation de malnutrition sans complication. Ils reçoivent notamment des « plumpy nuts », une pâte très énergétique à base de cacahuète, à consommer régulièrement. Un suivi est ensuite effectué afin de constater l’évolution du poids des enfants et éviter les abandons du programme.

Un enfant souffrant de malnutrition mange un « plumpy nut » reçu dans le centre de santé | © Gwenn Dubourthoumieu

Les enfants présentant une situation de malnutrition aiguë sévère avec complications sont eux référés vers les Unités Nutritionnelles Thérapeutiques (UNT); des structures de soin spécialisées disposant de capacités plus poussées, qui les prendront en charge. Finalement, l’aide nutritionnelle sera complétée par un soutien psychosocial pour l’enfant et son accompagnant, afin d’explorer les causes potentielles de la malnutrition, qui peuvent être très diverses.

L’ensemble des soins dispensés dans les centres soutenus par Première Urgence Internationale, la Croix Rouge Française et Action Contre la Faim sont à destination de tous les enfants souffrant de malnutrition et leur accompagnement est entièrement gratuit.

Investir dans le système de santé

Afin d’assurer dans le futur la poursuite des soins aux enfants, les centres de santé ciblés sont équipés de matériels; et le personnel de santé est formé à la prise en charge de leurs patients.

Un appui technique, financier et en matériel se fait pour les relais communautaires. Un suivi régulier et des visites de supervision ont lieu afin d’assurer la mise en pratique des formations théoriques. Le consortium des trois ONG appuie aussi les centres de santé dans la commande, le transport; et le stockage des intrants nutritionnels.

 

Dans le cadre du dépistage de la malnutrition, la pesée d’un enfant au centre de santé | © Gwenn Dubourthoumieu

En un an, on a dépisté 116 739 enfants pour malnutrition. On a également pris 3469 enfants en charge pour une malnutrition aiguë sévère; et 351 enfants référés à l’hôpital car présentant des complications. 4326 parents et accompagnants, avec leurs enfants, ont bénéficié d’une prise en charge psychosociale.

Ce projet a été mis en place grâce au soutien du fonds Bêkou.

[1] Humanitarian Needs Overview, Central African Republic, 2021


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