A Bangui, les maisons comme gage de sécurité


A Bangui en Centrafrique, Première Urgence Internationale soutient les populations qui reviennent dans les quartiers PK5 de Bangui qu’elles avaient fui. Les équipes construisent des abris pour aider les personnes à se réinstaller.

Augustine pose devant sa maison dans le PK5

Le quartier PK5 de Bangui, une crise humanitaire toujours présente

PK5 de Bangui (point kilométrique 5)  est une zone située au nord-ouest du 3e arrondissement. Elle rassemble plusieurs quartiers caractérisés par leur mixité religieuse. Détruits, en grande partie, pendant la crise qui a éclaté en 2013, ces quartiers constituaient une zone d’affrontements où de nombreuses exactions ont été commises à l’encontre des civils.

Depuis le début de l’année 2017, de nombreuses personnes déplacées retournent s’installer dans leurs quartiers d’origine, comme dans la zone PK5 de Bangui, malgré un contexte sécuritaire particulièrement volatile et une crise humanitaire toujours présente. Ces mouvements de population exacerbent des besoins humanitaires déjà importants, notamment dans les domaines suivants :

  • logement
  • eau, assainissement et hygiène
  • éducation
  • électricité
  • activités de relance économique

Utiliser l’eau des canaux où s’accumulent terre et déchets

Les quartiers situés autour de PK5 de Bangui sont pour la plupart extrêmement isolés et historiquement peu intégrés dans les politiques de la ville. Par exemple, la SODECA, agence de l’eau centrafricaine, n’intervient pas dans cette zone. Les habitants sont  alors poussés à consommer l’eau à même les canaux dans lesquels s’accumulent terre et déchets. Ils l’utilisent pour boire, cuisiner ou se laver. Les puits sont inutilisables depuis la crise de 2013.

Aider au retour des populations

Première Urgence Internationale a commencé son intervention dans ces quartiers de retour en RCA à partir de 2014. Dans le quartier de Boulata, pendant 3 ans, les équipes ont mené des activités de reconstruction d’abris pour les retournés et les populations restées dans le quartier pendant la crise. Ces activités se sont accompagnées d’un travail d’assainissement du quartier dans le 3ème arrondissement. Des méthodes de soutien à des activités génératrices de revenus ont été mises en place. L’objectif : redynamiser les quartiers et permettre le retour des populations déplacées.

Première Urgence Internationale soutient aujourd’hui les quartiers de PK5 de Bangui notamment par la reconstruction de 1 100 abris dans les quartiers de Kokoro. Les abris, construits par les équipes, sont de taille modeste : 18m² pour loger des familles de 5 à 7 personnes en moyenne. Mais ils permettent aux déplacés de revenir vivre dans le quartier. Ils ont aussi l’avantage de sécuriser et redynamiser la zone. Les abris sont un appui direct aux populations qui par la suite, pourront agrandir leurs maisons. Comme explique Hamidou, « la maison nous a beaucoup protégés du soleil, de la pluie, du vent, des moustiques et des maladies ».

Hamidou pose devant le mur de sa maison dans la zone PK5 de Bangui

Hamidou a vécu 4 ans sous une tente

Hamidou, 43 ans, est marié et père de 4 enfants. Le 5 décembre 2013, alors que les combats explosent à Bangui, il quitte le quartier de Boulata. Ils se réfugie avec sa femme et ses enfants autour de la mosquée centrale de PK5 de Bangui où un camp de déplacés se forme de manière spontanée. Après quatre ans de « cauchemar » et de vie sous une tente, Première Urgence Internationale lui donne l’occasion de revenir s’installer dans son quartier, grâce au projet de reconstruction financé par le Centre de Crise et de Soutien du Ministère des Affaires Etrangères français.

Particulièrement actif aujourd’hui dans le quartier, il vit de petits boulots effectués sur le marché de PK5 de Bangui, bien loin de l’entreprise de stockage et de dépôts qu’il possédait avec son frère avant la crise.

Tout comme Hamidou, Augustine a aussi pu bénéficier de ce projet de reconstruction. Elle a 50 ans et est aujourd’hui veuve et mère de 7 enfants. Comme l’abri ne pouvait pas tous les accueillir, elle a installé, à côté de sa maison, une tente.

L’abri, tel qu’il est envisagé au sein des projets menés par Première Urgence Internationale dans l’ensemble des quartiers Kokoro, constituera ensuite le cœur de la maison. En effet, une construction standard est proposée aux bénéficiaires. Ils pourront ensuite réaliser des agrandissements lorsqu’ils auront les ressources nécessaires.

Résidente du quartier de Boulata depuis son enfance, Augustine a quitté la zone en décembre 2013 pour s’installer sur le site de M’Poko.Elle a connu là-bas pour la première fois Première Urgence Internationale qui était à l’époque gestionnaire du site de déplacés. Là-bas, elle avait pu bénéficier d’un projet de Première Urgence Internationale qui lui avait assuré une petite source de revenus.

Augustine : « la construction des maisons a apporté la sécurité »

À la fin de l’année 2016, elle quitte le camp, avec sa famille. Mais elle ne recevra jamais l’argent qui lui avait été promis par le gouvernement centrafricain en échange de son départ. En effet, lors de l’évacuation du camp de M’Poko, le gouvernement avait promis une petite enveloppe à chacune des personnes enregistrées comme résidant sur le camp. Cependant, nombreuses sont celles qui n’ont pu en en bénéficier, comme Augustine. Les raisons : des problèmes d’enregistrement et de recensement.

Première Urgence Internationale lui permet, au début de l’année 2017, d’offrir un toit à sa famille. Aujourd’hui, Augustine vit de la vente de vin de palme. Elle va chercher le produit à 55km de Bangui en taxi-moto et elle le revend sur le marché de PK5 de Bangui. Comme Hamidou, elle confirme que « la construction des maisons a apporté la sécurité ». Malgré cela, les besoins sont encore énormes, que ce soit en accès à l’eau ou en éducation et en formations pour les jeunes.

« Nous sommes dans la crise et le monde entier doit penser avec nous et nous aider, surtout nos enfants. Ils sont la vie ».

Une maison détruite dans la zone PK5 de Bangui

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