La prise en compte de l’impact environnemental de nos actions humanitaires


L’aide humanitaire se déploie aujourd’hui sur une planète victime d’un phénomène à présent connu de tous : le changement climatique. C’est pourquoi Première Urgence Internationale est directement touchée par ces nouveaux enjeux environnementaux et climatiques.

Cameroun, © Philippe Ramboasolo I Première Urgence Internationale

Émissions de gaz à effet de serre, dégradation de l’environnement, pollution, perturbation des écosystèmes locaux : autant d’impacts qu’une ONG se doit à présent d’intégrer dans sa stratégie et ses actions afin de les comprendre et de les maîtriser. C’est pour répondre à cette menace de plus en plus présente qu’un groupe de travail a été créé au sein de notre association pour prendre à bras le corps la question du changement climatique.

LA CRÉATION D’UNE STRATÉGIE ADAPTÉE

Première Urgence Internationale se mobilise depuis 2019 sur la question, qui est devenue à présent l’un des objectifs de notre stratégie. Le groupe de travail a vu le jour au cours de l’année 2020 et s’est constitué en quatre thématiques, chacune étant dédiée à un axe de travail majeur :

  • La définition des politiques environnementales de Première Urgence Internationale.
  • La réduction de l’impact environnemental et de l’empreinte carbone dans le fonctionnement de l’association.
  • La réduction de l’impact environnemental au sein des projets de l’organisation et l’adaptation de nos activités opérationnelles au dérèglement climatique.
  • La sensibilisation et la communication sur les mesures prises et les pratiques adoptées, ainsi que sur l’importance des liens entre l’environnement et le secteur de l’humanitaire.

LA RÉDUCTION DE L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL

Première Urgence Internationale s’est engagée dans la réduction de son impact environnemental et notamment de son bilan carbone au siège comme sur le terrain.

Bilan et Empreinte Carbone

Actuellement, nous réalisons le bilan de notre empreinte carbone sur l’ensemble de nos missions et au siège de l’ONG, il nous permettra de créer une feuille de route à partir de 2023 jusqu’en 2030 pour identifier la mise en place des actions de réduction de notre empreinte carbone et faire le suivi de ces actions, conformément avec l’Accord de Paris sur le climat (COP21) ainsi que de futures exigences bailleurs.

Début 2021, le consortium inter-ONG CHANGE a été créé afin de répondre à cette problématique. La première étape de cette mutualisation a été de recenser les données actuelles de tous les départements de notre siège et du terrain afin de les analyser à travers le prisme du bilan carbone. Cette analyse comprend par exemple les émissions de gaz à effet de serre (GES) des transports, des achats alimentaires ou encore de la gestion des déchets. Cette consultance du bilan et de l’empreinte carbone permet aujourd’hui d’obtenir la définition d’un périmètre de quantification et de réduction entre les ONG du consortium, ainsi que l’identification d’outil de quantification des émissions de GES.

Sustain4

Notre organisation a aussi sollicité la société de consultance Sustain4 dès 2020 afin d’améliorer la gestion de nos ressources (énergies, eau, déchets et transports) à travers des analyses de nos relevés de consommation sur une durée de 12 mois. Cette analyse du bilan carbone concerne actuellement le siège ainsi que quatre missions : le Yémen, le Nigeria, le Mali et la République centrafricaine. L’objectif ici est de repérer les postes les plus énergivores et d’établir un rapport sur les activités à modifier afin de réduire notre empreinte carbone.

ReNewGies

Première Urgence Internationale a signé très récemment, en février 2022, un accord de partenariat avec l’association française ReNewGies, un organisme qui œuvre pour l’accès à une énergie durable et efficiente. L’objectif de cette nouvelle collaboration est de promouvoir et de soutenir l’intégration d’énergies renouvelables, essentiellement grâce à du photovoltaïque, au sein du siège et des missions sur le terrain. Par exemple, le remplacement de groupes électrogènes, consommateurs de carburant, par des panneaux solaires permettrait d’évoluer d’une énergie carbonée à une énergie non carbonée.

Cet accord permet de sensibiliser et de former nos équipes sur l’énergie photovoltaïque. Quatre jours de formation ont eu lieu pendant le mois de mars pour les équipes travaillant en Syrie, en Palestine, en Afghanistan et au Liban. En tout, ce sont 14 personnes qui ont pu acquérir ces nouvelles connaissances afin de les mettre en pratique sur le terrain. Ce partenariat apporte aussi un support à l’organisation dans le dimensionnement de projets photovoltaïques ainsi qu’une sensibilisation à la sobriété énergétique, une démarche qui vise à réduire les consommations d’énergie par des changements de comportement, de mode de vie et d’organisation collective.

L’objectif est de former l’ensemble des équipes logistiques ainsi que les équipes opérationnelles présentes sur le terrain, notamment dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, et d’apporter un soutien pour sortir progressivement des énergies fossiles.

La révision des politiques d’achats

Un autre travail mis en place cette année par un groupe inter-ONG dont fait partie Première Urgence Internationale est l’intégration de critères environnementaux dans les politiques d’achat de l’organisation. Chaque achat devra être raisonné et nécessitera une prise en compte du contexte local/régional/national, par exemple : quel est le minimum de déchets produits par tel objet ? Quelle est sa consommation en eau et en plastiques ? Quelle est la distance parcourue par cet objet ? Une partie de ces critères environnementaux sont déjà pris en compte dans le cadre des projets menés avec Sustain4 et ReNewGies et permettront de répondre aux futures obligations de notre stratégie environnementale en lien avec nos bailleurs de fonds.

La signature électronique

L’équipe logistique de Première Urgence Internationale a aussi mené un nouveau projet en lien avec la réduction de l’empreinte carbone de l’organisation : la mise en place de la signature électronique. Première étape vers l’archivage et le tout-numérique, cette transition permet de diminuer la quantité de papier utilisée en évitant notamment d’imprimer des dossiers. Mise en place depuis un an, cette dématérialisation a évité à l’organisation de produire 270 kg de déchets, l’équivalent de 3 906 kg de carbone ou de 40 895 litres d’eau.

impact environnemental de nos actions humanitaires

Myanmar © Didier Morellet I Première Urgence Internationale

UNE ADAPTATION SUR LE TERRAIN : LE NEAT+

Les opérations menées par Première Urgence Internationale sur le terrain ne font pas exception à ce nouveau plan d’action environnemental. L’organisation a aujourd’hui adopté un nouvel outil : le NEAT+.

Le NEAT+ (Nexus Environmental Assessment Tool) est « un outil d’analyse environnementale à l’échelle d’un projet et adapté aux contextes humanitaires »[1] mis en place notamment par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP) et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (UNOCHA). Il « combine les données environnementales avec des questions spécifiques au site et à l’activité pour analyser automatiquement la situation et signaler les risques environnementaux prioritaires »[2].

L’objectif de Première Urgence Internationale est d’adapter nos programmes opérationnels à la prise en compte des enjeux environnementaux et de réduire leurs émissions de GES grâce à l’utilisation de cet outil. Le NEAT+ est aujourd’hui opérationnel sur 3 missions : le Cameroun, la Palestine et la République centrafricaine, et en cours de déploiement en Afghanistan et au Liban. Déployé à l’origine sur la base d’un projet, de futures évaluations permettront à l’association de tirer des recommandations et d’étendre cet outil à l’échelle du pays.

SENSIBILISATION & COMMUNICATION

La création d’une signalétique

Un projet de signalétique à destination du siège de Première Urgence Internationale et de ses missions est en cours d’élaboration. L’objectif est de sensibiliser tous les salariés sur leur impact environnemental à travers l’instauration de gestes du quotidien. Cette signalétique se présentera sous la forme d’indications (par exemple le fait de limiter les impressions papier) ou à travers des informations collectées par la société Sustain4. Elle sera notamment traduite afin d’être appliquée au sein de toutes nos missions.

[1] L’outil NEAT+, factsheet (2018) : https://www.eecentre.org/wp-content/uploads/2018/12/factsheet_NEAT_french.pdf

[2] Ibid.

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