« J’ai enseigné de nouvelles valeurs à mes enfants »


Alors que la crise syrienne  est entrée dans sa septième année, la situation des populations syriennes réfugiées dans les pays voisins demeure critique. Au Liban, les familles ont épuisé leurs ressources et souffrent d’un accès limité aux soins et aux services de base. Première Urgence Internationale intervient dans le Akkar et vient en aide aux Syriens réfugiés en améliorant leurs conditions de scolarisation et en proposant un suivi psychosocial aux enfants et aux parents. Amena*, mère de trois enfants, raconte son histoire. 

une réfugié syrienne avec ses trois enfants

Amena est mère de trois enfants : Zeinah, Haya et Miran*. Ils sont tous trois inscrits à l’école publique de Cheikh Zanad, un petit village situé dans une zone rurale pauvre du Akkar, au nord du Liban.

« Avant que Première Urgence Internationale  ne commence à intervenir dans l’école, le directeur et les enseignants m’ont dit que mes enfants n’obéissaient pas, qu’ils n’étaient pas actifs en classe et qu’ils se distrayaient facilement. Leurs notes ne s’amélioraient pas et je n’étais pas satisfaite de leur comportement. A la maison, j’étais très dure avec mes enfants pour les discipliner, même si je n’en suis pas fière. Je ne laissais pas sortir mes filles. J’avais peur parce que nous entendions beaucoup d’histoires sur le viol. Ici, dans le Akkar, les jeunes filles ne vont pas longtemps à l’école et restent souvent à la maison. Mais un jour, j’ai rencontré Tamam, de l’équipe Protection de Première Urgence Internationale et nous avons discuté de mes problèmes. Elle m’a dit que je pouvais résoudre beaucoup de choses par le dialogue. Au début, je n’y ai pas cru. »

Apporter un soutien psychosocial aux réfugiés

 » Lorsque les séances de soutien psychosocial nous ont été proposées à l’école de Cheikh Zeinad, je me suis rendue aux séances de sensibilisation pour parents d’élèves organisées chaque semaine par l’équipe protection de l’ONG. Mes enfants participaient également aux séances de soutien psychosocial pour enfants ainsi qu’aux activités récréatives mises en place à l’école par Première Urgence Internationale. J’ai commencé à transmettre les informations et appliquer les recommandations que j’avais apprises pendant les séances à mes enfants et à discuter avec eux à la maison, à mieux les comprendre. J’ai complètement changé de comportement et j’ai remarqué que mes enfants aussi avaient changé. » 

Des résultats concrets sur les enfants

«   Maintenant, grâce aux séances, j’ai appris que les filles étaient égales aux garçons. Une fille peut être policière, elle peut être ingénieure, elle peut être tout ce qu’elle veut et elle peut même faire mieux que les garçons. J’ai enseigné de nouvelles valeurs à mes enfants et ils ont pris conscience de l’importance de l’éducation. Aujourd’hui, ils viennent me voir chaque jour avant d’aller se coucher en disant « Maman, nous devons te parler de notre journée ». »  Grâce au groupe de discussion organisé par Première Urgence Internationale, Amena voit maintenant l’éducation d’un œil différent et met toute son énergie pour encourager ses enfants à progresser à l’école. Elle a commencé à être plus impliquée dans leur vie, un élément clé au bien-être psychosocial de ses enfants. « J’ai conseillé à toutes les femmes de Cheik Zanad de suivre les sessions de soutien psychosocial car  mes enfants sont passés de l’échec scolaire à la réussite scolaire en étant désormais parmi les meilleures élèves de l’école « .

Depuis le déclenchement de la crise syrienne en avril 2011,  Première Urgence Internationale a développé une réponse à la crise des réfugiés au Liban. L’ONG met actuellement en œuvre des activités pour améliorer les infrastructures publiques obsolètes et de services de santé de mauvaise qualité dans le Akkar, région particulièrement affectée en raison de sa proximité avec la frontière syrienne.

 

En décembre 2016, 252 369 réfugiés syriens vivaient dans le Liban Nord (source : UNHCR).

Ce projet bénéficie du soutien de l’Agence Française de Développement (AFD).

 

* les prénoms ont été modifiés

Comment sont utilisés vos dons ?

StatsChaque année, Première Urgence Internationale affecte l’essentiel de ses ressources aux programmes qu’elle déploie sur ses différents terrains d’intervention et seulement 0,5% à la recherche de fonds. Vos dons sont essentiels.

Reprendre en main son destin !

Vos dons sont les garants de notre liberté d’action. Ils nous permettent de venir en aide aux populations affectées par des crises oubliées qui ne retiennent l’attention ni des médias, ni des bailleurs de fonds institutionnels. Les sommes collectées constituent ainsi les fonds propres de l’association, lui donnant une autonomie d’action et une réactivité accrue.
Faire un don