Ebola : Première Urgence Internationale ré-ouvre sa base de Goma (RDC)


En février 2019, en réponse à la propagation d’une épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) dans la province du Nord Kivu, Première Urgence Internationale a décidé de ré-ouvrir une base à Goma pour préparer l’arrivée de l’équipe de riposte. Notre éclairage avec Céline Morin, Chargée des urgences chez Première Urgence Internationale, de retour après un mois sur place.

Le seuil épidémique dépassé pour la dixième fois en RDC : la riposte s’organise sur Goma

Depuis août 2018 et l’annonce de la nouvelle épidémie à virus Ebola, qui sévit dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), plus de mille cas de contamination – confirmés et probables – ont été reportés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le ministère de la Santé Congolais, dont 629 décès (1).

Goma, ville de plus d’un million d’habitants et chef-lieu du Nord Kivu, reste à ce jour encore épargnée par le virus. Au regard des risques, les autorités sanitaires nationales et onusiennes ont déclaré la ville « zone de riposte Ebola ». La sonnette d’alarme sanitaire est désormais tirée. Dans ce cadre, nous opérationnalisons un projet de prévention et de riposte soutenu par l’Office of Foreign Disaster Assistance.

Un prospectus de prévention diffusé par les autorités sanitaires

« Il y a urgence ! Si l’épidémie atteint la ville de Goma, le nombre de victimes pourrait grimper très rapidement. Il est primordial de préparer les structures sanitaires et de former les personnels de santé. » explique Céline Morin. Aucun cas confirmé n’y a été détecté jusqu’à présent mais les autorités font état de nombreuses alertes. Le virus présente en effet des symptômes similaires à ceux d’autres épidémies frappant la région, tels que le choléra et le paludisme. La population est très inquiète.

Rappelons qu’aucun traitement curatif n’est encore pleinement efficace. Heureusement, les autorités sanitaires ont lancé dès le début de l’épidémie une campagne de vaccination des populations à haut risque dans la province du Nord-Kivu. Les vaccins sont un outil important dans la lutte contre la maladie à virus Ebola. « Les personnels soignants qui interviennent ont été parmi les premiers à les recevoir. Puis tous les travailleurs de première ligne, les contacts des malades détectés ainsi que les contacts des contacts. »

En parallèle, casser la chaîne de transmission de la maladie et limiter sa propagation est essentiel. Il est donc nécessaire de créer un cordon sanitaire autour de Goma, notamment dans les zones de Nyiragongo et Karisimbi.

Comment se déroule l’ouverture d’une base ?

Céline Morin s’est rendue à Goma pour préparer l’ouverture de la base chargée du projet de riposte que nous portons.

« Ce projet sera mis en œuvre par une équipe de soixante personnes, dont seulement cinq expatriés. En raison d’un chômage endémique à Goma, la demande d’emploi est très forte. Nous avons ainsi reçu plus de sept cents candidatures en seulement deux semaines. »

Outre le recrutement, des besoins logistiques sont à combler : trouver un lieu de vie, des bureaux, des espaces de stockage ou encore des véhicules. Enfin, il est primordial de renouer des liens avec les autorités locales et d’intégrer les dispositifs de coordination reliant les acteurs humanitaires aux autorités sanitaires. Ces mécanismes facilitent l’échange d’informations, l’évaluation des besoins et le partage d’expériences.

Prévention et contrôle des infections MVE : le renforcement d’une vingtaine de structures sanitaires

Notre projet à Goma s’inscrit dans le cadre de la riposte défini par l’OMS et le ministère de la Santé. Il recouvre deux aspects. D’une part, nous allons soutenir une vingtaine de structures sanitaires en matière de prévention et de contrôle des infections (PCI). De l’autre, il s’agit de renforcer la capacité de riposte des communautés.

Au niveau des structures de santé, cela se traduit par des actions de formation du personnel, dotation en équipements adaptés, kits PCI, diffusion des protocoles sanitaires, aménagement des espaces de triage et des salles d’isolement des cas suspects.

L’implication des communautés dans la riposte : un enjeu majeur pour les acteurs de santé

Le volet communautaire est quant à lui placé au cœur de la réussite de ce projet. Il se concrétise notamment par l’élaboration de stratégies de sensibilisation, la mise en place de campagnes de prévention et la diffusion des bonnes pratiques à adopter au sein de la population via des « relais communautaires » issus de différents groupes sociaux locaux. Outre cette dimension de sensibilisation, l’objectif est également de rassurer les bénéficiaires au sujet de l’action de l’ONG.

« La prise en charge des cas confirmés d’Ebola peut effrayer si l’on n’informe pas suffisamment les populations des zones d’intervention. L’incompréhension entre populations locales et acteurs humanitaires peut parfois conduire à une certaine défiance des premières envers les seconds. Il est donc impératif d’adopter une approche pédagogique et explicative », détaille Céline Morin.

Cela implique d’interagir avec les différents acteurs et groupes sociaux afin de comprendre – et ne pas brusquer – les dynamiques locales. En somme, il s’agit pour l’ONG de faire en sorte que les bénéficiaires acceptent et perçoivent positivement son travail. C’est tout l’enjeu de la notion d’acceptance.

Première Urgence Internationale compte dix-sept années de présence dans la région. Nos équipes ont développé des liens de confiance avec la population locale. « Les gens nous connaissent et perçoivent d’un bon œil notre retour dans cette région du Nord Kivu », précise Céline Morin.

Pour en savoir plus sur la maladie à virus Ebola, regardez notre vidéo explicative.

(1) Chiffres OMS / min. Santé du 24/03/2019

 

 

Comment sont utilisés vos dons ?

StatsChaque année, Première Urgence Internationale affecte l’essentiel de ses ressources aux programmes qu’elle déploie sur ses différents terrains d’intervention et seulement 0,5% à la recherche de fonds. Vos dons sont essentiels.

Reprendre en main son destin !

Vos dons sont les garants de notre liberté d’action. Ils nous permettent de venir en aide aux populations affectées par des crises oubliées qui ne retiennent l’attention ni des médias, ni des bailleurs de fonds institutionnels. Les sommes collectées constituent ainsi les fonds propres de l’association, lui donnant une autonomie d’action et une réactivité accrue.
Faire un don