Eau et assainissement : « S’adapter aux contextes pour être efficaces »


Dans toutes les missions humanitaires, l’eau, l’hygiène et l’assainissement sont des enjeux essentiels pour les populations. Ce qu’on appelle communément la WASH(*) est un domaine d’intervention crucial, dans les situations d’urgence comme dans les contextes de reconstruction et de développement.  Timothée Le Guellec, référent WASH pour Première Urgence Internationale, en explique les principaux enjeux.  

Eau et assainissement au Bangladesh

Des enfants remplissent leur réservoir d’eau dans un camp de réfugiés au Bangladesh © Première Urgence Internationale, February 2018.

L’accès à l’eau potable, à l’assainissement de base, et aux bonnes pratiques en matière d’hygiène sont trois éléments essentiels et vitaux pour tous les êtres humains. Les crises humanitaires, quelles que soient leurs origines, mettent à mal ces droits fondamentaux. D’après le rapport santé 2018 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « l’eau non potable, un assainissement insuffisant et un manque d’hygiène restent à l’origine de nombreux décès ». En 2016, plus de 870 000 décès y étaient associés.

Depuis 2016, Première Urgence Internationale a fait de ce secteur une expertise à part entière, en se dotant d’un référent dédié. Aujourd’hui, l’eau, l’hygiène et l’assainissement représentent l’un de nos  8 domaines d’intervention dans le monde. « Nous ne sommes pas un acteur WASH primo-urgentiste, capable de répondre sur une catastrophe liée à un évènement naturel n’importe où dans le monde en moins de 48h », précise Timothée Le Guellec, référent WASH pour Première Urgence Internationale.
« Notre action porte sur une stratégie intégrée, ayant comme porte d’entrée la santé. Cela se traduit concrètement par assurer l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour les populations et dans les services de santé. De l’urgence humanitaire jusqu’à la sortie de crise. La WASH est indispensable à nos actions santé et nutrition. Elle permet de réduire la mortalité liée aux maladies infectieuses et hydriques. »

Assurer les minimums standards en eau et assainissement

Aujourd’hui, 60 % de la population mondiale n’a pas accès à des installations d’assainissement améliorées. Cela représente 4,4 milliards de personnes (rapport OMS 2017). À travers le monde, Première Urgence Internationale construit et réhabilite des points d’eau, des latrines, et autres infrastructures sanitaires. En particulier dans les zones reculées, dans les écoles, les centres de santé… Elle sensibilise également les populations aux problèmes de santé publique. Et mène des actions de prévention et contrôle des infections, dans les régions du monde affectées par le choléra ou le virus Ebola.

Dans les centres de santé, les équipes de l’ONG cherchent en particulier à assurer les standards humanitaires minimums. L’objectif est « Que les patients aient de l’eau, et que les médecins puissent opérer dans les meilleures conditions possibles. »
Au Yémen, par exemple, l’enjeu est de pouvoir fournir une eau saine, pour accompagner les programmes en santé et nutrition. « Les liens entre la WASH et la santé sont très étroits, note Timothée Le Guellec. Concrètement, il est crucial d’accompagner les équipes soignantes locales dans leurs pratiques quotidiennes. La base étant de donner la capacité aux docteurs, infirmières et sages-femmes de se laver les mains, de nettoyer leur matériel, avec une eau en quantité et en qualité… Encore aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des centres de santé ou des maternités sans accès à l’eau. Les patients doivent alors venir avec leurs propres jerricans ! »

Trouver des solutions locales

Malgré l’approvisionnement en eau, l’assainissement, la gestion de déchets et la sensibilisation, les populations n’améliorent pas toujours leurs pratiques d’hygiène. « Ce n’est pas forcément lié à l’envie ou non de se laver les mains. En effet, cela peut être parce que le savon est trop cher, ou parce que le trajet jusqu’au point d’eau est trop dangereux », analyse Timothée Le Guellec. « Il est donc très important de s’adapter aux besoins réels des populations. Cela passe par une écoute et un dialogue avec les populations pour comprendre ce qui fait défaut. Et nous permettre d’être efficace dans notre réponse. »

« Sans être une entreprise de travaux publiques ou un cabinet d’ingénieurs conseils, certains contextes nous amènent à réaliser des projets de haute technicité », observe Timothée Le Guellec. En Syrie, l’ONG réhabilite des réseaux d’eau urbains, en Irak, des stations de traitement de l’eau, en Afghanistan, du pompage solaire ou encore la gestion des déchets médicaux. « Dans ces cas, en tant qu’ONG, nous nous adaptons aux contextes et trouvons des solutions pour assurer une qualité optimale, grâce à des ressources externes si nécessaire. » L’ONG est notamment partenaire de l’association Aquassistance, qui lui vient en appui sur divers sujets techniques.

Sur chacune de ses missions, l’ONG conserve un même objectif : accompagner les acteurs locaux à maintenir les infrastructures. « Cela passe par une palette très diverse et parfois complexe d’activités. Mêlant ainsi la politique de l’eau, le prix de l’eau, le suivi de la qualité, le monitoring et la cartographie, les filières de pièces détachées, le lien avec les autorités locales, les associations de la société civile… Les questions de durabilité requièrent parfois un travail conjoint avec d’autres expertises : protection, activité génératrices de revenus…», explique Timothée Le Guellec.

Veiller à l’impact environnemental

En s’appuyant sur les innovations et technologies développées dans le secteur. L’ONG œuvre pour assurer un niveau de service minimum et durable partout. Les choix technologiques sont donc extrêmement importants, et là encore, adaptés aux contextes.

En parallèle, les équipes de Première Urgence Internationale s’assurent que les techniques utilisées :

  • N’affectent pas l’environnement,
  • Aient des conditions de maintenance abordables, à moindre coût, pour les populations locales.

« Nous devons penser les technologies pas seulement à ce qu’elles nous coûtent aujourd’hui, mais aussi à ce qu’elles coûteront à long-terme, pour les populations futures. »

(*) WASH est un acronyme qui signifie : Water, Sanitation and Hygiene. En français on utilise aussi le sigle EHA, pour Eau, Hygiène et Assainissement.

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