Des milliers de déplacés suite à la prise du port d’Hodeidah


En juin dernier, une offensive a été lancée sur la ville portuaire d’Hodeidah, principal point d’entrée de l’aide humanitaire dans le pays. Si les opérations militaires sont officiellement en pause depuis le 1er juillet, les combats continuent dans le sud du gouvernorat. Première Urgence Internationale poursuit ses activités dans les gouvernorats d’Hodeidah et de Raymah tout en gardant un œil vers le sud.

L’offensive d’Hodeidah

La ville d’Hodeidah est couverte de tranchées, des plaies béantes qui défigurent la ville et qui rappellent à ses habitants qu’à tout moment, les combats peuvent reprendre. Débutée début juin, l’offensive d’Hodeidah, menée par l’Arabie Saoudite et la coalition militaire contre les Houthis au Yémen, a fait fuir des milliers de personnes dans d’autres zones du gouvernorat de Hodeidah, à Raymah, province voisine et jusqu’à Sanaa plus au nord du pays. Les plus chanceux se sont installés chez des membres de leur famille, d’autres forment des camps informels, des abris de fortune sans eau ni électricité. Ils rejoignent les plus de 2 millions de personnes déjà déplacées depuis le début du conflit en 2011 (mars 2018 UNHCR).

Depuis qu’une pause a été annoncée début juillet, quelques familles sont retournées dans leurs foyers. Vendredi dernier, des bombardements ont visé le centre-ville et le nord d’Hodeidah. Tous les habitants attendent de savoir si le conflit va reprendre.

Le port d’Hodeidah, un lieu stratégique

« La grosse difficulté reste l’accès aux populations dans ce contexte, nous avons des difficultés à obtenir les autorisations pour que nos équipes se déplacent sur le terrain. Nous attendons aussi un cargo d’intrants nutritionnels qui est bloqué à Djibouti suite à l’offensive d’Hodeidah »,  explique Caroline Paoli, coordinatrice terrain pour Première Urgence Internationale au Yémen. En effet, 70% des importations commerciales du Yémen transitent par le port d’Hodeidah. C’est également un lieu stratégique pour les organisations humanitaires qui reçoivent leur équipement et leur matériel par voie maritime.

Première Urgence Internationale poursuit ses activités

Suite à l’offensive d’Hodeidah, Première Urgence Internationale, qui intervient depuis 2011 dans le pays, poursuit ses activités dans les régions de Hodeidah et de Raymah tout en ciblant particulièrement les nouveaux déplacés pour les aider à survivre dans ces nouvelles conditions de précarité.

Pour Caroline, « même s’il est plus difficile d’intervenir en zone de combats, nous tenons à poursuivre nos activités. Nous soutenons quatre centres de santé qui accueillent les personnes déplacées venues de la ville d’Hodeidah ». Les équipes effectuent des distributions alimentaires aux personnes les plus vulnérables. Elles mettent également en place un programme de cliniques mobiles pour se rendre au plus près des personnes isolées. Première Urgence Internationale soutient des centres qui luttent contre la malnutrition en accueillant des enfants de moins de 5 ans touchés par la maladie.

Première Urgence Internationale démarre actuellement un nouveau projet de maraichage dans les deux gouvernorats. Des familles sélectionnées en fonction de critères de vulnérabilité vont recevoir un panier alimentaire pendant six mois. Elles seront également formées par les équipes aux techniques de maraichage pour cultiver des légumes et du moringa, une plante réputée pour sa haute valeur nutritionnelle. « Nous ciblons les familles avec un enfant qui a souffert de malnutrition aigüe sévère ».

Les équipes vont également mener une mission d’exploration dans le sud du pays afin de toucher la zone contrôlée par les forces gouvernementales.

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