Coronavirus : Adapter en urgence les interventions humanitaires


L’épidémie mondiale du coronavirus force de nombreux secteurs d’activité à ralentir et adapter leur fonctionnement. L’aide humanitaire ne fait pas exception. Comme de nombreuses autres ONG, Première Urgence Internationale réoriente ses actions et programmes dans le monde entier, comme elle l’a déjà fait en réponse à de précédentes épidémies. La priorité : protéger les personnels soignants et les populations, tout en assurant la continuité des soins essentiels.

© Thibault Savary / Première Urgence Internationale.

Les équipes de Première Urgence Internationale interviennent quotidiennement auprès de millions de civils dans 22 pays, sur 4 continents… et en particulier dans des zones où les systèmes de santé sont déjà saturés, fragilisés par des guerres, conflits ou catastrophes naturelles. Face à l’ampleur mondiale de la pandémie et à la rapidité de propagation du Covid-19, des mesures exceptionnelles ont dû être prises sur l’ensemble des missions pour limiter les risques aux maximum.

Ne pas aggraver la propagation du Coronavirus

« Assurer la réponse humanitaire pendant une épidémie, c’est d’abord s’assurer que nos équipes, en particulier les personnels médicaux, soient bien protégés et respectent les mesures préventives, pour ne pas aggraver les risques de propagation de cette épidémie », expose Timothée Le Guellec, référent Eau, Hygiène et Assainissement pour Première Urgence Internationale. Les consignes préventives de distanciation sociale et renforcement des mesures d’hygiène sont évidemment strictement appliquées au niveau individuel par tous les travailleurs de l’ONG, sur les missions comme au siège. Cela se traduit également par l’augmentation des volumes d’eau potable disponibles chaque jour, et la révision des procédures, notamment les fréquences de nettoyage et de gestion des déchets dans les centres de santé pour assurer des conditions d’hygiène irréprochables.

Comme l’ont fait de nombreuses autres structures, l’une des premières mesures prises par Première Urgence Internationale a aussi été de réduire les mouvements à l’essentiel : geler jusqu’à nouvel ordre tous les déplacements inter-missions et siège-missions, et gérer au cas par cas le rapatriement de certains employés, bloqués en transit entre deux frontières en train de se fermer. « Au niveau mondial, on assiste à une fermeture généralisée de toutes les frontières. Cela va rendre encore plus complexe la mise en œuvre de nos activités et nous en sommes conscients », analyse Olivier Routeau, Directeur des Opérations.

Se concentrer sur les activités vitales

Les missions cherchent à adapter temporairement la nature de leurs opérations. Pour les semaines à venir, Première Urgence Internationale essaiera de concentrer ses efforts sur une réponse d’urgence contre le Covid-19, tout en assurant la continuité des opérations et soins essentiels contre d’autres pathologies virales ou bactériennes tout aussi meurtrières (Ebola, rougeole, choléra…).  « Nous avons une expertise solide dans la réponse aux épidémies, et notamment la partie prévention et contrôle des infections », complète Timothée Le Guellec. « À Goma, en République démocratique du Congo, nous avons mené pendant plus d’un an un programme dédié à la prévention et au contrôle de la maladie à virus Ebola, pour circonscrire le virus et empêcher sa propagation. Dans ce cadre, nous avons développé des outils et des capacités de réponse rapide, adaptés à ce type d’épidémies. » L’ensemble des missions de l’ONG travaille ces jours-ci sur un plan de continuité opérationnelle, à partir de ces outils de suivi.

Sensibiliser et diffuser les messages-clés

Le Covid-19 fait partie de ces virus émergents, qui présentent des nouveaux risques et ont des effets différents de ceux déjà connus et identifiés. Dans ce contexte, les consignes et recommandations sanitaires évoluent au jour le jour. Les équipes humanitaires s’appuient toujours sur les directives techniques les plus récentes, et veillent à partager les informations le plus régulièrement possible.

Dans les centres de santé et les camps de déplacés soutenus par Première Urgence Internationale, notamment au Liban et en Irak, les équipes ont mis en place des activités spécifiques de sensibilisation. « L’idée est de ne pas saturer les structures de santé, et plutôt jouer un rôle de sensibilisation, pour faire passer les informations essentielles et s’assurer que les rumeurs ne se propagent pas », développe Olivier Routeau.

 

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