Première Urgence Internationale condamne l’usage excessif de la force contre les manifestants dans la bande de Gaza


Communiqué de presse

Paris, 16 mai 2018 – 103 Palestiniens, dont 12 enfants, ont été tués à ce jour par les forces israéliennes à Gaza à l’occasion des manifestations de la « Grande marche du retour » qui ont commencé le 30 mars. Les Gazaouis protestent pour réclamer leur droit au retour, plus de 70 % de la population est enregistrée en tant que réfugié, et contre le blocus étouffant leur droit à la vie, au travail et à l’accès aux services de base comme la santé ou l’éducation depuis 11 ans. Première Urgence Internationale condamne l’usage excessif de la force et appelle à assure un accès sécurisé aux terres et aux moyens de subsistance dans la zone frontalière avec Israël.

Les manifestations qui se sont déroulées ce lundi 14 mai, le même jour que la cérémonie d’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, ont enregistré le plus grand nombre de victimes à ce jour, avec 61 Palestiniens tués et plus de 2 700 blessés, selon le Ministère de la Santé à Gaza. Jusqu’à présent, 12 271 personnes ont été blessées, dont 3 598 par balles réelles (1). Au moins 21 Palestiniens ont subi une amputation de membre, en raison de la quasi-impossibilité d’être référé chez un spécialiste médicale pour une intervention chirurgicale en dehors de la bande de Gaza. Le 14 mai, une première victime israélienne a également été signalée comme étant un soldat ayant été légèrement blessé.

Non seulement le personnel médical a du mal à faire face au nombre extrêmement élevé de blessés en raison de leurs équipements de faible qualité et du manque de médicaments, mais ils ont également été la cible de réactions violentes des forces israéliennes aux manifestations. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 211 attaques contre des agents de santé ont été enregistrées et 25 ambulances ont été endommagées. Outre l’accès aux services de santé, la liberté de la presse a également été gravement menacée, avec deux journalistes qui ont succombé à leurs blessures après avoir essuyé des tirs alors qu’ils travaillaient et portaient un gilet de presse. Au moins sept ont été blessés par des tirs réels le 14 mai.

Première Urgence Internationale appelle à assurer un accès sécurisé aux terres et aux moyens de subsistance dans la zone frontalière avec Israël, appelée zone d’accès restreint, où des manifestations et des tirs sur civils ont eu lieu. Dans cette zone se trouvent 35 % des terres agricoles de Gaza. Une première évaluation menée par le ministère de l’Agriculture la semaine dernière montre que les récoltes d’environ 119 agriculteurs ont été touchées par les manifestations et les représailles israéliennes, entraînant une perte d’environ 127 000 USD. « Un recours excessif à la force par les israéliens a encore une fois affecté l’accès des Gazaouis à des moyens de subsistance. Un fermier a été tué par balle réelle le premier jour des manifestations alors qu’il travaillait dans son champ et un autre a été blessé », commente Rossella Urru, chef de mission de Première Urgence Internationale en territoire palestinien occupé. « L’accès aux moyens de subsistance et aux services de base devrait être garanti à tout moment indépendamment de la crise politique et sécuritaire en cours ».

Première Urgence Internationale s’associe à l’AIDA, un réseau de plus de 80 ONGI opérant en territoire palestinien occupé, en condamnant l’usage excessif de la force. « Selon le droit international, les tirs mortels ne peuvent être utilisé que dans des circonstances où il y a une menace à la vie imminente. Les forces israéliennes doivent faire preuve de retenue, s’abstenir de tout recours excessif à la force, et respecter le droit des Palestiniens à la vie, à la santé et à la liberté de réunion. Cibler le personnel médical est une violation du droit international humanitaire et est considéré comme un crime de guerre en vertu du Statut de Rome. Empêcher les personnes blessées d’accéder au traitement est une violation de leur droit à la santé et équivaut à une punition collective. L’AIDA appelle les Etats tiers à condamner les exécutions illégales d’Israël et à intensifier leurs pressions sur Israël pour un arrêt immédiat des pratiques consistant à utiliser des balles réelles contre des manifestants non armés ».

(1) https://www.ochaopt.org/content/fifty-five-palestinians-killed-and-thousands-injured-gaza

Contact presse :

Jérôme POIRIÉ : +33783425719 / [email protected]

A propos de Première Urgence Internationale

Première Urgence Internationale est une organisation non gouvernementale de solidarité internationale, à but non lucratif, apolitique et laïque, dont la vocation est de défendre les droits fondamentaux de la personne, tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Notre objectif : permettre aux populations de recouvrer durablement autonomie et dignité.

Nos équipes se mobilisent au quotidien pour couvrir les besoins fondamentaux des victimes civiles mises en péril, marginalisées ou exclues par les effets de catastrophes naturelles, de guerres et de situations d’effondrement économique. Ainsi, nous intervenons dans des domaines complémentaires tels que la santé, la sécurité alimentaire, la nutrition, la réhabilitation et la construction d’infrastructures, l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la relance économique, l’éducation et la protection. Première Urgence Internationale porte assistance à plus de 7 millions de personnes à travers 21 pays situés en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, dans les Caraïbes et en Europe.

Version PDF du communiqué de presse

Comment sont utilisés vos dons ?

StatsChaque année, Première Urgence Internationale affecte l’essentiel de ses ressources aux programmes qu’elle déploie sur ses différents terrains d’intervention et seulement 0,5% à la recherche de fonds. Vos dons sont essentiels.

Reprendre en main son destin !

Vos dons sont les garants de notre liberté d’action. Ils nous permettent de venir en aide aux populations affectées par des crises oubliées qui ne retiennent l’attention ni des médias, ni des bailleurs de fonds institutionnels. Les sommes collectées constituent ainsi les fonds propres de l’association, lui donnant une autonomie d’action et une réactivité accrue.
Faire un don