Nigéria – Sur le terrain de Boko Haram
Depuis 2011, le nord-est du Nigéria est le théâtre d’affrontements violents entre les forces gouvernementales et le groupe Boko Haram. Ce conflit, et plus particulièrement les exactions commises par les insurgés, ont entraîné le déplacement d’au moins 2,2 millions de personnes dans le pays, et engendré une crise humanitaire majeure. Près de 200 000 Nigérians ont ainsi trouvé refuge au Tchad et au Cameroun, où Première Urgence Internationale est présente, ainsi qu’au Niger.
Depuis le début de l’année 2015, les attaques menées par Boko Haram ont fait au moins 3 500 victimes. Les services publics sont devenus l’une des cibles systématiques du groupe, qui se revendique d’une lecture radicale de l’islam*, visant notamment les écoles et les structures de santé, dont moins de 40 % seraient encore fonctionnelles dans les zones de conflit. L’escalade de la violence dans la région vient s’ajouter à une situation sanitaire déjà complexe, avec des épidémies chroniques de choléra, de rougeole et de méningite.
« les déplacements massifs de population viennent exercer une pression rarement supportable »
Le manque d’accès à l’eau potable et les taux de malnutrition sont par ailleurs particulièrement inquiétants, tout comme la situation en sécurité alimentaire, dans la mesure où les déplacements massifs de population viennent exercer une pression rarement supportable pour des économies locales extrêmement fragiles.
Dans ce contexte, Première Urgence Internationale a lancé une mission exploratoire début décembre afin d’évaluer les besoins de la population sur place, et d’y répondre au mieux. Une équipe est actuellement à Abuja, la capitale du Nigéria, pour commencer cette phase d’évaluation.
* Boko Haram a notamment fait allégeance à l’Organisation de l’Etat Islamique.