Un an après le début de la crise des réfugiés Rohingya au Bangladesh


 Communiqué de presse (Août 2018)

Le Un an après le début de la crise des réfugiés Rohingya au Bangladesh

Un an s’est écoulé depuis le début de la crise des réfugiés Rohingya au Bangladesh, marquée par l’exode d’environ 706 000 réfugiés Rohingya, de l’Etat du Rakhine, Myanmar, à Cox’s Bazar, en créant ce que le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a appelé « un exemple typique » d’un nettoyage ethnique.
Les nouveaux arrivants à Cox s Bazar ont rejoint les centaines de milliers  déjà partis durant les précédents vagues de déplacement du Myanmar. Le 20è et le 21è siècle ont vu en effet différents mouvements de Rohingya de l’Etat du Rakhine vers Cox s Bazar et vice versa. Celui du 2017 représente l’exode le plus important.

La plus large crise des réfugiés au monde

Ces nouvelles arrivées ont fait de la crise des réfugiés Rohingya au Bangladesh la plus large crise des réfugiés au monde, avec la concentration de réfugiés la plus élevée au monde. Par ailleurs, la zone de Cox’s Bazar est composée de communautés locales déjà très pauvres qui ont été très affectées par l’arrivée des refugiés.

Les habitants et le gouvernement du Bangladesh ont ouvert leurs frontières et ont accueilli les réfugiés Rohingya avec générosité. La générosité du gouvernement, qui accueille plus d’un million de réfugiés, est exceptionnelle et particulièrement louable, surtout en cette période  où la protection des réfugiés est compromise. En effet, beaucoup de pays bâtissent frontières et barrières pour empêcher les réfugiés de recevoir l’assistance requise et leur garantir la protection établie par la loi internationale.

La rapidité et la grandeur de cet afflux massif de population a rencontré un fort soutien de la communauté humanitaire. Aujourd’hui, plus de cent ONG locales, nationales et internationales répondent à cette crise, à côté du gouvernement et des agences des Nations Unies.

Leur objectif étant d’apporter protection, alimentation, eau, structures, soins et assistance.

Un an après le début de la crise, la communauté humanitaire se mobilise encore et apporte de l’aide d’urgence, une assistance dite « temporaire », ce qui est loin de satisfaire les normes humanitaires internationales  (Core Humanitarian Standard et Sphere).

La seule manière de mettre fin à cette crise est de trouver une solution politique au Myanmar et assurer les conditions d’un retour en sécurité, digne, volontaire et durable des réfugiés dans leur pays.

J‘aimerais retourner au Myanmar. Si les Nations Unies et les autres organisations ont la capacité de nous aider, de résoudre l’instabilité et les homicides. Si elles  nous aident à retourner dans le pays avec dignité et en conservant notre  identité propre, je veux y retourner. Nous voulons être certains que personne ne nous attaquera plus

Noor Kajol

Un financement à hauteur de 34% seulement

Alors que les réfugiés patientent pour retourner chez eux, la réponse à leurs besoins primaires au Bangladesh est financée seulement à hauteur de 34 %.
Il est essentiel que le gouvernement et la population du Bangladesh soutiennent les Rohingya et les communautés pour apporter de l’assistance à court et moyen termes. Cependant, tous les acteurs de la réponse humanitaire pour gérer la crise des réfugiés Rohingya au Bangladesh devraient intensifier leurs efforts pour atteindre les normes humanitaires internationales de protection des réfugiés et d’assistance humanitaire.

 

Aujourd’hui, les priorités des ONG qui sont actives dans cette crise incluent :

  • Le respect et le soutien des droits des réfugiés, conjuguée une réponse aux besoins de protection ;
  •  « Placer les personnes au premier plan », c’est-à-dire faire participer les réfugiés et les populations hôtes à la construction de résultats fiables et dignes pour leur futur ;
  • un approche sociale globale pour s’assurer que la communauté humanitaire et les organisations locales ont la possibilité d’utiliser leur expertise pour maximiser l’impact dans le présent et dans le futur.
  • La réalisation de ces priorités exige en particulier :
    Une augmentation considérable des financements de la crise de la part des donateurs – gouvernements, secteur privé, ONG, individus – dans le monde entier. Il faut environ 630 millions de dollars d’ici la fin de l’année, pour venir en aide aux réfugiés, ainsi que aux populations hôtes ainsi que pour la restauration de l’environnement.
  • Un effort majeur de responsabilité envers les populations touchées, en incluant une amélioration de la qualité, une meilleure communication et des mécanismes de retours, ainsi que l’assurance que l’aide soit apportée d’une manière digne et sécurisée.
  • Elargir l’espace humanitaire du gouvernement du Bangladesh pour laisser la liberté aux ONG d’apporter une assistance vitale aux réfugiés et aux populations hôtes.
  • Réduire le délai des obtentions d’autorisation des projets humanitaires, en enregistrant les associations et en garantissant les visa pour les humanitaires, ainsi que des procédures plus simples pour la mise en oeuvre des activités humanitaires. Cela permettra une grande évolution de la qualité de la réponse.

Revoir la réponse humanitaire et la coordination pour résoudre la crise des réfugiés Rohingya

On devrait reconsidérer le fonctionnement du mécanisme de coordination étant donné la complexité et l’ampleur de la réponse et pour avoir de retours d’expériences pour mieux agir dans le futur. Elle a été désignée par les ONG et les agences de l’ONU comme un niveau 3 d’urgence.[LC1]  Cela devrait être fait de manière participative et en accord avec les lignes directrices IASC.

  • Donner la possibilité aux interventions humanitaires d’assurer les besoins de base et apporter à chaque enfant une éducation libre et adéquate ainsi que’un accès aux moyens d’existence, comme des formations.
  • Garantir la liberté de mouvement, pour permettre aux réfugiés de vivre dignement
  • Intensifier l’assistance aux populations hôtes. La réponse devrait atténuer l’impact de l’afflux des refugiés sur les communautés du Bangladesh et développer leur capacité à gérer la pression associée au fait d’accueillir environ un million de personnes dépendantes de l’aide humanitaire.

Nous restons engagés à travailler avec le gouvernement du Bangladesh et le reste de la communauté humanitaire dans le pays. En parallèle et en respectant la volonté des réfugiés que nous assistons, nous demandons urgemment au gouvernement du Myanmar de créer les conditions pour leur sécurité, leur dignité et un retour volontaire et durable.

 

 

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