En Afghanistan, la sécurité reste un défi pour les acteurs humanitaires


Alors que l’avenir politique du pays reste flou, le contexte sécuritaire continue à se tendre, rendant compliquée l’intervention des acteurs humanitaires. Première Urgence Internationale, en Afghanistan depuis quarante ans, oriente son action aux côtés des acteurs locaux, pour continuer à répondre aux besoins.

 

L’année 2019 marque les quarante ans de présence de Première Urgence Internationale en Afghanistan. L’ONG, qui existait à l’époque sous le nom d’Aide Médicale Internationale, a commencé à intervenir dans le pays en 1979. Quarante ans de présence humanitaire, répondant à quarante ans de conflit et de besoins humanitaires grandissants.

Le pays est l’un des plus pauvres du monde. Victimes d’un conflit qui perdure, aggravé par des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, les populations afghanes voient leurs droits fondamentaux mis de côté et leur vulnérabilité augmenter : accès aux soins de santé primaire très limité, situation d’insécurité alimentaire sévère, déplacements forcés, persistance de maladies épidémiques communes…

Aujourd’hui, sur les 35,7 millions d’habitants qui peuplent l’Afghanistan, 6,3 million de personnes sans accès aux services de base sont considérées dans le besoin immédiat. Dont 4,5 million en besoin urgent d’assistance humanitaire.

Pour répondre à cette crise humanitaire prolongée et complexe, Première Urgence Internationale concentre ses efforts dans des zones isolées et difficiles d’accès, où les populations, résidant en zones assez reculées, sont parmi les plus vulnérables. L’ONG fournit une assistance d’urgence, notamment en santé primaire, soins traumatiques, et nutrition, à plus de 390 000 personnes.

Se coordonner avec les autres acteurs humanitaires

La présence de groupes d’opposition armés interfère avec la réponse humanitaire, causant parfois l’arrêt des activités. « Nous allons continuer à intervenir dans ces zones, où les besoins des populations sont immenses, mais avec  des actions choisies. Afin de ne pas mettre en danger nos bénéficiaires et nos équipes », explique Laura Callot, chargée de programme Moyen-Orient pour Première Urgence Internationale. Dans la province du Laghman, entre Kaboul et Jalalabad, l’association forme par exemple des équipes médicales à la gestion traumatique et la stabilisation des patients à travers des exercices de simulations d’afflux de blessés dans les centres de traitement avancés.

Un peu plus au sud, dans la province du Nangarhar, Première Urgence Internationale soutient de nombreuses structures de santé.  A l’hôpital de Jalalabad. « Nous fournissons un soutien matériel et de moyens, développe Laura Callot. Par exemple, nous embauchons et formons une partie du personnel médical de l’hôpital, et nous participons à l’amélioration des conditions d’hygiène : réparation de toilettes, réhabilitation des réseaux d’eau… Nous avons aussi mis en place des réservoirs sur le toit de l’hôpital, afin de garantir l’accès à l’eau. »

Surtout, l’association s’appuie sur son réseau de cliniques mobiles, déployé dans plusieurs provinces, pour répondre aux besoins de santé primaire d’un maximum de bénéficiaires. « Nous avons intégré un système de coordination avec les autres acteurs de santé, locaux et internationaux. Nous nous répartissons les sites à couvrir, en fonction des priorités et de nos moyens, pour répondre aux besoins de manière plus large et efficace. Cela fonctionne plutôt bien !, constate Laura Callot. Malgré les challenges sécuritaires, nous bénéficions d’un bon accès dans les zones rurales, notamment parce que cela fait quarante ans qu’on est sur place. Notre présence est bien acceptée. Les populations locales nous connaissent et nous font confiance. Sans cela, l’accès aux zones reculées serait impossible. »

Se préparer à des enjeux politiques et climatiques

Parmi les problématiques humanitaires prioritaires en Afghanistan, les catastrophes naturelles tiennent une place non négligeable. En 2018, une sécheresse sans précédent dans l’ouest du pays, la pire depuis dix ans, a poussé plus de 260 000 Afghans à se déplacer dans la province d’Herat. Les équipes de Première Urgence y ont apporté une aide médicale d’urgence pendant trois mois.

Les Nations Unies prévoient qu’en 2019, le nombre de déplacés internes lié au conflit armé et à de futures catastrophes naturelles continue d’augmenter. Ces changements climatiques et les combats armés menacent les populations civiles, les forçant à fuir les régions affectées. Les conséquences humanitaires de ces chocs sont désastreuses, mettant des dizaines de milliers de personnes dans des situations critiques, sans accès aux services de base tels que la santé, l’eau, la nourriture, les abris.

En 2019, l’Afghanistan attend aussi des enjeux politiques importants. Les élections présidentielles, qui devraient se tenir d’ici l’été, et un processus de pourparlers de paix. « En fonction des issues de ces deux échéances, la situation humanitaire peut soit s’améliorer, soit se détériorer grandement. Ça influencera drastiquement les besoins humanitaires, soit dans un sens soit dans l’autre. »

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