« Je regrette chaque jour passé loin des bancs de l’école »


Début septembre en Jordanie, 53 enfants ont reçu un diplôme suite à dix mois passés à suivre un programme d’éducation informelle organisé par Première Urgence Internationale. Une récompense qui marque le retour vers l’école de ces enfants qui ont parfois décroché du système scolaire depuis des années.

Je regrette chaque jour passé loin des bancs de l’école. J’aurais tellement souhaité ne pas avoir été déscolarisé. Surtout lorsque je vois mes amis qui se préparent pour rentrer au collège », explique Osama, un jeune élève, qui a été forcé de quitter le système scolaire depuis quelques années. Osama est l’un des 53 jeunes qui vient d’être diplômé du cycle long du cursus d’éducation informelle. Le programme est développé par Première Urgence Internationale en Jordanie. Aujourd’hui, le jeune garçon avoue reprendre espoir : « Je vais continuer à lire afin de reprendre l’école maintenant que les cours avec Première Urgence Internationale sont terminés ».

Le retour vers l’école, une route pavée d’obstacles

 En effet, l’objectif de ces cours, qui se déroulent pendant 10 mois, est de permettre à des jeunes déscolarisés de se réinsérer dans le système éducatif formel. «  Sur les 53 élèves qui ont suivi le cursus, 29 sont déjà enregistrés dans une école cette année », se réjouit Martin Rosselot, chef de mission en Jordanie pour Première Urgence Internationale. Un succès pour ces enfants pour qui la route jusqu’à l’école est pavée d’obstacles. « Certains ont quitté l’école depuis plus d’un an. En arrivant en Jordanie, leur famille qui fuyait la Syrie n’a pas eu les moyens de les envoyer à l’école. Certains ont été forcés de travailler ».

Ainsi, le cursus d’éducation informelle ne se limite pas à des cours de rattrapage en mathématiques, arabe, sciences et anglais ou éducation physique. L’équipe est composée de professeures, d’assistantes et de travailleurs sociaux. Ils encadrent les élèves, sensibilisent régulièrement les parents à l’importance de l’éducation. L’équipe les accompagne dans leurs démarches pour que leurs enfants retrouvent une place dans le système éducatif public.

Un travail sur l’estime de soi

Les enfants sélectionnés pour suivre ce programme de retour vers l’école, sont des jeunes de 7 à 17 ans, réfugiés syriens, irakiens ou des enfants jordaniens. Ils ont décroché du système scolaire depuis quelques temps : « Au-delà des cours qu’ils suivent, nous travaillons sur l’estime de soi. En effet, souvent, ces élèves en décrochage scolaire pensent qu’ils sont incapables d’apprendre et de réussir. Au-delà  du soutien éducatif, nous proposons un suivi psychologique pour ceux qui en ont besoin. Nous faisons également en sorte que le nombre d’élèves par classe soit limité pour que le suivi soit personnalisé et de meilleure qualité ».

Le travail des équipes ne s’arrête pas à l’école et à l’obtention du diplôme. Après leur année scolaire, les travailleurs sociaux les aident à s’inscrire dans une école en Jordanie. « Chacun d’entre eux a le droit de reprendre l’école en Jordanie. Pour certains, surtout pour qui ce n’est pas le pays d’origine, nous les aidons dans leurs démarches administratives ».

« L’éducation, une des choses les plus importantes dans la vie »

En 2017, Première Urgence Internationale a également mis en place des cursus de trois mois dans les centres communautaires. Les équipes interviennent à Amman dans les quartiers d’Al Hashemi et de Zarqa’s Hai Ramzee. Depuis 2016, 516 étudiants ont suivi ces programmes d’ éducation informelle.

Brandissant son diplôme avec satisfaction, Aya explique : « l’éducation est une des choses les plus importantes dans la vie. Il y a une véritable différence entre quelqu’un qui reste à la maison, et un autre qui va à l’école et progresse ».

Projet financé par l’Agence Française de Développement

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