« Nous sommes sur les routes depuis 3 ans »


Deux amis somaliens sur les routes

Le mercredi 10 mai, Première Urgence Internationale menait une action médicale auprès des migrants à l’ancienne patinoire de Cergy. Des visites médicales gratuites y étaient proposées. Parmi la cinquantaine de personnes qui attendaient leur tour, Radel et Ali, deux jeunes amis somaliens qui ont traversé la Méditerranée dans l’espoir d’une vie meilleure. Rencontre.

Deux bénéficiaires de la mission France à Cergy

Deux bénéficiaires de la mission France à Cergy

Pouvez-vous nous parler de votre pays et de votre histoire ?

Radel : Je m’appelle Radel, j’ai 21 ans. En Somalie, j’étais mécanicien. Je vivais avec mes parents, mes deux frères et mes deux sœurs à Mogadiscio.

Ali : Et moi je suis Ali, j’ai 26 ans. On se connait depuis longtemps avec Radel, on vient du même quartier. Moi j’étais chauffeur. Dans notre pays, c’est la guerre civile. A Mogadiscio, notre ville natale, la violence est partout, les habitants doivent vivre avec au quotidien. Nous avons vu la situation se dégrader au fil des mois.

Radel : Depuis quelques années, les attaques terroristes commises par les Shebabs se sont multipliées. On vit dans la peur d’être tué tous les jours, juste en sortant dans la rue, par un attentat-suicide. Les islamistes sont déterminés à renverser le gouvernement.

Ali : On se fait du souci pour nos familles qui sont restées là-bas. Les choses n’évoluent pas. Il y a encore eu une explosion lundi, une voiture piégée qui a fait de nombreux morts. On a très peu de nouvelles de nos proches, on espère qu’ils sont vivants et qu’ils n’ont pas été blessés.

Quel a été votre parcours jusqu’à Paris ?

Radel : Cela fait déjà trois ans qu’on est sur les routes ! On a quitté la Somalie en 2014, on est parti ensemble. On est passé par la frontière éthiopienne, puis on a traversé le Soudan, la Libye et l’Italie.

Ali : Le chemin a été très long mais nous voulions venir en France pour avoir une vie meilleure.

On a pris le train depuis l’Italie et on a terminé le chemin à pied. On est arrivé à Porte de la Chapelle il y a dix jours mais le camp a été évacué. On nous a conduits pour une mise à l’abri jusqu’ici, à l’ancienne patinoire de Cergy, où on va rester pendant une semaine.

Radel : On est un peu inquiet concernant l’avenir mais on est soulagé d’être arrivés jusqu’ici. On espère vraiment pouvoir rester en France et retravailler bientôt.

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