Témoignage : « J’ai démarré ma mission humanitaire en pleine pandémie de COVID-19 »


Clémentine Guérin travaille en République démocratique du Congo (RDC) pour Première Urgence Internationale. Elle est responsable du projet santé de riposte contre la maladie à virus Ebola à Goma, Nord-Kivu. Elle devait rejoindre la mission RDC le 17 mars, mais avec l’arrivée de la pandémie en France, les mesures de confinement et la fermeture des frontières ont retardé son départ. Elle raconte comment elle a finalement pu rejoindre la mission début juin, à bord d’un vol humanitaire spécifiquement affrété, et quelles mesures de prévention ont dû être prises pour limiter tout risque de propagation du COVID-19.

Arrivée du vol humanitaire à Goma, République démocratique du Congo, le 9 juin 2020. © Clémentine Guérin / Première Urgence Internationale.

« Mon départ en mission était prévu le 17 mars. Finalement, ce jour-là a été le premier jour du confinement en France, et le début de la fermeture des frontières internationales. Première Urgence Internationale a donc retardé mon départ, ainsi que celui de nombreux autres travailleurs humanitaires qui devaient partir en mission dans d’autres pays. Je suis restée confinée en France plusieurs semaines.

Entre avril et juin, on a fait plusieurs tentatives avec les équipes RH et opérationnelles de Première Urgence Internationale, pour trouver une solution et que je puisse rejoindre mes collègues déjà en poste en RDC. Ils ont persévéré, se sont vraiment battus pour pouvoir m’envoyer sur le terrain, et finalement cela a fini par fonctionner ! »

Clémentine a été l’une des premières expatriées de Première Urgence Internationale à pouvoir rejoindre sa mission depuis le début de ces restrictions de mouvements. 

63 travailleurs humanitaires dans un seul avion

« Grâce au Réseau logistique humanitaire, un pont aérien, financé par l’Union européenne, a été mis en place entre l’Europe et plusieurs pays affectés par la pandémie du COVID-19. Ces vols servent à faciliter le transport de travailleurs humanitaires et de matériel médical.

Le lundi 8 juin, un vol est parti de Lyon en direction de la RDC et j’ai pu embarquer à son bord. Nous avons atterri à Goma, République démocratique du Congo, le lendemain, mardi 9 vers 13h30.

Le vol s’est fait avec un Boeing 737. Il transportait au total 63 travailleurs humanitaires de différentes organisations (Première Urgence Internationale, Médecins sans Frontières, Solidarités International, ALIMA…), originaires de toute l’Europe. J’étais la seule à rejoindre la mission de Première Urgence Internationale. Avec nous dans l’avion, il y avait 2 pilotes et 2 stewards. Et aussi 29 mètres cubes de matériel humanitaire. »

Sécurité, gestes barrière et quarantaine

« Dans l’avion, toutes les mesures de sécurité étaient respectées à chaque instant. Une seule personne par banquette, au lieu de 2 ou 3 en temps normal dans ce type d’avion. Port du masque obligatoire pendant le vol. Ce n’était pas un vol commercial, mais bien un vol spécialement affrété pour l’assistance humanitaire.

À l’arrivée à Goma, mardi, un petit comité d’accueil nous attendait à l’aéroport : beaucoup de journalistes, et Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères [Le Ministre, arrivé la veille avec le Commissaire européen des affaires humanitaires et le ministre belge des Affaires étrangères, étaient sur place  dans le cadre d’une visite humanitaire]. Nous avons tous débarqué sur le tarmac avec des masques propres (renouvelés toutes les 4h), après lavage des mains et prise de température avec thermomètres. Pour pouvoir embarquer sur le vol, c’était d’ailleurs obligatoire d’avoir un test COVID-19 négatif datant de 72h avant le départ maximum.

Tous les gens dans l’avion avaient les mêmes conditions d’arrivée : quatorzaine avant de rejoindre les équipes de la mission et de pouvoir aller sur le terrain. Soit dans un hôtel, soit dans une chambre individuelle dans les « guesthouses » des organisations, en fonction des possibilités. Pour ma part, je fais ma quatorzaine depuis la guesthouse de Première Urgence Internationale. J’ai un petit bureau dans ma chambre, et je limite mes déplacements au maximum dans le reste de la maison. Je porte un masque à chaque instant lorsque je suis hors de la chambre, j’ai ma propre vaisselle, je ne touche pas aux affaires des autres…

En RDC, les cas de COVID-19 augmentent encore, mais lentement. Nous recevons des relevés épidémiques tous les jours, notamment pour Goma. Et toutes les équipes appliquent rigoureusement les gestes barrière.

Mardi prochain, le 23 juin, si tout va bien j’aurais le droit d’aller au bureau de Goma puis de rejoindre les activités sur le terrain. J’ai vraiment hâte de rencontrer les équipes ! »

Comme Clémentine en RDC, plusieurs autres travailleurs humanitaires expatriés de Première Urgence Internationale ont aussi pu rejoindre leurs missions sur le terrain ces dernières semaines. Toutes les équipes restent mobilisées pour permettre le départ en mission de ces futurs expatriés, malgré le contexte international particulier.  

 


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