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Depuis plusieurs années, le Liban fait face à l'une des situations les plus complexes du Moyen-Orient. Entre instabilité politique, effondrement économique, déplacements de population et conséquences des conflits régionaux, des millions de personnes ont aujourd'hui besoin d'une aide humanitaire. Découvrez les principaux enjeux de la crise au Liban et les actions menées par Première Urgence Internationale pour répondre aux besoins des populations les plus vulnérables.
Publié le 14/08/2026 | Temps de lecture : 26 min
Le pays traverse aujourd’hui une situation multidimensionnelle, résultat de décennies d’instabilité politique, de difficultés économiques et de tensions sociales, auxquelles s’ajoutent les répercussions des conflits régionaux.
L’explosion du port de Beyrouth en août 2020 a profondément aggravé les fragilités du pays, portant un nouveau coup à la confiance de la population dans les autorités. Depuis, l’effondrement de la monnaie libanaise et de l’économie a fortement dégradé les conditions de vie. Le produit intérieur brut (PIB) est ainsi passé de 54,9 milliards de dollars en 2018 à 17,94 milliards en 2023.
À ces difficultés économiques et politiques persistantes s’ajoutent les conséquences du conflit en Syrie ainsi que l’escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah. L’accumulation de ces différents chocs a considérablement fragilisé le pays, rendant la situation humanitaire au Liban particulièrement complexe et l’intervention des organisations humanitaires d’autant plus essentielle.
Pourquoi le conflit à Gaza a-t-il aggravé la crise au Liban ?
Après plusieurs mois de tensions à la frontière sud du Liban, l’escalade du conflit en septembre 2024 a provoqué des destructions massives dans le sud du pays, à Nabatiyeh, dans la Bekaa ainsi que dans la banlieue sud de Beyrouth. Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024, les frappes se sont poursuivies dans plusieurs zones, aggravant les besoins humanitaires et entraînant d’importants déplacements de population.
Une reprise des hostilités entre mars et juin 2026 a de nouveau eu de lourdes conséquences pour les populations civiles. Selon le ministère libanais de la Santé publique, au moins 3 516 personnes ont été tuées et 10 674 blessées au cours de cette période. Plus d’un million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile en quelques semaines, parfois à plusieurs reprises, en raison de l’intensification des frappes et de l’élargissement des ordres d’évacuation.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, plusieurs centaines de milliers de personnes ont pu regagner leur région d’origine ou s’en rapprocher. Toutefois, près de la moitié d’entre elles ont de nouveau été déplacées. Aujourd’hui encore, environ 800 000 personnes demeurent déplacées à travers le pays, tandis que les mouvements de population continuent d’évoluer au rythme de la situation sécuritaire.
Le Liban accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant au monde. Le pays compte environ 1,4 million de réfugiés syriens, auxquels s’ajoutent plusieurs centaines de milliers de réfugiés palestiniens ainsi que des personnes migrantes de différentes nationalités vivant dans des conditions souvent précaires.
Depuis décembre 2024, plus de 110 000 personnes supplémentaires sont arrivées de Syrie, accentuant encore la pression exercée sur les services publics, déjà fragilisés par la crise économique et le sous-financement chronique des institutions.
Cette situation affecte directement l’accès aux services essentiels, notamment aux soins de santé. Selon les Nations unies, la forte concentration de réfugiés, combinée à la crise économique et aux conséquences du conflit, a un impact croissant sur le système de santé et limite l’accès aux soins de santé primaires pour les populations les plus vulnérables.
Depuis 2019, le Liban fait face à une succession de crises qui ont profondément fragilisé la population : crise économique et financière, blocage politique, explosion du port de Beyrouth, pandémie de Covid-19 puis conséquences du conflit à la frontière avec Israël.
Si le taux d’inflation a ralenti en 2024 et que la livre libanaise s’est stabilisée, les effets de la guerre ont entraîné une nouvelle hausse des prix et de lourdes pertes économiques. Les dommages sont estimés entre 10 et 13 milliards de dollars. Plus de 14 700 entreprises et près de 14 800 exploitations agricoles ont été totalement détruites, compromettant durablement les moyens de subsistance de nombreuses familles.
Alors que les besoins humanitaires demeurent très importants, la reconstruction du pays reste confrontée à des ressources limitées et à une baisse de l’aide internationale. Cette situation continue de fragiliser les populations les plus vulnérables et complique la relance des services essentiels.
Le Liban est aujourd’hui confronté à une crise humanitaire complexe, alimentée par l’accumulation de plusieurs crises. Les conséquences de la crise économique, l’accueil d’un très grand nombre de réfugiés, les déplacements de population liés au conflit et les dommages causés aux infrastructures essentielles continuent d’accroître les besoins humanitaires dans tout le pays.
Le pays accueille depuis plusieurs années une importante population réfugiée, principalement originaire de Syrie et des territoires palestiniens, ainsi que des personnes migrantes de différentes nationalités vivant dans des situations de grande précarité. Depuis décembre 2024, plus de 110 000 personnes sont arrivées de Syrie, exerçant une pression supplémentaire sur des services publics déjà fragilisés par les difficultés économiques et le sous-financement.
Selon le Plan d’intervention pour le Liban publié en 2025, 4,1 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’une aide humanitaire : 2,2 millions de Libanais vulnérables, 1,4 million de Syriens déplacés, 200 000 réfugiés palestiniens du Liban, plus de 23 000 réfugiés palestiniens de Syrie et près de 176 000 travailleurs migrants de différentes nationalités.
Les besoins humanitaires concernent de nombreux secteurs essentiels, notamment la santé, la protection, l’accès à un logement sûr, la sécurité alimentaire ainsi que l’eau, l’hygiène et l’assainissement.
Depuis plusieurs années, la flambée des prix et la baisse des revenus ont fortement réduit le pouvoir d’achat des ménages. De nombreuses familles ne sont plus en mesure de couvrir leurs besoins essentiels, tandis que l’insécurité alimentaire continue de progresser. Avant même l’escalade des hostilités, les analyses des Nations unies prévoyaient déjà une augmentation du nombre de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire, passant de 19 % de la population en mars 2024 à 23 % en septembre de la même année. Les réfugiés syriens et palestiniens restent particulièrement exposés à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire.
Les besoins en matière de logement demeurent également très importants. Les destructions causées par les combats et les déplacements successifs ont laissé de nombreuses familles sans solution d’hébergement durable. Les infrastructures publiques et les services essentiels ont été fortement sollicités par les déplacements de population, accentuant la précarité dans l’ensemble du pays.
Le système de santé libanais subit les conséquences directes du conflit et de plusieurs années de crise économique.
Entre le 2 mars et le 3 juin 2026, plus de 162 incidents ayant affecté des structures ou du personnel de santé ont été recensés. Ces attaques ont fait 128 morts et 378 blessés parmi les professionnels de santé. Début mai, six hôpitaux et 51 centres de soins de santé primaires demeuraient fermés en raison de l’insécurité ou des dommages subis.
Les attaques contre les infrastructures de santé compromettent fortement la capacité du système à répondre aux besoins croissants de la population. Dans certaines localités situées au sud de la « Yellow Line », les restrictions de mouvement et la diminution des services disponibles rendent l’accès aux soins particulièrement difficile. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les populations les plus vulnérables, notamment les jeunes enfants, les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que les personnes atteintes de maladies chroniques.
Dans ce contexte, les organisations humanitaires jouent un rôle essentiel pour maintenir la continuité des services de santé, soutenir les structures médicales et garantir un accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.
L’acheminement de l’aide humanitaire reste fortement dépendant de l’évolution de la situation sécuritaire.
Les opérations humanitaires sont compliquées par les combats, les restrictions de mouvement ainsi que les destructions d’infrastructures. Dans certaines zones touchées par le conflit, les mouvements humanitaires doivent être planifiés avec une grande précision afin de garantir la sécurité des équipes et la continuité de l’assistance.
La multiplication des déplacements de population rend également les besoins particulièrement évolutifs. Certaines familles ont dû quitter leur domicile à plusieurs reprises en quelques mois seulement, tandis que d’autres vivent toujours dans des centres d’hébergement collectifs ou dans des logements temporaires, avec un accès limité aux services essentiels.
Dans ce contexte, un accès humanitaire sûr, durable et conforme au droit international humanitaire demeure indispensable afin de permettre aux organisations humanitaires d’apporter une assistance vitale aux populations affectées.
Présente au Liban depuis 1996, Première Urgence Internationale intervient auprès des populations les plus vulnérables, notamment les réfugiés syriens et palestiniens, les personnes déplacées à l’intérieur du pays ainsi que les communautés d’accueil. Cette approche permet d’identifier et de comprendre les besoins des personnes affectées par la crise afin de proposer des réponses adaptées et durables. Depuis le début des hostilités à la frontière avec Israël en octobre 2023, les équipes apportent également une assistance aux populations touchées par le conflit et aux personnes déplacées.
Le renforcement du système de santé constitue la priorité de la mission. Première Urgence Internationale soutient les centres de soins de santé primaires et les hôpitaux, réhabilite des infrastructures de santé, fournit des équipements médicaux et développe les services de santé mentale et de soutien psychosocial. L’organisation intervient également dans les domaines de la protection, des abris, de la nutrition, de la sécurité alimentaire ainsi que de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement afin de répondre aux conséquences de la crise et des déplacements de population.
Aujourd’hui, la mission compte 182 collaborateurs nationaux, 12 collaborateurs internationaux et a soutenu 286 506 personnes au Liban.
Pour répondre efficacement aux besoins des populations touchées par la guerre au Soudan, le don financier est aujourd’hui l’action la plus efficace et la plus adaptée. Il permet à nos équipes de réagir rapidement, de s’adapter en permanence à l’évolution de la situation et d’agir dans le respect de la dignité des populations.
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La réactivité : Il permet d’acheter des biens de première nécessité (médicaments, eau, abris) directement dans les pays voisins ou sur les marchés locaux.
L’adaptabilité : Si les besoins changent en 24 heures, l’argent peut être réalloué instantanément.
Si aucune cagnotte spécifique n’est ouverte pour cette crise, votre don sera affecté à notre Fonds d’Urgence. Ce fonds est le garant de notre indépendance : il nous permet d’intervenir dans les premières heures d’une catastrophe, avant même que l’aide internationale ne s’organise.
Bien que l’intention soit généreuse, l’envoi de biens matériels depuis la France peut paradoxalement nuire aux populations et aux opérations de secours. C’est l’application du principe humanitaire « Do No Harm » (Agir sans nuire).
Le plan logistique : Le transport de vêtements ou de nourriture par avion ou par bateau coûte souvent plus cher que la valeur des biens eux-mêmes. Ces ressources sont beaucoup plus utiles lorsqu’elles sont investies directement dans des soins médicaux ou des services essentiels sur place.
L’économie locale : L’envoi massif de biens gratuits peut également fragiliser les économies locales, en concurrence avec des commerçants qui tentent de maintenir leur activité malgré la crise. Acheter localement, lorsque c’est possible, permet au contraire de soutenir ces économies et de participer à la résilience des communautés.
L’adéquation aux besoins : Les besoins réels sur le terrain sont très spécifiques : types de médicaments, normes alimentaires, kits d’hygiène adaptés. Les dons non sollicités créent souvent des encombrements logistiques qui ralentissent l’acheminement de l’aide vitale.
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