Actualité

Taslwasa, sage-femme auprès des communautés isolées d’Afghanistan

Dans les zones reculées de la province de Nangarhar, en Afghanistan, l’accès aux soins de santé de base constitue depuis longtemps un défi.

Publié le 20/08/2026 | Temps de lecture : 5 min

midwife afghanistan mountains

De nombreuses familles vivent loin des structures de santé et, pendant des années, certaines communautés se sont montrées réticentes à recourir à des services tels que la vaccination, les soins prénatals ou les accouchements assistés. La pauvreté, le manque de personnel de santé féminin et l’accès limité à l’information ont rendu encore plus difficile l’accès aux soins dont les femmes et les enfants ont besoin.

Dans le district, seules quelques structures de santé sont en mesure de fournir des services essentiels. Pendant longtemps, de nombreuses femmes ont accouché à domicile sans l’accompagnement de personnel qualifié, augmentant ainsi les risques de complications graves pour les mères et les nouveau-nés. En cas d’urgence, les orientations vers des hôpitaux ou des médecins spécialistes étaient difficiles, tardives, voire parfois impossibles.

Accompagner les femmes et les familles dans les communautés isolées

Taslwasa Murad est sage-femme au centre de santé de Ghulam Dag, en Afghanistan. Originaire de la ville, elle a choisi de travailler dans cette zone reculée afin d’accompagner les femmes et les familles les plus vulnérables.

Chaque jour, elle assure des consultations prénatales et postnatales, accompagne les accouchements et soutient des femmes qui auraient autrement un accès limité à des soins dispensés par du personnel qualifié.

« Quand j’ai commencé à travailler ici, c’était très difficile », explique Taslwasa. « Les gens ne faisaient pas confiance aux services de santé. La vaccination n’était pas acceptée et les femmes avaient peur de venir au centre de santé pour accoucher ou effectuer des consultations de suivi. »

Avant la mise en œuvre de l’intervention soutenue par ECHO, les services de santé disponibles dans la région étaient très limités. Le nombre de professionnelles de santé et de personnel chargé de la vaccination était insuffisant. Les soins prénatals et postnatals, ainsi que les accouchements, reposaient souvent sur une seule sage-femme au centre de santé.

Aucun service n’était disponible la nuit, tandis que les possibilités de transport en ambulance et d’orientation des patients restaient limitées. La pauvreté empêchait également de nombreuses familles de consulter.

sage-femme afghanistan

Renforcer la confiance envers les services de santé essentiels

Progressivement, la situation a commencé à évoluer. Avec le soutien des responsables communautaires et des shuras, la confiance envers les services de santé s’est progressivement renforcée.

Des séances d’information et de sensibilisation ont permis aux familles de mieux comprendre l’importance de la vaccination, des soins maternels et des accouchements assistés. Des familles nomades, qui auparavant ne se rendaient pas dans les structures de santé, ont commencé à y amener les femmes et les enfants pour qu’ils puissent bénéficier de soins.

« Aujourd’hui, les gens acceptent les services de santé », explique Taslwasa. « Ils comprennent pourquoi ils sont importants, en particulier pour les mères et les nouveau-nés. »

L’une des évolutions les plus significatives concerne les comportements. Des femmes qui accouchaient auparavant à domicile se rendent désormais au centre de santé, tandis que des familles autrefois réticentes encouragent à présent d’autres personnes à consulter.

À mesure que la sensibilisation progresse, la demande de soins augmente également. Les communautés souhaitent désormais pouvoir accéder à des médecins spécialistes et à des structures de santé ouvertes 24 heures sur 24 afin de répondre aux urgences à tout moment.

Un accès aux soins qui reste fragile à Nangarhar

Malgré ces évolutions positives, la situation reste fragile. Dans le contexte de crise actuel, les autorités ne sont pas en mesure de répondre pleinement aux besoins essentiels des populations vivant dans les districts reculés.

De nombreux services de santé continuent de dépendre de l’aide humanitaire, tandis que des besoins persistent en matière de personnel, de couverture et de disponibilité des services.

Pour les professionnelles de santé comme Taslwasa, cette réalité fait partie du quotidien.

« Soutenir les populations et voir leurs comportements évoluer me donne de la force », confie-t-elle. « Aider les mères à comprendre l’importance d’un accouchement sécurisé et voir naître des bébés en bonne santé me procure beaucoup de satisfaction et d’espoir. »

Maintenir l’accès aux soins grâce au soutien d’ECHO

Le soutien de l’Union européenne, à travers sa Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes (ECHO), est essentiel pour maintenir les services de santé dans des communautés reculées comme celle de Ghulam Dag.

Il permet de poursuivre l’accès aux soins dans des zones où les alternatives restent extrêmement limitées. Au-delà des consultations médicales, ce soutien contribue à renforcer la confiance, la dignité et l’accès aux soins essentiels des femmes, des enfants et des familles.

Pour Taslwasa et les communautés qu’elle accompagne, c’est aussi cela, l’humanité : être présent en période de crise, se soutenir mutuellement et contribuer à ce que, même dans les régions les plus reculées, les femmes et les enfants puissent accéder aux soins dont ils ont besoin.

Nos financeurs


echo

ECHO

echo

ECHO