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Dans le département de l’Alibori, au nord-est du Bénin, la situation humanitaire évolue rapidement. Longtemps considérée comme relativement stable, cette région frontalière du Niger et du Nigeria est aujourd’hui confrontée à une montée progressive de l’insécurité.
Publié le 27/05/2026 | Temps de lecture : 20 min
Dès les toutes premières heures de la crise, les équipes de Première Urgence Internationale se sont mobilisées sans relâche. Présentes à Baalbek, Hermel, Beyrouth ou encore dans le sud du pays, près de la frontière israélienne, violemment touchée, elles agissent avec un engagement exceptionnel pour venir en aide aux civils pris au piège des violences.
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Les violences liées aux groupes armés, qui s’étendaient jusque-là au Sahel et au nord-ouest du Nigeria, gagnent du terrain. Et avec elles, un phénomène de plus en plus visible : des familles entières contraintes de fuir leur village pour trouver refuge ailleurs.
Les données les plus récentes montrent une évolution nette : les incidents violents ont augmenté d’environ 80 % entre 2024 et 2025, tandis que le nombre de morts a été multiplié par trois sur la même période.
Cette dégradation a un effet immédiat sur les populations : elle provoque des déplacements internes de plus en plus nombreux.
Depuis 2024, les communes frontalières de l’Alibori connaissent une augmentation rapide des mouvements de population.
Les chiffres illustrent cette accélération :
Certains épisodes récents illustrent cette dynamique :
La grande majorité de ces familles s’installe dans des communautés d’accueil déjà fragiles, ce qui accentue la pression sur les ressources locales et les services essentiels.
Ces déplacements ont une conséquence directe mais souvent moins visible : ils fragilisent encore davantage l’accès aux soins.
Dans l’Alibori, les infrastructures de santé sont limitées et déjà sous tension. L’afflux de population, combiné à l’insécurité, rend l’accès aux services encore plus difficile, notamment pour les populations les plus vulnérables.
Et pourtant, les besoins de santé restent très élevés.
Dans cette région, les données de santé sont particulièrement révélatrices :
Le paludisme reste la principale cause de maladie et de mortalité chez les jeunes enfants. Par ailleurs, la couverture vaccinale reste insuffisante : plus de la moitié des enfants ne sont pas vaccinés contre la rougeole, ce qui augmente le risque d’épidémies.
La situation nutritionnelle vient encore aggraver ces vulnérabilités.
Dans l’Alibori, près d’un enfant sur deux de moins de 5 ans présente un retard de croissance, signe d’une malnutrition chronique.
À cela s’ajoute un nombre important d’enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée ou sévère, nécessitant une prise en charge urgente.
Les femmes enceintes et allaitantes sont également particulièrement exposées.
Dans ces conditions, l’accès à des soins de qualité, rapides et adaptés devient un enjeu vital.
Depuis décembre 2024, Première Urgence Internationale intervient dans les zones sanitaires de Banikoara, de Malanville-Karimama et de Kandi-Gogonou-Segbana pour soutenir les populations locales, déplacées internes, réfugiées et demandeuses d’asile.
Notre approche combine réponse d’urgence et renforcement durable du système de santé.
Les objectifs sont clairs :
Accès aux soins au Bénin avec une stratégie avancée dans le département d’Alibori © Yanick FollyDans cette région, le coût et l’éloignement géographique restent les principaux obstacles à l’accès aux soins. Première Urgence Internationale agit pour lever ces obstacles grâce à plusieurs modalités d’intervention.
Ainsi, depuis le début du mois de mars 2026, les équipes de Première Urgence Internationale sont mobilisées dans la commune de Segbana aux côtés des autorités sanitaires, pour répondre aux besoins les plus critiques des populations déplacées suite à une recrudescence des violences liées aux groupes armés non étatiques le long de la frontière bénino-nigériane.
Au-delà de l’urgence, les activités de Première Urgence Internationale au Bénin visent aussi à améliorer les capacités du système de santé local.
Elles reposent notamment sur :
L’objectif est d’assurer un accès aux soins plus efficace, aujourd’hui et à long terme.
Après plus d’un an d’intervention, l’impact de ces actions est déjà visible.
Des femmes peuvent désormais accéder à des consultations prénatales gratuites et être suivies tout au long de leur grossesse.
Des enfants souffrant de malnutrition bénéficient d’une prise en charge complète, sans coût pour les familles.
Pour beaucoup, cela signifie simplement pouvoir se soigner sans renoncer faute de moyens.
En facilitant l’accès gratuit aux soins essentiels, en appuyant les centres de santé et en renforçant la prévention au niveau communautaire, Première Urgence Internationale, grâce au soutien financier du Centre de crise et de soutien (CDCS) et de l’Union européenne, contribue à améliorer durablement la santé des populations les plus vulnérables de l’Alibori.
Au-delà du Bénin, cette mission s’inscrit dans une logique de veille régionale sur les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, confrontés au débordement de la crise sahélienne. Cette veille constitue un enjeu clé pour anticiper les besoins humanitaires et renforcer la résilience des systèmes de santé face à des dynamiques régionales en constante évolution.