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Comprendre la crise en Syrie : contexte et enjeux humanitaires

Après plus de 14 ans de conflit, la Syrie traverse une période de transition politique majeure, dans un contexte humanitaire qui reste particulièrement fragile. La chute du régime de Bachar Al-Assad en décembre 2024 a ouvert une nouvelle phase pour le pays, sans pour autant mettre fin aux conséquences de plus d'une décennie de guerre. 

Publié le 19/08/2026 | Temps de lecture : 28 min

ville en syrie drapeau

Quelle est la situation en Syrie aujourd’hui ? 

Le conflit a profondément transformé la Syrie et provoqué l’une des crises humanitaires les plus importantes au monde. Des millions de Syriens ont été contraints de quitter leur foyer, les infrastructures et les services essentiels ont été fortement dégradés. Quinze ans plus tard, une grande partie de la population reste confrontée à la pauvreté et au manque d’accès aux services de base. 

Depuis décembre 2024, les mouvements de retour se sont accélérés : 1,2 million de réfugiés sont revenus en Syrie et plus de 1,9 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays ont regagné leur région d’origine. Ces retours représentent un enjeu majeur alors que les infrastructures civiles, les services essentiels et les moyens de subsistance restent insuffisants dans de nombreuses zones. 

Pourquoi la guerre en Syrie a-t-elle commencé en 2011 ? 

Les causes de la guerre en Syrie s’inscrivent dans un contexte politique, économique et social ancien. 

À partir de 1970, le président Hafez Al-Assad impose un régime fortement autoritaire, structuré autour du parti nationaliste arabe Baath, qui contrôle l’ensemble de la vie politique syrienne. À sa mort en 2000, son fils Bachar Al-Assad lui succède et prend les rênes du pouvoir. 

Au début des années 2000, une courte période de libéralisation économique laisse entrevoir des possibilités de changement, mais les inégalités s’accroissent. Les zones rurales sont particulièrement affectées par les difficultés du secteur agricole, aggravées par plusieurs années de sécheresse. 

Surviennent alors les printemps arabes, les mouvements de contestation populaire démocratiques qui soulèvent les sociétés d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient dès le mois décembre 2010. En Syrie, les premières manifestations éclatent en mars 2011 à Deraa après l’arrestation et la torture d’un groupe d’adolescents ayant inscrit sur des murs des slogans hostiles au régime. Les rassemblements pacifiques organisés à l’initiative de leurs familles sont réprimés par les forces de sécurité, qui tirent dans la foule et font plusieurs morts parmi les manifestants  

La contestation se durcit et s’étend progressivement à d’autres régions. La Syrie bascule alors dans une guerre civile brutale, qui s’internationalise au fil des années avec l’intervention de plusieurs puissances étrangères, notamment la Russie, les États-Unis, la Turquie et l’Iran. 

Le conflit provoque des déplacements de population massifs : environ 6 millions de Syriens deviennent réfugiés, dont plus de 5 millions trouvent refuge dans les pays voisins, notamment en Turquie, au Liban et en Jordanie. Cette crise des réfugiés entraîne des tensions politiques dans toute la région, ainsi qu’en Europe. 

Qui dirige la Syrie aujourd’hui ? 

En 2024, après pas moins de 14 ans de conflit, des groupes armés affiliés à Hayat Tahrir Al-Sham (HTS), organisation islamiste soutenue par la Turquie, font tomber le régime de Bachar Al-Assad. Le 8 décembre 2024, les rebelles prennent le contrôle de Damas et Bachar Al-Assad fuit son pays pour la Russie, mettant fin à plus de cinquante ans de pouvoir aux mains de la famille Assad. 

A la tête de HTS, Ahmed Al Sharaa, ancien chef du groupe islamiste Jabhat Al-Nusra, est hissé à la tête du pouvoir dans le cadre d’une transition soutenue par les Nations unies, avec la perspective annoncée d’élections libres d’ici cinq ans. 

Cette transition politique reste cependant fragile. Les institutions peinent à se remettre en marche et la reconstruction du pays reste confrontée à d’importants défis. 

Des avancées ont néanmoins été observées depuis la chute du régime, notamment des efforts d’unification du territoire et une structuration progressive du gouvernement. Sur le plan économique, la levée partielle des sanctions financières américaines et européennes a également favorisé un redémarrage de certaines activités économiques.  

En août 2026, Bachar Al-Assad et son cousin Wassim Al-Assad, figure importante de l’ex-famille dirigeante, sont condamnés à mort par coutumace pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la justice syrienne. 

Pourquoi les tensions communautaires restent-elles importantes en Syrie ? 

La société syrienne est composée d’une mozaïque de / d’un patchwork de communautés religieuses et ethniques, dont les relations ont été profondément affectées par plusieurs décennies de régime autoritaire et par la guerre. 

En mars 2025, des massacres visant la communauté alaouite, dont est issue la famille Assad ainsi qu’une grande partie de l’armée régulière syrienne, font plus de 1 400 morts, selon le rapport d’une commission d’enquête gouvernementale. Quelques mois plus tard, en juillet 2025, de nouvelles tensions intercommunautaires éclatent dans la région de Soueïda, au sud du pays 

Cette zone est notamment peuplée par la communauté druze. Les affrontements entre Druzes, tribus bédouines et forces gouvernementales illustrent la persistance des tensions dans un pays profondément divisé par des années de conflit. 

La situation reste également fragile dans le nord-est. Début janvier 2026, des combats reprennent à Alep, au nord-ouestentre le gouvernement et les forces kurdes, faisant 105 morts, dont 45 civils. L’armée gouvernementale syrienne reprend également le contrôle du nord-est du pays, jusqu’alors tenu par les Forces démocratiques syriennes à majorité kurde. 

Toujours en janvier 2026, un décret présidentiel reconnaît les droits nationaux des Kurdes, le kurde comme langue nationale aux côtés de l’arabe et rétablit la citoyenneté de tous les Kurdes syriens. 

Malgré des avancées, la représentation politique reste limitée pour plusieurs composantes de la société. Lors des élections législatives d’octobre 2025, les femmes et les minorités sont restées sous-représentées.

visite de pui en syrie

Quelle est la situation humanitaire en Syrie ? 

Les besoins humanitaires en Syrie restent considérables après plus d’une décennie de conflit armé. La crise humanitaire touche aujourd’hui plus de 70 % de la population et le nombre de personnes dans le besoin a atteint en 2024 son niveau le plus élevé depuis le début du conflit. 

La guerre a profondément dégradé les conditions de vie. Durant le conflit, la Syrie a perdu 42 places dans le classement de l’indice de développement humain. Les populations souffrent de la pauvreté, du manque de moyens de subsistance et d’d’un accès insuffisant aux infrastructures et aux services essentiels. 

Le séisme de février 2023, qui frappe qui frappe le nord-ouest de la Syrie, vient davantage aggraver la situation, vient davantage aggraver la situation. La catastrophe exerce une pression supplémentaire sur les services publics, provoque de nouveaux déplacements de population et causée d’importants dégâts à des infrastructures déjà fragilisées. 

Combien de personnes sont déplacées en Syrie ? 

La Syrie compte l’une des populations déplacées les plus importantes au monde. Selon l’aperçu des besoins humanitaires de 2024, 7,2 millions de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays. 

Plus d’un million de personnes vivent encore dans des camps, souvent surpeuplés et situés dans des zones où l’accès aux services de base tels que la santé, l’éducation, l’eau courante et l’électricité demeure limité. 

À ces déplacements internes s’ajoutent les millions de Syriens qui ont quitté le pays depuis 2011. Depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad en décembre 2024, les mouvements se sont cependant inversés en partie : 1,2 million de réfugiés sont revenus en Syrie et plus de 1,9 million de personnes déplacées internes ont regagné leur région d’origine. 

Ces quelque 3 millions de retours constituent à la fois une évolution majeure pour le pays et un défi humanitaire supplémentaire dans des régions où les infrastructures civiles demeurent fortement dégradées. 

Dans quelles conditions les réfugiés syriens reviennent-ils dans leur pays ? 

Les retours s’inscrivent dans un contexte humanitaire complexe, marqué par des avancées politiques mais également par la persistance de défis structurels majeurs. 

Les infrastructures civiles syriennes sont fortement dégradées, ce qui limite les possibilités d’une réintégration sûre, digne et durable. Les infrastructures de santé, les réseaux d’eau, d’assainissement et d’hygiène, les écoles et les transports sont insuffisants pour absorber des mouvements de population à grande échelle. 

Le retour des réfugiés doit donc rester volontaire, éclairé et digne. 

Les conditions dans les pays d’accueil jouent également un rôle important dans les décisions de retour. Les évaluations humanitaires soulignent que certains mouvements sont motivés par la détérioration des conditions de vie dans ces pays plutôt que par une amélioration durable de la situation en Syrie. 

Si 80 % des réfugiés espèrent rentrer un jour chez eux et 27 % déclarent désormais avoir l’intention de rentrer dans les douze mois, la sécurité, les documents administratifs et la disponibilité des services essentiels restent des préoccupations déterminantes.

homme recevant de l'aide en syrie

Quels sont les principaux besoins humanitaires en Syrie ? 

Les besoins concernent aujourd’hui de nombreux aspects de la vie quotidienne : logement, eau potable, assainissement, santé, éducation, transports et moyens de subsistance. 

Les infrastructures civiles ont été profondément endommagées par la guerre. Un tiers des écoles sont inutilisables, tandis que l’accès aux services de santé et aux réseaux d’eau et d’assainissement est insuffisant dans de nombreuses régions. 

La restauration des services essentiels constitue un enjeu majeur, notamment dans les zones accueillant des retournés. Des établissements de santé fonctionnels, disposant de personnel et d’un approvisionnement fiable en médicaments, sont nécessaires pour garantir la continuité des soins. La réhabilitation des réseaux d’eau, d’assainissement et d’hygiène est également indispensable pour limiter les risques sanitaires. 

La reprise de l’éducation, l’accès à des logements répondant à des conditions minimales d’habitabilité et la possibilité de retrouver des moyens de subsistance sont tout aussi essentiels pour permettre aux familles de reconstruire durablement leur vie. 

Quels dangers les restes explosifs représentent-ils pour la population ? 

Après plus de 14 ans de guerre, les restes explosifs constituent encore une menace majeure pour les populations civiles et pour les personnes qui reviennent dans leur région d’origine. 

Depuis décembre 2024, plus de 550 personnes ont été tuées par des restes explosifs, dont environ un tiers d’enfants. 

Ce danger vient s’ajouter aux difficultés rencontrées par les personnes déplacées ou de retour dans des zones profondément affectées par le conflit. La présence de restes explosifs peut entraver l’accès aux logements, aux terres agricoles, aux infrastructures et aux services essentiels, compliquant davantage les possibilités de retour et de relèvement. 

Comment Première Urgence Internationale intervient-elle en Syrie ? 

Présente en Syrie depuis 2008, Première Urgence Internationale intervient aujourd’hui dans 11 des 14 gouvernorats du pays. En 2026, l’organisation poursuit une approche intégrée et multisectorielle afin de répondre aux besoins des populations affectées. Toutes les interventions reposent sur une analyse des besoins et sur la consultation des communautés afin d’apporter les réponses les plus adaptées. 

Les équipes apportent une réponse d’urgence aux personnes les plus vulnérables à travers la réhabilitation d’abris collectifs et de logements endommagés, l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, ainsi que le soutien aux soins de santé et à la nutrition. Elles mettent également en œuvre des activités de sécurité alimentaire, d’assistance monétaire et de soutien agricole. 

Dans les zones plus stabilisées, Première Urgence Internationale mène des actions de relèvement précoce et de soutien aux moyens d’existence afin de permettre aux populations de retrouver progressivement leur autonomie. L’organisation contribue également au renforcement de la cohésion sociale, notamment à travers l’accompagnement des comités et des initiatives portées par les communautés. 

Aujourd’hui, la mission compte 142 personnels nationaux et 8 expatriés. Première Urgence Internationale a soutenu 430 959 personnes en Syrie. 

humanitaire avec femme syrienne

Comment soutenir les actions humanitaires de l’ONG Première Urgence Internationale ? 

Pour répondre efficacement aux besoins des populations touchées par la guerre en Syrie, le don financier est aujourd’hui l’action la plus efficace et la plus adaptée. Il permet à nos équipes de réagir rapidement, de s’adapter en permanence à l’évolution de la situation et d’agir dans le respect de la dignité des populations. 

1. Faire un don financier : l’efficacité au service de la dignité  

Le don en ligne sur notre formulaire sécurisé est le levier le plus rapide.  

  • La réactivité : Il permet d’acheter des biens de première nécessité (médicaments, eau, abris) directement dans les pays voisins ou sur les marchés locaux.
  • L’adaptabilité : Si les besoins changent en 24 heures, l’argent peut être réalloué instantanément.  

Si aucune cagnotte spécifique n’est ouverte pour cette crise, votre don sera affecté à notre Fonds d’Urgence. Ce fonds est le garant de notre indépendance : il nous permet d’intervenir dans les premières heures d’une catastrophe, avant même que l’aide internationale ne s’organise.  

Pourquoi nous n’acceptons pas de dons en nature (Vêtements, nourriture, etc.) ?  

Bien que l’intention soit généreuse, l’envoi de biens matériels depuis la France peut paradoxalement nuire aux populations et aux opérations de secours. C’est l’application du principe humanitaire « Do No Harm » (Agir sans nuire).   

  • Le plan logistique : Le transport de vêtements ou de nourriture par avion ou par bateau coûte souvent plus cher que la valeur des biens eux-mêmes. Ces ressources sont beaucoup plus utiles lorsqu’elles sont investies directement dans des soins médicaux ou des services essentiels sur place.  
  •  L’économie locale : L’envoi massif de biens gratuits peut également fragiliser les économies locales, en concurrence avec des commerçants qui tentent de maintenir leur activité malgré la crise. Acheter localement, lorsque c’est possible, permet au contraire de soutenir ces économies et de participer à la résilience des communautés. 
  • L’adéquation aux besoins : Les besoins réels sur le terrain sont très spécifiques : types de médicaments, normes alimentaires, kits d’hygiène adaptés. Les dons non sollicités créent souvent des encombrements logistiques qui ralentissent l’acheminement de l’aide vitale.   
  • La dignité : Fournir des produits adaptés à la culture et au climat local respecte la dignité des personnes assistées.

2. Donner de la visibilité : un soutien essentiel pour ne pas oublier la Syrie

Soutenir l’action humanitaire, ce n’est pas seulement un geste financier. Donner de la visibilité à une crise oubliée est aussi une forme d’engagement essentielle.  

En likant, commentant ou partageant nos publications sur les réseaux sociaux, vous contribuez à faire exister la crise de la Syrie dans l’espace public, à alerter sur l’ampleur des besoins et à rappeler que des millions de civils ont encore besoin d’aide.  

Cette visibilité permet de toucher de nouveaux publics, de mobiliser d’autres soutiens, et de maintenir la pression pour que cette crise ne tombe pas dans l’oubli, alors même qu’elle reste l’une des plus graves au monde.  

Même sans faire de don, un simple partage peut amplifier les appels à l’aide, soutenir le travail des équipes sur le terrain et renforcer la mobilisation autour des populations les plus vulnérables.  

Comment faire un don pour soutenir nos actions ?  

3. Don en ligne  

Pour soutenir nos actions, vous pouvez effectuer un don sécurisé directement sur notre plateforme de don en ligne vers notre Fonds d’urgence.  

Notre Fonds d’Urgence nous donne la réactivité pour intervenir vite et durablement auprès des populations les plus vulnérables.  

Cette indépendance financière permet à nos équipes d’agir aussi sur les crises oubliées. En effet, 94% de nos fonds sont directement utilisés pour nos missions sociales.  

Vos dons nous permettent d’être présents en amont des crises dans les régions les plus instables, de mener nos actions avec la plus grande rapidité pendant les crises, mais également de rester sur place une fois la crise passée pour couvrir les besoins vitaux de nos bénéficiaires et aider à la stabilisation et à la reconstruction.  

 4. Don par chèque  

Libellez votre chèque à l’ordre de Première Urgence Internationale et envoyez-le à l’adresse suivante : 2, rue Auguste Thomas – 92600 Asnières-sur-Seine.  

Pour que celui-ci soit fléché, merci de préciser le pays.  

Le saviez-vous ? Votre don ouvre droit à une réduction d’impôt égale à 75% du montant du don (dans la limite du plafond de la loi Coluche), puis 66% au-delà.  

Pour des dons supérieurs à 10 000€, merci de nous contacter à l’adresse [email protected]  

5. Pour les entreprises (Mécénat)   

Si vous représentez une entreprise, vous pouvez mettre en place un mécénat financier ou un don de compétences. Contactez notre service [email protected] pour co-construire une réponse solidaire adaptée à votre structure.   

Première Urgence Internationale dispose d’un service comptable et d’un service de contrôle de gestion dont la rigueur et la transparence ont été attestées lors de chaque audit de nos partenaires financiers. Aussi, les comptes annuels de nos exercices sont certifiés chaque année sans réserve par Deloitte & Associés, notre commissaire aux comptes. 

consultation de groupe syrie