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Des années de déplacement. Une maison en ruines. Ni eau potable, ni revenus, ni perspective d'avenir. C'est la réalité à laquelle des centaines de familles ont été confrontées en rentrant dans le sous-district de Rabee'a, dans le gouvernorat de Lattaquié, après la transition politique en Syrie en décembre 2024.
Publié le 28/07/2026 | Temps de lecture : 8 min
Deux séismes majeurs de magnitudes 7,2 et 7,5 sont survenus le 24 juin à proximité de Caracas.
Première Urgence Internationale suit de près l'évolution de la situation. Nos équipes sur place sont en sécurité et pleinement mobilisées pour évaluer les besoins des populations affectées, en coordination avec les acteurs présents.
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Après treize années de conflit, la chute du régime, le 8 décembre, a marqué le début d’une nouvelle ère et fait naître l’espoir chez de nombreux Syriens déplacés. Mais pour celles et ceux qui sont rentrés chez eux, la réalité s’est révélée bien différente : au lieu du retour tant attendu, ils ont découvert des habitations dévastées et une nouvelle lutte pour survivre.
Avec le soutien du Fonds humanitaire pour la Syrie (SHF), Première Urgence Internationale agit pour changer cette situation.
Situé dans les montagnes boisées du nord de Lattaquié, près de la frontière avec la Türkiye, le sous-district de Rabee’a était autrefois réputé pour ses terres agricoles fertiles et ses communautés rurales dynamiques. Plus de dix années de conflit, aggravées par le séisme de 2023 et les incendies de forêt à répétition, ont laissé des dégâts profonds et durables.
Lorsque les familles déplacées ont commencé à revenir après des années d’absence, beaucoup ont découvert des maisons devenues inhabitables, des services publics à peine fonctionnels et presque aucune possibilité de gagner leur vie.
Aujourd’hui encore, les habitants sont confrontés à d’importants défis : infrastructures dégradées, insécurité alimentaire et manque de moyens de subsistance durables. Ces difficultés touchent à la fois les personnes de retour et les communautés hôtes, freinant le relèvement et affaiblissant leur résilience.
Pour répondre à ces besoins urgents, Première Urgence Internationale (PUI), avec le soutien du Fonds humanitaire pour la Syrie (SHF), met en œuvre une intervention multisectorielle d’urgence de six mois à Rabee’a. Celle-ci combine une assistance en espèces et des solutions durables visant à améliorer l’accès à l’eau potable.
Parmi les personnes revenues figurent Kamal, 85 ans, et son épouse Amal, 58 ans, atteinte d’une maladie chronique. Après avoir vécu quatorze ans déplacés en Türkiye, ils ont enfin pu retourner dans leur village de Rabee’a, avec l’espoir de reconstruire la vie qu’ils avaient laissée derrière eux.
À leur arrivée, ils ont découvert une maison gravement endommagée par les années de conflit et d’abandon.
« Nous sommes revenus chez nous, mais ce n’est plus la maison que nous connaissions. Les murs sont fissurés, le toit fuit et nous n’avons ni eau potable ni système d’assainissement. Nous avons l’impression de ne jamais avoir quitté le camp ! », raconte Amal.
Malgré son âge, Kamal se rend chaque jour dans les forêts voisines pour cueillir des herbes sauvages qu’il revend ensuite, afin de couvrir une infime partie des besoins de sa famille.
De son côté, Amal souffre d’une maladie nécessitant un traitement à conserver au frais, alors même que leur maison n’est pas raccordée à l’électricité.
« Je garde mes médicaments dans le puits en espérant qu’ils restent suffisamment frais pour être efficaces. Les médecins me disent que c’est dangereux, mais que puis-je faire d’autre ? »
L’histoire de Kamal et Amal n’est malheureusement pas une exception à Rabee’a : elle est représentative de la réalité vécue par de nombreuses familles.
Afin d’aider des familles comme celle de Kamal et Amal à répondre à leurs besoins les plus urgents, Première Urgence Internationale, avec le soutien du SHF, fournit une assistance monétaire polyvalente d’urgence (MPCA) à 200 des ménages les plus vulnérables de Rabee’a.
Entre juillet et septembre 2026, chaque ménage reçoit trois versements mensuels de 150 dollars américains, versés en monnaie locale. Cette aide permet aux familles de répondre en priorité aux besoins qu’elles jugent les plus urgents : alimentation, soins de santé, biens essentiels pour le foyer ou encore réparations d’urgence de leur logement.
L’assistance en espèces ne représente pas seulement un soutien financier. Pour des familles privées de toute capacité de décision pendant des années, elle leur redonne le choix et leur dignité. Elle leur permet de définir elles-mêmes les premières étapes de leur relèvement.
L’accès à l’eau potable demeure l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les communautés du village de Rihanet Mseibine, dans le sous-district de Rabee’a.
Le principal forage, qui constituait autrefois la principale source d’eau potable de la communauté, est devenu totalement inutilisable après des années de conflit. Les équipements ont été pillés, les infrastructures détruites et le réseau électrique qui alimentait les installations n’existe plus.
Les familles ont ainsi été contraintes de dépendre de camions-citernes et de puits privés, une solution coûteuse qui accroît également les risques sanitaires.
Première Urgence Internationale réhabilite actuellement ce forage et y installe un système d’alimentation en eau fonctionnant à l’énergie solaire, afin de rétablir un accès durable à une eau potable sûre pour les personnes de retour comme pour les ménages déjà présents.
Les travaux comprennent l’installation d’un système photovoltaïque, la fourniture d’une nouvelle pompe immergée et d’équipements électromécaniques, la réhabilitation du bâtiment de pompage et de sa clôture, l’installation d’un éclairage de sécurité alimenté par l’énergie solaire ainsi que la mise à disposition d’un générateur de secours afin d’assurer la continuité du service en cas d’urgence.
Une fois les travaux achevés, cette infrastructure permettra de fournir de l’eau potable tout au long de l’année, sans dépendre de solutions alternatives coûteuses et peu fiables.
Afin de renforcer la préparation aux situations d’urgence, un point de remplissage d’eau sera également aménagé sur le site. Il permettra d’approvisionner en eau potable cinq communautés voisines en cas de crise ou d’interruption des réseaux d’approvisionnement.