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Un aperçu de la réponse intégrée de Première Urgence Internationale en santé, nutrition et eau, hygiène et assainissement (EHA) dans le nord du Yémen, d'avril à juin 2026.
Publié le 27/07/2026 | Temps de lecture : 10 min
Deux séismes majeurs de magnitudes 7,2 et 7,5 sont survenus le 24 juin à proximité de Caracas.
Première Urgence Internationale suit de près l'évolution de la situation. Nos équipes sur place sont en sécurité et pleinement mobilisées pour évaluer les besoins des populations affectées, en coordination avec les acteurs présents.
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La situation humanitaire au Yémen demeure extrêmement préoccupante. Des millions de personnes continuent de subir les conséquences de l’insécurité alimentaire, d’un accès limité aux services essentiels et d’une crise économique prolongée.
Dans le nord du pays, des milliers de personnes sont menacées par la famine et devraient connaître les niveaux les plus élevés d’insécurité alimentaire aiguë, de pénuries alimentaires extrêmes et de risque de famine.
Dans un contexte de diminution des financements humanitaires, Première Urgence Internationale (PUI) a maintenu sa présence dans les gouvernorats d’Hodeïda et de Raymah, tout en étendant ses activités au gouvernorat de Hajjah au début de l’année 2026 afin de répondre à des besoins humanitaires croissants.
La santé reproductive figure parmi les secteurs les plus touchés par la baisse de l’aide humanitaire. À Hodeïda, PUI a identifié d’importantes lacunes dans les services de maternité, mettant en évidence la nécessité d’un soutien supplémentaire afin de garantir aux femmes un accès à des accouchements sécurisés et à des soins maternels essentiels.
Le district d’Al Qanawis, dans le gouvernorat d’Hodeïda, accueille environ 140 000 habitants, dont plus de 14 000 personnes déplacées internes. Il figure parmi les dix districts prioritaires identifiés par le Health Cluster dans le gouvernorat d’Hodeïda.
PUI collabore avec le Bureau de santé du gouvernorat (Governorate Health Office – GHO) afin de renforcer les services de santé maternelle au centre de santé d’Al Qanawis et à l’unité de santé d’Al Dawoodia, situés dans ce même district.
Grâce au soutien de DG ECHO, les salles de maternité ont été réhabilitées afin d’améliorer la qualité et la sécurité des accouchements.
Les salles d’accouchement sont désormais pleinement opérationnelles et accueillent sept sages-femmes du ministère de la Santé, permettant aux femmes d’accoucher dans un environnement sûr, avec l’accompagnement de personnel qualifié.
Fatima est une sage-femme de 45 ans employée par le ministère de la Santé. Elle exerce cette profession depuis plus de vingt ans et travaille depuis sept ans au centre de santé d’Al Qanawis, soutenu par PUI.
Pour Fatima, la plus belle récompense est de voir les mères quitter le centre de santé en bonne santé avec leur nouveau-né.
Une situation en particulier l’a profondément marquée :
« Une femme est arrivée dans un état critique. Elle était sur le point de perdre la vie, mais heureusement, nous avons réussi à faire naître son bébé en toute sécurité et à les sauver tous les deux. »
Au-delà des accouchements, Fatima consacre une grande partie de ses journées à accompagner les femmes enceintes, soutenir les jeunes mères et préparer les familles à la naissance de leur enfant.
« Je souris à mes patientes et j’essaie de leur faciliter les choses. C’est ma responsabilité. »
La reconnaissance qu’elle reçoit vient directement de la communauté.
« Les patientes prient pour moi ; elles prient aussi pour l’organisation qui soutient ce centre de santé. »
Comme de nombreuses familles du district, Fatima est confrontée aux difficultés liées au manque de services publics. Son quartier est privé d’électricité depuis plusieurs années. Pendant l’été, sa famille doit acheter des blocs de glace chaque jour pour conserver l’eau potable au frais, tandis que les aliments frais doivent être achetés quotidiennement faute de pouvoir être conservés.
Elle est convaincue qu’une prise en charge respectueuse encourage les femmes à revenir au centre de santé lors de leurs futures grossesses.
« Une mère peut revenir pour sa deuxième ou sa troisième grossesse grâce à la manière dont la sage-femme l’a accompagnée, qu’elle ait accouché à domicile ou au centre de santé. »
Si de nombreuses familles vivant dans des communautés conservatrices privilégient encore les accouchements à domicile afin de préserver leur intimité, Fatima souligne que le centre de santé offre un environnement beaucoup plus sûr, tout en respectant la vie privée des femmes.
« Nous disposons ici de tout le matériel essentiel, comme de l’oxygène, des ciseaux stériles, de l’ocytocine ou du coton, qui peuvent sauver la vie de la mère comme celle du bébé. »
Son choix de devenir sage-femme est né d’une expérience personnelle.
Alors qu’elle était encore au lycée, sa sœur aînée a accouché à domicile. Le bébé est malheureusement décédé et la vie de sa sœur a également été gravement menacée.
« C’est cette expérience qui m’a poussée à choisir cette profession. »
Ayant grandi dans une région où les possibilités d’études pour les femmes étaient limitées, Fatima s’est inscrite dans une école de sages-femmes et consacre désormais plus de vingt ans de sa vie à prendre soin des mères et de leurs nouveau-nés.
Le soutien de PUI à Al Qanawis va bien au-delà des murs du centre de santé. Convaincue que la prévention des maladies commence au sein des communautés, PUI a réhabilité le réseau d’eau du village d’Al Qanawis, améliorant ainsi l’accès à une eau potable pour les familles vivant à proximité du centre de santé.
Plus de 200 ménages bénéficient désormais d’un meilleur accès à l’eau grâce à un système alimenté par l’énergie solaire.
En étendant son intervention du centre de santé vers les communautés voisines, PUI contribue à réduire les risques de maladies hydriques, telles que le choléra ou les diarrhées aqueuses aiguës, tout en améliorant la santé publique et les conditions de vie.