Communiqué de presse

Gaza : les restrictions israéliennes sur l'huile moteur paralysent l’action humanitaire

Gaza, 23 octobre 2026 – Les restrictions imposées par les autorités israéliennes sur l’huile moteur entravent gravement l’action humanitaire, accentuent les pressions opérationnelles et menacent la continuité et la portée des services vitaux, alertent l’Association des agences internationales de développement (AIDA) et le Réseau palestinien des organisations non gouvernementales (PNGO).

rue de gaza détruite et d'un square avec des tentes 2026

Les stocks restants d’huile moteur sont presque épuisés après trois ans de restrictions sévères imposées par les autorités israéliennes à l’aide humanitaire. En conséquence, le prix de l’huile moteur à l’intérieur de Gaza a grimpé en flèche pour atteindre 900 dollars le litre, alors qu’à quelques centaines de mètres de là, en Israël, il n’est que de 10 dollars le litre. Les ONG n’ont plus les moyens de s’approvisionner en cette huile qui reste, à un moment où les déficits de financement obligent déjà les acteurs humanitaires à réduire leurs activités malgré des besoins immenses et croissants.

« Les démarches répétées auprès des autorités israéliennes n’ont rien donné ; ce blocus est une décision politique aux conséquences profondément humaines. Les Palestiniens de Gaza paient le prix de l’inaction mondiale », déclare Athena Rayburn, directrice exécutive d’AIDA. « Les autorités israéliennes doivent immédiatement autoriser l’entrée d’huile moteur dans les quantités nécessaires pour maintenir les opérations humanitaires. L’approvisionnement par les voies commerciales doit également être rétabli afin de réduire et de stabiliser les coûts et d’alléger la charge qui pèse sur les budgets de l’aide. »

Les autorités israéliennes ont coupé l’approvisionnement en électricité de Gaza en octobre 2023, ne laissant que les générateurs et les panneaux solaires comme principales sources d’énergie. Les appareils de radiographie, les unités de soins intensifs, les stations d’épuration et de dessalement, les ambulances, les banques de sang, les couveuses et les unités de dialyse nécessitent une alimentation électrique ininterrompue fournie par des générateurs. L’énergie solaire ne peut pas subvenir aux besoins de ces services essentiels, et son rendement diminue également de manière significative en hiver, lorsque les journées plus courtes limitent encore davantage la production d’électricité.

Les générateurs tombent en panne en raison de la pénurie d’huile moteur, ce qui, combiné à une pénurie de carburant, oblige les organisations humanitaires à choisir les services vitaux auxquels elles doivent donner la priorité. L’AIDA a mené une enquête auprès de 20 ONG internationales en juillet et a constaté que ces organisations avaient réduit de moitié la durée moyenne de fonctionnement des générateurs afin de préserver les faibles quantités d’huile moteur dont elles disposaient. Les prestataires de soins de santé ont réduit l’éclairage et le chauffage afin de préserver la chaîne du froid pour l’insuline et les vaccins. Une ONG médicale internationale a dû recourir à l’emballage des médicaments dans des glacières remplies de glace pour éviter qu’ils ne périment pendant la nuit lorsque l’alimentation fournie par les panneaux solaires diminue.

Une ONG internationale a indiqué que son service de pompage et de distribution d’eau était passé de 10 000 à 5 000 foyers, tandis qu’une autre devra suspendre ses activités de suivi nutritionnel car trop de ses véhicules sont désormais hors d’état de marche. En septembre, environ 70 % des groupes électrogènes des hôpitaux étaient hors service en raison de la pénurie d’huile moteur, et les livraisons de gazole de l’OMS à plus de 20 établissements de santé ont cessé faute de financement, selon des ONG médicales internationales présentes à Gaza. En tant que puissance occupante, Israël est tenu de garantir à la population l’accès aux éléments essentiels de la vie quotidienne, notamment des hôpitaux opérationnels. Priver les hôpitaux des moyens nécessaires à leur alimentation électrique et à la conservation des médicaments constitue une violation des obligations qui incombent à Israël en tant que puissance occupante en vertu du droit international humanitaire.

Il s’agit d’un choix politique, et non d’un échec logistique. Israël doit autoriser l’entrée d’huile moteur. Il doit maintenir les générateurs en état de marche et rétablir l’accès à l’électricité.

Notes à l’attention des rédacteurs

  • Cadre juridique : les articles 55, 56 et 59 de la quatrième Convention de Genève obligent une puissance occupante à garantir l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires et en fournitures médicales, à assurer le fonctionnement des hôpitaux et des services de santé publique, ainsi qu’à accepter et faciliter les opérations de secours. Dans son avis consultatif du 22 octobre 2025, la Cour internationale de justice a clairement établi qu’une puissance occupante ne peut invoquer des raisons de sécurité pour suspendre l’ensemble des activités humanitaires.
  • Données : Les chiffres relatifs aux véhicules, aux groupes électrogènes et à l’impact des programmes proviennent d’une enquête menée par l’AIDA auprès de 20 ONG internationales travaillant à Gaza, réalisée du 18 au 24 juillet 2026. Il s’agit des chiffres minimaux communiqués par les répondants, et non des totaux à l’échelle du secteur.
  • Palestine Chronicle, « Les hôpitaux de Gaza réduisent leurs services à cause de la pénurie de carburant, les patients ne peuvent pas sortir », Palestine Chronicle, 21 septembre 2026,
  • « 70 % des générateurs des hôpitaux de Gaza sont hors service : ministère de la Santé », vidéo, Agence Anadolu, via Reuters Connect, 16 septembre 2026,
  • Depuis octobre 2023, les lignes électriques alimentant Gaza en électricité du réseau central ont été coupées par les autorités israéliennes. La seule centrale électrique restante à Gaza est hors service en raison de dommages infrastructurels et des restrictions imposées par Israël sur l’accès au carburant.Cela a rendu Gaza dépendante des générateurs et de l’énergie solaire. À l’approche de l’hiver, la production solaire va diminuer de moitié environ, alors même que les besoins en chauffage et en éclairage augmentent. Les générateurs ne peuvent fonctionner sans carburant ni huile moteur, mais ces deux produits figurent toujours sur les listes israéliennes des biens à double usage et leur importation est systématiquement refusée par Israël.
bandeau d'urgence yemen octobre 2026

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