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Publié le 17/07/2026 | Temps de lecture : 4 min
Deux séismes majeurs de magnitudes 7,2 et 7,5 sont survenus le 24 juin à proximité de Caracas.
Première Urgence Internationale suit de près l'évolution de la situation. Nos équipes sur place sont en sécurité et pleinement mobilisées pour évaluer les besoins des populations affectées, en coordination avec les acteurs présents.
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Je travaille comme médecin dans l’un des centres de santé soutenus par l’Union européenne, à travers son service d’aide humanitaire (ECHO), dans une région reculée de la province de Nangarhar, dans l’est de l’Afghanistan.
Chaque jour, je constate combien le quotidien est difficile pour les familles qui vivent dans ces communautés isolées. Les services de santé sont limités, les villages sont dispersés dans des zones montagneuses et de nombreuses personnes peinent à accéder aux soins lorsqu’elles en ont le plus besoin. Dans un pays confronté à une crise humanitaire prolongée, ces difficultés ne cessent de s’aggraver.
Travailler ici n’est pas facile. La plupart des villages alentour ne disposent d’aucun médecin. Les patients arrivent souvent au centre de santé après avoir parcouru de longues distances, parfois lorsque leur état est déjà critique. La pauvreté influence également chacune de leurs décisions. Beaucoup de familles retardent leur consultation faute de pouvoir payer le transport ou les médicaments.
En tant que médecin, il est difficile d’être témoin de cette réalité. Mais elle me rappelle chaque jour pourquoi ma présence ici est essentielle.
Les femmes et les enfants sont parmi les plus touchés. Pendant des années, de nombreuses femmes ont accouché à domicile, sans assistance qualifiée, s’exposant à des complications qui auraient souvent pu être évitées. La malnutrition infantile reste fréquente et le manque de personnel de santé féminin complique encore davantage l’accès aux soins.
Depuis l’ouverture de notre centre de santé, j’observe cependant des évolutions encourageantes. De plus en plus de personnes viennent consulter, les mères amènent leurs enfants pour bénéficier de soins et d’un suivi nutritionnel, et les communautés commencent à faire confiance aux services de santé qui leur sont proposés.
Apporter des soins ne consiste pas seulement à traiter une maladie. Il s’agit aussi de construire une relation de confiance.
Lorsque nous avons commencé à travailler dans cette communauté, beaucoup de personnes hésitaient à consulter. Aujourd’hui, elles viennent avec confiance. Elles posent des questions, suivent les conseils médicaux et reviennent pour leurs consultations de suivi. Voir cette confiance s’installer est l’une des plus grandes satisfactions de mon métier.
Travailler comme médecin humanitaire au cœur de cette crise m’a profondément transformé.
Je ressens une immense responsabilité envers les personnes que j’accompagne. Même lorsque les ressources sont limitées et que les besoins continuent d’augmenter, le simple fait d’être présent peut faire toute la différence. Parfois, écouter un patient ou le rassurer est aussi important que lui administrer un traitement.
Il y a des jours où les défis semblent insurmontables. La crise humanitaire se poursuit et les besoins des communautés augmentent chaque jour. Les services publics ne peuvent pas répondre seuls à ces besoins, en particulier dans les zones reculées comme la nôtre. Sans le soutien des organisations humanitaires, de nombreuses familles n’auraient tout simplement aucun accès aux soins.
J’ai choisi de rester parce que les habitants d’ici comptent sur nous.
Chaque consultation, chaque accouchement réalisé dans de bonnes conditions et chaque enfant pris en charge pour malnutrition représentent une occasion de sauver une vie et de redonner espoir. Travailler dans cet environnement me rappelle chaque jour ce que signifie réellement l’humanité : être aux côtés des personnes lorsqu’elles sont les plus vulnérables.
Je souhaite remercier sincèrement l’Union européenne, à travers son service d’aide humanitaire (ECHO), de continuer à soutenir la population afghane.
Grâce à ce soutien, nous pouvons poursuivre notre mission et offrir des soins essentiels dans des communautés où les habitants disposent de très peu d’alternatives. Pour les professionnels de santé comme moi, mais aussi pour les familles que nous accompagnons chaque jour, ce soutien est le signe que l’Afghanistan n’a pas été oublié.