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Au cœur du Nord-Kivu, le silence se brise. Aujourd’hui, nous revenons sur les temps forts des 16 jours d'activisme où Première Urgence Internationale a initié, avec ses partenaires notamment le Programme de Promotion des Soins de Santé Primaire (PPSSP), ce mouvement dans plusieurs localités du Nord-Kivu. L’objectif ? Protéger les droits des femmes et des jeunes filles, et faire entendre leurs voix.
Publié le 16/02/2026 | Temps de lecture : 7 min
Marche de sensibilisation et atelier de lancement officiel : autorités, structures féminines et acteurs humanitaires unis pour dire non aux violences basées sur le genre au Nord-Kivu. – 27 novembre 2025 à Beni (AS Linzo/Mangina) – © Première Urgence Internationale
Loin des discours institutionnels figés, l’objectif est concret : mobiliser autorités, structures féminines et citoyens pour dire « non » aux violences basées sur le genre (VBG). En République démocratique du Congo, cette campagne n’est pas qu’un symbole, c’est un levier essentiel pour renforcer la dignité des femmes et des jeunes filles.
À Kasindi et Kangahuka, le changement passe par les salles de classe. Les élèves des instituts Ohgaviro et Kasondi se sont emparés de sujets cruciaux : la lutte contre les violences en milieu scolaire et le harcèlement numérique.
À Oicha, le témoignage de Madame Furaha illustre les nouveaux dangers du numérique. Victime de « revenge porn » après le vol de son téléphone, elle témoigne :
« Je ne savais où mettre mon regard, non seulement vis-à-vis de mon mari et de mes enfants quand mes photos intimes s’étaient retrouvées sur les réseaux sociaux, on m’avait volé mon téléphone et celui qui l’avait pris m’avait demandé une somme très colossale afin qu’il ne publie pas mes photos. Je pensais qu’il plaisantait jusqu’à ce que je me retrouve là-bas. Depuis j’ai vécu dans la honte, dans la peur d’être jugée, mais cela m’a appris à ne plus reproduire cette erreur. Aujourd’hui je suis plus forte et ces sensibilisations me donnent encore la force de rester debout. »
Face à ces récits, les hommes ne sont plus de simples spectateurs. Ils deviennent des alliés stratégiques, s’engageant activement à décourager leurs pairs et à protéger leurs communautés. C’est cette coalition entre les genres qui garantit un impact durable sur le terrain.
Engagement collectif pour protéger les femmes et les jeunes filles contre les violences basées sur le genre – 27 novembre 2025 la commune de Mangina – © Première Urgence Internationale
Grâce au soutien de la Coopération Suédoise et de l’Union Européenne, Première Urgence Internationale consolide son rôle de partenaire de confiance au Nord-Kivu.
Notre approche repose sur quatre piliers :
En donnant la parole aux communautés et en accompagnant les initiatives locales, Première Urgence Internationale a consolidé sa légitimité sur le terrain. L’organisation apparaît non seulement comme un acteur humanitaire, mais aussi comme un partenaire de confiance pour les populations du Nord-Kivu dans leur quête de protection, surtout dans ce contexte fragile.