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Comment déplacer des hôpitaux entiers sous les bombes pour continuer à soigner ? Dans l’oblast de Donetsk, deux hôpitaux ont été évacués en urgence face à l’avancée des combats. Découvrez comment 138 camions, des partenariats humanitaires et une volonté inébranlable ont permis de sauver des vies et un système de santé entier.
Publié le 24/12/2025 | Temps de lecture : 7 min
Avant le conflit, les hôpitaux de Pokrovsk et de Lyman étaient les poumons médicaux de l’oblast de Donetsk.
Malgré la proximité de la ligne de front, ces structures ont tenu bon pendant deux ans. Mais en 2024, le danger a changé d’échelle : les drones survolaient les blocs opératoires et les attaques ciblaient directement le personnel. Le constat est devenu tragique : un médecin a perdu une jambe lors d’une frappe. La mission de soin était devenue une mission suicide.
À l’été 2024, l’ordre tombe : évacuation obligatoire. Pokrovsk est à 20 km du front, Lyman à seulement 10 km. Le directeur de l’hôpital de Pokrovsk, Yurii Vasylievich, refuse d’abandonner son matériel de pointe.
« Si nous perdons le matériel, nous perdons l’hôpital. Il serait impossible de le reconstruire à zéro », explique Inna Vladymyrovna, directrice de l’hôpital de Lyman.
Plutôt que de fuir en sauvant quelques cartons, ces équipes ont tenté l’impossible : transférer 95 % de leurs équipements, de la haute technologie chirurgicale au service comptabilité.
Le sauvetage a été rendu possible grâce à une collaboration éclair avec l’ONG Première Urgence Internationale et le Cluster Santé en Ukraine.
Le financement a été assuré par l’aide américaine pour Pokrovsk et par le Fonds Humanitaire pour l’Ukraine (UHF) pour Lyman, sous la coordination du Cluster Santé en Ukraine prouvant l’efficacité des partenariats internationaux dans l’urgence.
Les deux hôpitaux ont trouvé refuge à Kryvyi Rih, la huitième ville du pays. L’arrivée de ces structures a été une véritable bouffée d’oxygène pour le système de santé local, alors au bord de la rupture.

Les hôpitaux étaient régulièrement la cible d’attaques de drones avant l’évacuation.
Aujourd’hui, l’Hôpital de Pokrovsk assure 10 000 consultations par mois. Les services d’hospitalisation ont rouvert en un temps record (6 semaines) et les blocs opératoires seront pleinement opérationnels d’ici 2026. Lyman, de son côté, continue ses soins ambulatoires en attendant des locaux définitifs pour relancer sa chirurgie grâce au matériel sauvé.